Des véhicules de l'armée irakienne et du Hachd el-Chaabi, intégré à l'armée irakienne, lors d'une opération militaire dans les zones désertiques d'al-Hadar et d'al-Baaj, le 17 mai 2026, jusqu'aux provinces frontalières avec la Syrie. Photo Zaïd al-Obeidi / AFP
Le New York Times a révélé dans une enquête qu’Israël s’est servi pendant plus d’un an d’une deuxième base secrète dans le désert irakien, afin de soutenir ses guerres contre l’Iran. Le quotidien américain révèle également qu’un berger irakien a été tué par des agents israéliens après l'avoir accidentellement découverte.
La présence d’un premier avant-poste israélien en Irak avait déjà été révélée le 9 mai par le Wall Street Journal. Mais des responsables irakiens ont indiqué au NYT qu’une seconde base, jusqu’ici inconnue, a également été implantée par l'armée israélienne en plein cœur du désert de Nadjaf, dans l’ouest du pays. Celle-ci aurait notamment été utilisée depuis la « guerre des 12 jours » de juin 2025, ainsi que lors de la guerre en cours lancée le 28 février par Tel-Aviv et Washington contre l’Iran, comme plateforme logistique pour son armée de l’air et des forces spéciales.
Un berger et un soldat irakiens tués
L’existence de cette seconde base, qui aurait été installée dès la fin de l’année 2024, était connue des États-Unis « depuis juin 2025, voire avant », précise l’article. De quoi provoquer d’importants remous à Bagdad, qui a accusé Washington de lui avoir dissimulé la présence de forces hostiles sur son sol, rompant ainsi un protocole officiel exigeant que les États-Unis informent les autorités locales de toute activité militaire en Irak.
La découverte de ce secret bien gardé par Tel-Aviv est due à un berger irakien, nommé Awad al-Shammari, 29 ans, tombé par hasard sur cet avant-poste clandestin alors qu’il se rendait vers la ville d’al-Nukhaib. Ce dernier a alors prévenu le commandement militaire régional pour lui signaler ce qu’il avait vu, avant d’être tué.
Des bédouins vivant dans les alentours ont affirmé avoir été témoin de l’attaque menée par un hélicoptère contre le véhicule dans lequel roulait Awad al-Shammari. « On nous a dit qu’un pick-up brûlé identique à celui d’Awad se trouvait là-bas, mais personne n’osait s’y rendre (…) Quand nous sommes arrivés, nous avons trouvé la voiture et le corps brûlés », a raconté un cousin de la victime au média américain.
Le lendemain du meurtre, le commandement régional irakien a envoyé une mission de reconnaissance pour tenter d’élucider les circonstances de l’incident. Mais à l’approche de la zone, ses unités ont essuyé des tirs, obligeant les soldats irakiens à battre en retraite. Bilan : un soldat tué, deux autres blessés et deux véhicules bombardés.
Publiquement, le Commandement conjoint des opérations irakiennes a annoncé que des forces « étrangères » avaient attaqué ses soldats et indiqué avoir saisi le Conseil de sécurité de l’ONU.
Ces révélations pourraient toutefois compliquer davantage les efforts américains visant à limiter l’influence iranienne en Irak, note le NYT, dans la mesure où cette affaire est depuis utilisée par le camp pro-iranien pour dénoncer la coopération sécuritaire entre Bagdad et Washington.



