Des Libyens rassemblés sur la place des Martyrs dans la capitale libyenne Tripoli, le 17 février 2022, pour commémorer le 11e anniversaire du soulèvement qui a renversé le dirigeant de longue date Mouammar Kadhafi. Photo AFP
Un ancien directeur d'une prison libyenne accusé de crimes de guerre comparaît à partir de mardi devant la Cour pénale internationale pour trois jours d'audiences. Khaled Mohamed Ali el Hishri, 47 ans, est soupçonné de 17 chefs d'accusation de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre qui auraient été commis à la prison de Mitiga, près de Tripoli, de février 2015 à début 2020.
Les juges de la CPI estiment qu'il existe des « motifs raisonnables de croire » que M. Hishri a été impliqué dans « la torture, les mauvais traitements, les sévices sexuels et le meurtre de détenus » au sein de cette prison. Selon les procureurs, M. El Hishri dirigeait la prison d'une main de fer, et était notamment responsable du quartier des femmes.
Un « nombre important » de personnes sont décédées pendant le mandat de M. Hishri des suites de tortures, de blessures non soignées ou de privation de nourriture, affirme la CPI. Au moins cinq détenus parmi lesquels un garçon de 15 ans auraient été violés par des gardiens ou d'autres détenus, selon les allégations de la Cour.
Les audiences dites de « confirmation des charges » se dérouleront jusqu'à jeudi à la Cour qui siège à La Haye, et évalueront la crédibilité des accusations portées contre M. El Hishri, afin de déterminer si un procès aura lieu. Par la suite, les juges auront 60 jours pour se prononcer, soit en confirmant les chefs d'accusation, soit en classant l'affaire et en libérant M. El Hishri, ou alors en modifiant les chefs d'accusation qui pèsent contre lui.
Lors d'une première audience en décembre, M. Hishri était resté impassible face aux juges. « Je demande simplement ma libération », avait-il déclaré.
M. Hishri est le premier suspect à comparaître devant la CPI dans le cadre de l'enquête menée en Libye depuis 2011 par la Cour, sous mandat de l'ONU. Ce pays nord-africain, riche en pétrole, est toujours aux prises avec les conséquences du conflit armé et du chaos politique qui ont suivi le soulèvement de 2011, soutenu par l'OTAN, qui a renversé Mouammar Kadhafi.
La Libye est depuis divisée avec deux exécutifs parallèles: l'un à Tripoli (ouest), dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l'ONU, et l'autre basé à Benghazi (est), sous l'autorité de Khalifa Haftar, dirigeant de l'Armée nationale libyenne. La CPI juge des individus pour les crimes les plus graves au monde, notamment les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.
La Cour recherche également Osama Almasri Najim, chef de la police judiciaire libyenne, pour des faits liés à des crimes présumés commis à la prison de Mitiga. M. Najim a été arrêté en Italie, puis relâché et renvoyé en Libye, déclenchant une vive polémique politique en Italie et suscitant la consternation au sein de la CPI.


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