Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Entretien express

Conflit israélo-palestinien : Obama, clé du succès de l’initiative française

Quatre questions à... Jean-Paul Chagnollaud, spécialiste de la question palestinienne et rédacteur en chef de la revue « Confluences Méditerranée ».

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault aux côtés du secrétaire d’État américain John Kerry, hier, lors de la Conférence de Paris. Stéphane de Sakutin/AFP

Le plan d'initiative de paix de 2002 peut-il être relancé? Est-ce que les États arabes sont ouverts à une reprise des négociations ?
Il est très clair que la Ligue arabe soutient l'initiative française. Dans les principes qui vont être dégagés de la conférence d'hier, je pense logiquement qu'on devrait y voir une référence à l'initiative de paix arabe sur une forme ou une autre. Ce n'est pas tant d'aller vers le règlement du conflit palestinien, mais il s'agit d'une question plus globale, la question israélo-arabe. On connaît les énormes difficultés qui se posent, et l'on sait que, malheureusement, la question n'est pas prête d'être réglée.

Est-ce que l'attitude d'Israël à l'égard de cette initiative de paix peut avoir des conséquences au niveau diplomatique ?
Personne n'ignore quelle est la position du gouvernement israélien, de droite et d'extrême-droite, encore plus flagrante depuis l'arrivée du nouveau ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, il y a quelques jours. Ce gouvernement adopte une posture de refus de toute forme de véritables négociations. Quand ce gouvernement déclare être prêt à négocier avec les Palestiniens, il s'agit évidemment d'un leurre, car, en réalité, ce qu'il veut ce n'est pas le maintien du statu quo, mais le maintien d'une situation qui leur permet d'accélérer et d'intensifier d'une part la colonisation, donc les expropriations, et, d'autre part, envisager, comme il le fait déjà très concrètement, des annexions. On est donc dans une posture qui est à des années-lumière d'une volonté de régler la question israélo-palestinienne, du côté du Premier ministre Benjamin Netanyahu. D'où l'intérêt de cette initiative française, qui permet de mettre les choses en pleine lumière et de rappeler que le gouvernement israélien ne veut pas bouger. Est-ce que la communauté internationale va faire quelque chose de concret pour faire pression sur Israël ? C'est là la grande question. Car s'il n'y a pas de pression sur l'État hébreu, il ne faut pas se faire d'illusions, ce processus sera mort-né.

 

(Lire aussi : Les Français peuvent-ils réussir là où les Américains ont échoué ?)

 

Quel est le degré de l'implication des États-Unis dans cette relance du processus de paix initié par Paris ?
Jusqu'à il y a quelques jours, les diplomates français ne savaient vraiment pas s'ils pouvaient compter sur les États-Unis. John Kerry était présent lors de la conférence, mais va-t-il pour autant appuyer véritablement la démarche et prendre à son tour d'importantes initiatives, via le Conseil de sécurité... ?

Est-ce que le président américain Barack Obama pourrait faire un dernier geste en faveur du processus de paix, dans les derniers mois, avant la fin de son mandat ?
À mon avis, il n'a plus rien à perdre. Et on peut faire le parallèle avec ce qui s'est passé à la fin du mandat de Bill Clinton en 2000. Il y avait eu des négociations importantes, qui n'avaient pas abouti, mais au moins Clinton avait réellement essayé et proposé des paramètres permettant de faire avancer les négociations, mais c'était trop tard. Fort de ces expériences, est-ce qu'Obama va bouger ? C'est la grande inconnue. Personnellement, je suis assez sceptique parce que, pour l'instant, il n'a pas montré la moindre volonté de s'engager pleinement en faveur d'une résolution du conflit israélo-palestinien. Pourtant, après avoir rétabli les relations diplomatiques avec Cuba, après avoir surtout réussi à conduire des négociations sur le nucléaire avec l'Iran, la question israélo-palestinienne serait évidemment d'un enjeu majeur. Tentera-t-il cela ? On peut le souhaiter mais on n'en sait rien.

 

Pour mémoire
Netanyahu propose un cours d'histoire au personnel de l'Onu: non merci, répond leur chef

« Israël et le gouvernement de Netanyahu sont dans une phase dangereuse »

À Jérusalem, Ban Ki-moon dénonce un « conflit qui dure depuis trop longtemps »


Le plan d'initiative de paix de 2002 peut-il être relancé? Est-ce que les États arabes sont ouverts à une reprise des négociations ?Il est très clair que la Ligue arabe soutient l'initiative française. Dans les principes qui vont être dégagés de la conférence d'hier, je pense logiquement qu'on devrait y voir une référence à l'initiative de paix arabe sur une forme ou une autre. Ce...

commentaires (5)

Obama "clé" ? Clé pour "un Placard", oui !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

20 h 39, le 05 juin 2016

Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • Obama "clé" ? Clé pour "un Placard", oui !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    20 h 39, le 05 juin 2016

  • a la réflexion ..une clé sans serrure ca sert à quoi...?

    M.V.

    07 h 24, le 05 juin 2016

  • Homme clé OK mais succès trop tôt de le dire. Ça marche comme ça ?

    FRIK-A-FRAK

    13 h 31, le 04 juin 2016

  • DE QUEL SUCCES ? COMME LA MASCARADE D,OSLO ? S,ILS VOULAIENT ET S,ILS POUVAIENT ILS AURAIEMT IMPOSER LA SOLUTION DEPUIS CE TEMPS LA... LA RIGOLADE DES RIGOLOS...

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    08 h 49, le 04 juin 2016

  • Cette initiative avortée , de Normal 1er en fin de règne , est aussi surréaliste que ses 4 ans de tribulations franco/françaises ...pour Obama idem , après 2 mandats , dont 1 de trop ...il ne va pas laisser un souvenir inoubliable dans la région...

    M.V.

    06 h 25, le 04 juin 2016

Retour en haut