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Culture - Cimaises

Mazen Rifaï, d’or et de lumière

Mazen Rifaï expose jusqu'au 28 mars à la galerie Aïda Cherfan (place de l'Étoile) une série d'huiles qui regorgent de couleurs, de lumière et d'abondance... tout comme sa région natale.

Les balcons peuplent l’imaginaire de l’artiste.

Initié aux beaux-arts en 1974 à la suite d'un stage en Italie à l'académie de Macerata et diplômé d'architecture intérieure à l'Université libanaise, Mazen Rifaï s'est consacré à la fois à la peinture et à l'architecture. Baalbeck, sa ville natale, demeure la principale source d'inspiration de son œuvre, mais aussi son souci majeur. Ainsi, élu membre du conseil municipal de la ville, l'artiste fait également partie du comité du Festival international de Baalbeck. C'est dire combien sa peinture est « engagée ». « Non pas dans un devoir de souvenir nostalgique », dira-t-il, mais d'une mémoire qu'il tient à garder vivace. Vivante.


Depuis sa première exposition à Beyrouth en 1981, Rifaï a enchaîné plus d'une trentaine de manifestations artistiques au Liban et à l'étranger.
C'est donc encore une fois et pour le plaisir des yeux et des sens qu'il revient sur sa palette afin de croquer Héliopolis, la « ville du Soleil ». Tel un alchimiste, l'artiste fait fondre ces harmonies dans les rais lumineux, mélange toutes ces teintes et les fait jaillir de la source même de la lumière pour représenter la ville.
« Cette fois, j'ai délaissé l'aquarelle et sa monochromie pour les couleurs plus chaudes et plus intenses de l'huile, riche également dans sa texture », confie l'artiste. Et pourtant, malgré l'abondance des teintes et les couleurs gourmandes qui balayent, voire dévorent la toile, la transparence qu'on retrouvait auparavant dans ses aquarelles demeure. Une évanescence quasi mystique et onirique, d'un autre monde. Ce monde en voie de disparition semble défier la mort par ses couleurs vives mais tendres, dynamique et souples. Du bleu le plus azuré au jaune le plus lumineux en passant par un camaïeu de rose, de violacé et de verts, Rifaï se fait l'architecte des couleurs, le géomètre des compositions. Il dit préférer la couleur à la ligne.

 

En effet, sur ses toiles, ce sont ces couleurs-là qui structurent les formes. Construisant mais aussi déconstruisant à sa manière les espaces, l'artiste généreux crée un monde familier et lointain, réel mais empreint de poésie. Balcons, terrasses, ruelles de Baalbeck, pots de fleurs à l'entrée de la demeure et linge étendu, toutes ces images qui représentent des habitations ne sont pourtant pas peuplées d'humains. On les devine. « Ces images-là habitent mon cœur et mon esprit depuis longtemps et je ne peux m'en détacher. Alors vous me demandez encore pourquoi et toujours Baalbeck ? Je n'ai qu'une seule réponse. C'est une façon de refaire vivre cette ville qui date depuis des millénaires. » Et vite d'insister : « Je ne le fais pas dans un esprit de nostalgie mais bien pour braver (la ville et moi-même) la mort et l'oubli. »
Avec force et véhémence.

Ouvert du lundi au samedi de 10h30 à 19h30. Tél. : 01/983111-222.

Initié aux beaux-arts en 1974 à la suite d'un stage en Italie à l'académie de Macerata et diplômé d'architecture intérieure à l'Université libanaise, Mazen Rifaï s'est consacré à la fois à la peinture et à l'architecture. Baalbeck, sa ville natale, demeure la principale source d'inspiration de son œuvre, mais aussi son souci majeur. Ainsi, élu membre du conseil municipal de la ville, l'artiste fait également partie du comité du Festival international de Baalbeck. C'est dire combien sa peinture est « engagée ». « Non pas dans un devoir de souvenir nostalgique », dira-t-il, mais d'une mémoire qu'il tient à garder vivace. Vivante.
Depuis sa première exposition à Beyrouth en 1981, Rifaï a enchaîné plus d'une trentaine de manifestations artistiques au Liban et à l'étranger.C'est donc encore une fois et...
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