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Économie

Le numérique, nouvelle frontière de la coopération franco-libanaise

Formation

Trois institutions nées de la coopération franco-libanaise dans le domaine du développement du capital humain ont célébré leurs 20 ans hier, en mettant l'accent sur l'avenir du numérique au Liban.

28/05/2016

La France et le Liban ont célébré hier le 20e anniversaire de trois institutions issues de leur coopération bilatérale dans la formation du capital humain : l'Institut des finances Basil Fuleihan, le programme de partenariat scientifique Hubert Curien Cèdre et l'École supérieure des affaires (Esa). Cette dernière a décidé de faire d'une pierre deux coups en posant, en parallèle, la première pierre de son nouvel incubateur pour start-up, Smart Esa, dans ses locaux à Clemenceau (voir encadré).
Présents lors de l'événement, les ministres Élias Bou Saab (Éducation), Nabil de Freige (Réforme administrative), Hussein Hajj Hassan (Industrie), Alain Hakim (Économie) et Ali Hassan Khalil (Finances) ont tous tenu à souligner avec l'ambassadeur de France, Emmanuel Bonne, l'importance de la continuité et du renforcement de la coopération franco-libanaise.

 

« Éviter le piège de l'élitisme »
Lors des tables rondes organisées pour l'occasion et portant sur la coopération franco-libanaise dans l'enseignement supérieur et la recherche, a notamment été posée la question des défis posés par l'entrée officielle de l'Esa dans le monde numérique à travers son incubateur Smart Esa, annoncé en mars dernier et qui sera lancé opérationnellement en septembre. Il aura pour but de former des entrepreneurs libanais et de leur permettre de créer des partenariats avec l'Europe. Un fonds est en cours de création, dans lequel plusieurs banques, dont la BankMed ainsi que deux autres banques dont l'identité n'a pas été communiquée, pourront investir afin de financer le fonctionnement de Smart Esa via la circulaire 331 de la Banque du Liban (BDL). Émise en 2013, cette dernière permet aux banques d'investir jusqu'à 3 % de leurs fonds propres dans des sociétés, fonds d'investissements ou structures de soutien à entrepreneuriat spécialisés dans l'économie de la connaissance. Dans le cas des incubateurs, la BDL garantit l'intégralité des fonds investis.
« Nous pouvons être très innovants sans toutefois nous attendre à la vente d'une application pour plusieurs millions de dollars », a déclaré le directeur général de l'Esa, Stéphane Attali, soulignant vouloir créer un réseau solide d'entrepreneurs. Un avis partagé par Jean-Pierre Gesson, président du comité partenariat Hubert Curien Cèdre : « Je pense que cette structure peut viser beaucoup de petits projets qui créeront de l'emploi très qualifié, ce qui est intéressant. » Pour l'ancien ambassadeur de France, Jean-Pierre Lafon, l'Esa doit continuer à s'inspirer du savoir-faire de la France dans l'enseignement du numérique, comme le programme Entrepreneurs de l'École des hautes études commerciales de Paris (HEC) ou l'école d'informatique 42, créée par l'homme d'affaire français Xavier Niel. « 1 500 start-up naissent chaque année en France. Si nous en créons 250 à Beyrouth, ce sera pas mal », a-t-il lancé.

 

(Pour mémoire : Le Liban se dote d'un Institut pour la finance et la gouvernance)

 


Le soutien des entrepreneurs par la formation doit avoir des retombées concrètes pour l'ensemble de l'économie, a plaidé l'ambassadeur de France Emmanuel Bonne. « Ce qui me semble important, c'est que nous soyons capables de renouveler notre offre d'excellence. Il est facile de faire grandir une start-up au Liban et de la faire prospérer à l'étranger, mais le Liban a besoin d'excellence utile à ce pays. Il faut éviter de tomber dans le piège de l'élitisme », a-t-il averti. La solution, selon lui, serait de créer des ponts avec les entreprises autour de la formation professionnelle dans tous les secteurs, initiative encore peu popularisée au Liban. En raison d'un marché libanais limité, les start-up mesurent en général leur succès par leur capacité à s'exporter à l'étranger.
Moins optimiste, la directrice de l'Institut des finances Basil Fuleihan, Lamia Moubayed, a rappelé que l'avenir des start-up – quelque soit le secteur d'activité – peut être compromis par leur difficulté à percer sur le marché local. « On oublie qu'il faut créer un environnement compétitif pour qu'elles puissent accéder au marché. Par exemple, les appels d'offres ne sont pas transparents et doivent être structurés différemment. Si un entrepreneur ne connaît pas les règles du jeu, il rate le marché de la commande publique qui représente environ 4 % du PIB », a-t-elle souligné.

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