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À La Une - Liban

Municipales : les principaux vainqueurs s'expriment

Harb et Gemayel attaquent les formations politiques dominantes ; Rifi réaffirme avec force son appartenance à la mouvance haririenne.

Le chef des Kataëb Samy Gemayel, le ministre démissionnaire de la Justice Achraf Rifi et le ministre des Télécoms Boutros Harb. Photos Ani

Plusieurs responsables politiques, vainqueurs des élections municipales qui se sont achevées dimanche dernier au Liban, ont commenté jeudi les résultats du scrutin. Le ministre démissionnaire de la Justice, Achraf Rifi, le ministre des Télécoms, Boutros Harb et le chef des Kataëb, Samy Gemayel, se sont ainsi tour à tour exprimés sur ces élections qui ont, selon les deux derniers, remis en cause les calculs des formations politiques dominantes.

Rifi n'entend pas sortir de la mouvance haririenne
Achraf Rifi s'est plus que jamais identifié dans la journée au "haririsme politique", affirmant qu'il n'avait pas l'intention de quitter cette mouvance.

"Je ne suis pas membre du Courant du Futur", présidé par l'ancien Premier ministre Saad Hariri. "Mais je ne suis pas sorti pas de la ligne politique haririenne et je combattrai férocement tous ceux qui pensent pouvoir supprimer le haririsme politique", a-t-il déclaré devant la presse après avoir rencontré le mufti de la République, Abdellatif Deriane. "Le mufti Deriane a un rôle d'unificateur et notre main est tendue vers tout le monde et vers toute personne qui respecte les constantes de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri", a ajouté M. Rifi.

Concernant l’absence de chrétiens et d'alaouites au sein du nouveau Conseil municipal de Tripoli, où M. Rifi soutenait la liste qui a remporté les municipales, dimanche dernier, il a indiqué avoir proposé un accord aux parrains de la liste adverse sur des noms de chrétiens et d'alaouites, mais qu'il n'avait pas été entendu. M. Rifi a aussi demandé que les voix soient à nouveau dépouillées à Tripoli parce qu'il a "des doutes en ce qui concerne les résultats". Selon les chiffres officiels, 16 des 24 membres de la liste M. Rifi ont été élus au conseil municipal.

M. Rifi a par ailleurs assuré qu'il ne reviendra pas sur sa décision de démissionner du gouvernement. "Je ne ressemble pas à ce gouvernement et ce gouvernement ne me ressemble pas", a-t-il dit.

 

(Lire aussi : Après les élections à Tripoli, l’heure est au bilan...)

 

Gemayel : "Les partis doivent revoir leurs calculs"
De son côté, le leader des Kataëb s'est montré satisfait jeudi de la performance de son parti lors des élections municipales, soulignant que son parti avait joué à fond les considérations locales, contrairement à d'autres formations, qui devraient, selon lui, "revoir leurs calculs".

M. Gemayel, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse au siège de son parti, à Saïfi, faisait clairement allusion au Courant patriotique libre aouniste et aux Forces libanaises de Samir Geagea, ainsi qu'aux autres formations politiques dominantes.  

"Tous ceux qui ont pris part à ce scrutin ont contribué à redonner vigueur à la vie démocratique de ce pays", a déclaré M. Gemayel, reprochant à "certains partis politiques" d'avoir "traité les électeurs comme des marchandises", et estimant qu'ils "doivent revoir leurs calculs".

"Ces élections ont montré que les Libanais sont libres, que la société peut, lorsqu'elle le veut, changer les choses", a-t-il ajouté. 

"J'appelle la société civile à s'engager à nos côtés dans un dialogue ouvert pour changer les choses au Liban. Les Kataëb sont prêts à ouvrir ce dialogue", a-t-il lancé. Revenant sur la performance des Kataëb, M. Gemayel a précisé que "l'objectif était le développement des régions, pas de marquer des points contre d'autres partis".
"Nous avons adopté le principe de la décentralisation et les décisions que nous avons prises ont été dictées par des considérations locales", a-t-il dit.

 

(Lire aussi : Geagea : « Les municipales ne sont pas un indicateur de la force des partis politiques »)

 

Harb : "Batroun n'appartient pas aux corrompus"

Pour sa part, le ministre des Télécoms s'en est pris lors d'une conférence de presse à ses adversaires dans son caza de Batroun, notamment le ministre des Affaires étrangères et chef du CPL, Gebran Bassil, qu'il a implicitement accusé de corruption.

"Le caza de Batroun ne sera pas une ferme pour certains nains corrompus qui font de la politique par hasard et par alliance familiale", a-t-il lancé dans une allusion claire à M. Bassil, gendre du général Michel Aoun, fondateur du CPL. 

"Les ambitions de certains corrompus se sont transformés en complexes, a encore dit M. Harb. Mais cela ne justifie pas leur rejet du choix des citoyens qui se sont exprimés lors des municipales". "Cela ne justifie pas non plus leurs mensonges", a-t-il poursuivi.

M. Harb a par ailleurs a réitéré son appel à l'élection d'un président de la République, à "l'arrêt des manœuvres politiques et au retour à la Constitution".  Le ministre a rejeté la proposition prévoyant des élections législatives avant l'élection présidentielle. "Nous demandons à ceux qui veulent tenir des législatives avant d'élire un chef de l’État de faire attention et de ne pas plonger le pays dans un projet de destruction de la coexistence  libanaise", a-t-il déclaré.
Sur le sujet, le ministre de l'Intérieur, Nohad Machnouk, a assuré au chef du gouvernement, Tammam Salam, qu'il est prêt à organiser les élections législatives dans les délais prévus.

Enfin, Hadi Hobeiche, député du Courant du Futur, qui parrainait avec l'ancien député Mikhaël Daher la liste victorieuse à Kobeyate, dans le Akkar, face à une liste rivale soutenue par le CPL et les FL, s'est rendu à Bkerké où il a été reçu par le patriarche maronite, Bechara Raï. "Les habitants de Kobeyate ont exprimé leur refus de l'ingérence extérieure", a déclaré M. Hobeiche, qui a dédié sa victoire à Mgr Raï.

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commentaires (3)

Tout le monde attend aussi la voix à nouveau de Bâyroûth Mâdînâtî !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

13 h 41, le 03 juin 2016

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Commentaires (3)

  • Tout le monde attend aussi la voix à nouveau de Bâyroûth Mâdînâtî !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 41, le 03 juin 2016

  • ILS FERAIENT BIEN TOUS DE SE TAIRE... A L,EXCEPTION DU GRAND ET HONETTE HOMME RIFI !!!

    LA LIBRE EXPRESSION

    12 h 01, le 03 juin 2016

  • Boutros Harb a raison d'évoquer les "nains corrompus". Comment explique-t-on qu'un individu connu pour être d'origine modeste, devenir immensément riche, propriétaire d'une cinquantaine d'acquisitions foncières et immobilières et ce, depuis qu'il a été nommé ministre par défaut ? J'attends une réponse.

    Un Libanais

    18 h 19, le 02 juin 2016

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