L’édito de Élie FAYAD

De Rabieh à Baabda, la route plus longue

L’édito
Élie FAYAD | OLJ
17/05/2016

Il n'y a pas de doute, le chrétien libanais est une espèce des plus volatiles. On croit le tenir, l'embrigader, parler en son nom, le ranger dans son escarcelle, et puis il s'avère que non, s'il était hier ici, il peut être demain ailleurs.

Depuis le 18 janvier dernier, jour où Samir Geagea s'est rallié à la candidature de Michel Aoun à la présidence de la République, les responsables des deux plus importantes formations chrétiennes nous expliquent régulièrement que les dés sont jetés, qu'il faut se faire à l'évidence, que la démocratie a parlé et qu'à eux deux, ils sont habilités à se parer du label de la légitimité chrétienne... Tout comme le courant du Futur chez les sunnites, le tandem Hezbollah-Amal chez les chiites et le PSP chez les druzes (sans oublier le Tachnag chez les Arméniens).

À cet argumentaire développé des mois durant par les rhéteurs du CPL et des FL, les deux premières séries des élections municipales, à Beyrouth, au Mont-Liban et dans la Békaa, viennent d'asséner un démenti plutôt cinglant.

Certes, nul ne songe à remettre en question un fait absolument incontestable : en 2016, comme en 2009 et 2010, dates des précédentes consultations électorales, le courant aouniste et le parti de M. Geagea sont toujours les numéros un et deux parmi les formations chrétiennes (et bien entendu chez les maronites, mais peut-être dans l'ordre inverse). D'autre part, il est clair que les élections municipales ne sont pas toujours le cadre adéquat pour mesurer l'évolution du poids des partis politiques, tant le scrutin est traversé d'enjeux locaux qui faussent quelque peu la donne.

Il reste que les deux formations concernées avaient elles-mêmes placé haut la barre en abordant ce scrutin. En proclamant leur volonté d'alliance électorale dans le plus grand nombre de localités possible, il était clair que leur intention n'était guère de mettre en œuvre un programme commun. On est loin de l'alliance politique qu'eut incarnée une telle association entre FL et CPL s'il s'était agi d'élections législatives. Dans le contexte spécifique des municipales, il ne pouvait être question que d'une addition des forces – et des voix – en vue d'un double objectif : d'abord permettre à chacune des deux formations de disposer du plus grand nombre possible de ces relais efficaces du pouvoir sur le terrain que sont les édiles et les moukhtars, et ensuite consacrer l'hégémonie politique du tandem dans la perspective de la présidentielle. Inutile de dire que les résultats, jusqu'ici, sont bien en deçà des espoirs.

La première déconfiture survient déjà en amont du scrutin. Dans la formation des listes, on voit nos deux champions contraints très souvent de composer avec d'autres acteurs – partis politiques ou notables locaux –, ceux-là mêmes qu'ils entendaient réduire à des seconds rôles sympathiques, mais néanmoins secondaires, voire négligeables. Dans d'autres cas, le poids des acteurs locaux est tel qu'ils sont eux-mêmes entraînés dans leur sillage, dans un face-à-face quasi stérile. Il en sera ainsi à Jounieh, que l'on a dû proclamer in extremis « capitale de la chrétienté » pour arracher quelques voix de plus.

Mais la bataille laissera encore davantage de plumes. À Achrafieh, c'est la foire d'empoigne à domicile, ajoutée au manque d'enthousiasme qui conduit parfois à voter pour l'adversaire. À Zahlé, on gagne, mais assez mal, face à deux listes « locales » qui, additionnées, auraient tout raflé. À Deir el-Qamar, les locaux font des trous chez les vainqueurs et dans le Metn, on n'est pas loin de la raclée, administrée par les Kataëb et surtout par un revenant que tout le monde croyait sur le déclin, Michel Murr.

« Séparés, ils nous divisent. Unis, ils nous partagent », constatait amèrement l'autre jour Dory Chamoun à propos de Michel Aoun et Samir Geagea. Il n'a qu'à moitié raison : la seconde partie de sa phrase n'est pas encore avérée...

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

".... la courte vue et vie de ce "bouclage" Per(s)cé mahééék ?!".

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UNE ESPECE EN VOIE DE DISPARITION... SI BKERKE N,Y PEUT Y METTRE UN FREIN...

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

"Séparés, ils nous divisent ! Unis, ils nous partagent", constatait amèrement le Tigre Dory Châmäoûn !
Paroles EN OR du Némér Dory.

Bery tus

Dommage le libanais restera libanais aigri de la vie!!

Hitti arlette

Etre au four et moulin n' est pas donne a tout le monde ..une caracteristique propre aux libanais . . A propos monsieur , arretez de jouer les Cassandre quant a l entente entre les plus grandes composantes chretiennes . Laissez nous rever , de la recuperation d une communaute marginalisee depuis des annees de sa dignite , ou du moins esperer a voir les chretiens participer , tete haute , a la destinee du pays .

Le Faucon Pèlerin

En quelques mots, les deux mini-leaders ne sont que deux mouches du même coche, ils finiront bientôt par dégonfler comme la grenouille de la fable.
Je suis Jouniote, ma ville n'est pas la capitale de quoi que ce soit, elle est une ville libanaise comme toutes les grandes villes du Liban avec sa capitale Beyrouth. Je dis cela à toutes les communautés de notre pays.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

"Le bigaradisme, déclare le caporal, ne fait qu’1 avec le peuple ! Si vous n’obéissez pas, je vous renvoie, et seul je ferai le bonheur de mon peuple." !
Il faut que le caporalisme soit déjà dans un bien grand embarras, pour se décider à employer 1 formule que le boSSfééér aigri himself est assez "érudit" pour savoir comment ; à l’époque ; le peuple avait remercié le XVIème Louis de l’avoir employée !
Le "réformisme, assure le bigaradier, doit reposer sur la large base de la populace ; c’est ce qui assure le mieux sa solidité." ! Tant que les larges épaules du peuple ne jetteront pas dans le ruisseau, en effet, d’1 coup de rein enfin puissant cette structure boSSféràRienne importune et branlante.
Le bigaradisme pâmé laisse aussi au ministère 1 simili-dignité et lui donne 1 parure poétique, mais lui retire le pouvoir réel. Le boSSféràRienisme lui enlève pouvoir et dignité, et ne lui laisse donc que broutilles.
Le peuple, par contre lui, doit conserver au caporalisme son pouvoir, sa dignité et sa poésie, yîîî, oranginée : Ici boSSfaïr prend malheureusement trop au sérieux son "propre" dernier appel fanfaron de 90 à son peuple, yâââï, äzîîîm !
Son dernier mot donc, fut : "A bas ces autres zaïîms, surtout le Hakîm Samîr et Cheïkh Amîne, et établissement enfin d’1 ferme bigaradienne s’appuyant ainsi sur ce peuple äzîîîm." !
Si ces exigences n’étaient pas toute bonnement pure fantaisie aigrie, elles impliqueraient absolutely 1 révolution totale et fatale contre lui.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Et ils essayent encore de faire comme les chïïtes avec leur tandem Amal-héZébbb, alors qu'ils ont bien vu là la courte vue et vie de ce "bouclage" !

RE-MARK-ABLE

Le chrétien libanais sans être imprévisible est, dira-t-on très lunatique.

Un jour c'est du hi ! Et un autre jour du bye !

C'est une forme très courte vue d'arriver à des alliances solides , quand on ne se supporte pas soi même.

Hitti arlette

Dany chamoun represente a peine sa propre personne . Pour quelqu un qui a ete battu a domicile rien que pour les municipales n est pas une reference pour etayer votre analyse monsieur fayad . Ceci etant , le constat de m. Chamoun a propos de des deux plus grands leaders chretiens n a aucune valeur et peut meme rendre votre article moins concluant .

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Ils semblent qu'ils soient trop fades pour un éloge exalté, trop mates pour un éloge brillant, et trop petits pour un grand éloge....
Tout ce qu’on puisse dire en leur faveur, c'est que, fussent-ils autre qu'ils ne sont, ils ne seraient pas digérables, et que, tels qu'ils sont, ils ne plaisent guère ou.... plutôt pas !

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