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Culture - Exposition

Mazen Rifaï, sa « Maison dans la plaine », ses paysages libérés...

Baalbeck, ville natale du peintre et architecte, est sa principale source d'inspiration.

« La route I », acrylique sur toile (50 x 60 cm ; 2015).

Baalbeck est la source d'inspiration première de Mazen Rifaï. Il en recompose les paysages de plaine environnants à coups de lumineux tracés de couleurs. Toujours ouverts sur d'infinis horizons...
Sur les cimaises de la galerie Rochane*, des étendues de couleurs vibrantes traversées d'une route plane mènent tout droit vers une petite Maison dans la plaine (titre de l'exposition qui s'y tient jusqu'au 14 mai). Cette maison rurale et solitaire qui revient, comme un leitmotiv, un mantra presque, dans plus d'une toile exposée, est celle du peintre et architecte. Il y a mis toutes ses émotions, ses projections, sa nostalgie et ses états d'âme.
Fils de Baalbeck, Mazen Rifaï voue à sa ville, à ses solaires vestiges antiques et ses paysages de plaine à perte de vue un attachement indéfectible. Un amour qui est, sans doute, à l'origine de sa double vocation d'architecte et de peintre, ainsi que de son implication en tant que membre du conseil municipal de Baalbeck et membre du comité de son prestigieux festival.
Œuvrer à la préservation de cet inestimable trésor que représente l'ancienne Héliopolis mais aussi célébrer, par le pinceau, le vaste panorama de la Békaa qui la ceint, avec son ciel ouvert à l'infini... Voilà la double tâche à laquelle il se consacre inlassablement depuis le début des années quatre-vingt.

 

Paysages et architecture
Trois décennies et plus d'une trentaine d'expositions collectives ainsi qu'une dizaine d'individuelles (essentiellement à Beyrouth et Paris) plus tard, Mazen Rifaï reste fidèle à ses deux orientations, ses deux engagements, qui nourrissent de manière récurrente ses peintures. Qu'elles soient à l'aquarelle, à l'huile ou (dans cette dernière cuvée) à l'acrylique. Avec, à chaque fois, encore plus d'épurement et de luminosité. Et toujours cette obsession à vouloir capter les variations d'ensoleillement, donc de couleurs, tout au long des différentes heures du jour jusqu'à la nuit, au gré des saisons.
Son style figuratif minimaliste, qui flirte avec le naïf, tout en se rapprochant à grands pas de l'abstraction, peut sembler de prime abord d'une grande sérénité. Sauf qu'il recèle, sous les touches en apparence lisses (le plus souvent étalées au couteau), une certaine dualité. Entre solitude et turbulence, entre attachement à la terre et liberté d'expression... Chromatique surtout, à travers l'utilisation d'une palette intense et harmonieusement affranchie de la réalité.


Cette Maison à Adouss (40x50 cm) représentée à plusieurs reprises, avec chaque fois de nouvelles nuances, de nouveaux contrastes, mais toujours au bout d'une longue route, semble être l'expression même de ce désir d'émancipation, de modernité, enlisé néanmoins dans la nostalgie, un sentiment de temps qui passe... Ou encore, cette route coupant la plaine, qui revient dans nombre de ses toiles, portant toujours un peu plus loin le jeu de perspectives, pourrait évoquer la voie d'un destin qui vous happe...
Il y a dans les paysages de ce peintre de la Békaa, tout à la fois la rigueur de l'architecte, la subtilité du coloriste et la sensibilité de l'artiste qui « voit avec le cœur ».
« J'essaye de libérer les paysages de leurs contours pour aller directement à l'espace qui relie l'ombre et la lumière, le vide et le plein », indique Mazen Rifaï. Même dans une brève série, moins panoramique et plus architecturale, consacrée à Maaloula et ses entassements de maisons à toits en terre battue, il reste fidèle « à cette école qui étudie les rapports de la lumière et des formes jusqu'à atteindre la purification du trait ».

*Saifi Village, rue Saïd Akl. Horaires : du lundi au vendredi, de 10h à 13h30 et de 15h30 à 18h, et le samedi jusqu'à 13h30 seulement. Tél. : 01-972238

 

Pour mémoire

Mazen Rifaï, d'or et de lumière

Baalbeck est la source d'inspiration première de Mazen Rifaï. Il en recompose les paysages de plaine environnants à coups de lumineux tracés de couleurs. Toujours ouverts sur d'infinis horizons...Sur les cimaises de la galerie Rochane*, des étendues de couleurs vibrantes traversées d'une route plane mènent tout droit vers une petite Maison dans la plaine (titre de l'exposition qui s'y tient jusqu'au 14 mai). Cette maison rurale et solitaire qui revient, comme un leitmotiv, un mantra presque, dans plus d'une toile exposée, est celle du peintre et architecte. Il y a mis toutes ses émotions, ses projections, sa nostalgie et ses états d'âme.Fils de Baalbeck, Mazen Rifaï voue à sa ville, à ses solaires vestiges antiques et ses paysages de plaine à perte de vue un attachement indéfectible. Un amour qui est, sans doute, à...
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