X

Nos Lecteurs ont la Parole

II. Rupture avec un vocabulaire politico-religieux du passé

Révolutions arabes et changement
30/04/2016

Nous insistons en priorité sur les libertés religieuses et culturelles dans les nouveaux changements constitutionnels dans le monde arabe, parce que ces libertés ont été, et sont encore aujourd'hui, la matrice de presque toutes les libertés (L'Orient-Le Jour du 29 avril 2016).
Le débat sur les libertés religieuses et culturelles dans le monde arabe, et dans l'islam en particulier, est prisonnier d'un vocabulaire académique et médiatique du passé, vocabulaire qui se répercute nécessairement sur les processus constituants et la formulation des nouveaux textes constitutionnels.
1. Confessionnalisme, sectarianisme, communautarisme : ces termes, longtemps utilisés dans des recherches dites académiques, et propagés dans le débat public, ne sont ni des concepts, ni des notions, ni des catégories juridiques. Ils sont devenus un dépotoir où des auteurs et des intellos jettent tout ce qu'ils ne comprennent pas dans des sociétés plurales.
2. État « religieux » et « religion d'État » (dîn al-dawla) : ces deux termes, qui remontent à une expérience historique du passé, ne correspondent pas à la réalité de tout État, en tant que détenteur exclusif de la force organisée et pôle de négociation et de décision. L'État théocratique correspond à une expérience historique universelle d'autrefois.
3. Source valorielle et source exécutive du droit : le vocabulaire propagé dans des milieux académiques et par le discours idéologique en ce qui concerne la charia (prescription religieuse) et le tashrî' (légifération) sème la confusion et des déboires dans la formulation de dispositions constitutionnelles nouvelles dans le monde arabe.
Nombre de changements constitutionnels dans les pays arabes cherchent, par souci de légitimité, à se conformer à un vocabulaire politico-religieux dominant et éculé, mais en introduisant des dispositions qui atténuent ou même annulent l'impact négatif d'un tel vocabulaire en vue de la pratique effective du droit.

Nouveau constitutionnalisme arabe
Nous nous penchons sur des perspectives qui montrent un début de dépassement de cadres constituants politico-religieux du passé en vue d'une approche à la fois authentique et renouvelée des libertés religieuses et culturelles.
L'article 128 de la Constitution jordanienne, amendée le 30 septembre 2011, tranche complètement avec toutes la pratique constitutionnelle arabe de la limitation des droits et libertés par la loi :
Art. 128 – Il n'est pas permis que les lois promulguées en vertu de la présente Constitution en vue de l'organisation des droits et des libertés portent atteinte à l'essence de ces droits ou touchent leurs fondements.
La Constitution de Tunisie du 1/6/2013, profitant de l'expérience négative de l'hégémonie du sacré dans l'espace public et des principes élémentaires de la démocratie, est fort explicite. L'État est civil. La Constitution rompt avec le vocabulaire programmé sur l'islam, l'État et la charia, en adoptant la terminologie juridique qui convient dans la doctrine constitutionnelle. On souligne les « finalités » (makâsid) de la charia, le respect des droits de l'homme, la primauté de la loi, notamment dans le préambule.
Dans la plupart des dispositions récentes des Constitutions arabes, on insiste davantage sur les principes universels de la démocratie, la primauté de la loi et la qualité du peuple en tant que détenteur exclusif de la souveraineté.

Fondements pour la justice constitutionnelle de demain
Une mentalité laïque à la française, avec ses effets contagieux et pervers dans d'autres pays, a du mal à comprendre ces mutations dans une double perspective à la fois culturelle et juridique.
1. La religion en tant que patrimoine culturel : la religion n'est pas seulement foi et croyance, mais aussi culture, partie intégrante du patrimoine national d'où découlent des traditions, coutumes, modes de vie..., qu'on soit croyant, peu croyant ou incroyant. Dans la Constitution européenne, la mention de toute « tradition chrétienne », au sens culturel, avait été rejetée, alors que nous vivons aujourd'hui dans un monde déboussolé et sans repères avec des risques d'invasions identitaires et hégémoniques qui remplissent, avec leur simplisme idéologique, la vacuité d'une déchristianisation à fleur de peau et la soif de sens de tout être humain.
2. La primauté du principe de légalité : il s'agit là d'un problème différent, fruit d'une évolution historique universelle en vue de la garantie des libertés à l'encontre des abus du pouvoir politique et, aussi, des abus du religieux quand il devient pouvoir, avec donc éventualité de son recours à la contrainte.
***
Nous nous limitons à l'étude des changements constitutionnels arabes et de leur impact sur l'évolution jurisprudentielle. Le problème général des libertés religieuses et culturelles dans les pays arabes, dans leur exercice, leur application effective et leurs garanties judiciaires ordinaires, pose certes nombre de problèmes dont il faut espérer une profonde évolution grâce à la justice constitutionnelle.
Plus de 15 pays arabes disposent aujourd'hui d'une magistrature constitutionnelle qui ne peut, quelles que soient la nature des régimes et les variantes culturelles, méconnaître des principes fondamentaux aujourd'hui unanimement reconnus et consignés dans des conventions internationales et dans des jurisprudences constitutionnelles constantes.
Il appartient cependant à une cogitation programmée sur un vocabulaire désuet du passé, à un académisme paresseux et à une médiatisation superficielle de suivre de plus près les nouveaux changements constitutionnels arabes et de diffuser les pratiques jurisprudentielles les plus positives, authentiques, novatrices et porteuses d'avenir.

Antoine MESSARRA
Membre du Conseil constitutionnel
Titulaire de la Chaire
Unesco des religions comparées, de la médiation et du dialogue, USJ

À la une

Retour à la page "Nos Lecteurs ont la Parole"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Henrik Yowakim

État « religieux » et « religion d'État » (dîn aldawla) : ces deux termes, remontent à une expérience historique du passé. L'État théocratique correspond à une expérience historique universelle d'autrefois.

LA AUSSI CE SONT DES SYNONYMES :LA RELIGION D’ETAT AFFIRME QU’IL Y A UNE RELIGION OFFICIELLE QUI DOIT PREVALOIR SUR LES AUTRES.

QUANT A L’ETAT RELIGIEUX C’EST TOUT SIMPLEMENET L’ETAT QUI A UNE RELIGION…..D’ETAT.

POUR CE QUI EST DE L’ETAT THEOCRATIQUE IL EST TOUJOURS LA :AVEC SES 2 FIGURES MONSTRUEUSES DE LA REPUBLIQUE ISLAMIQUE D’IRAN ET L’ETAT ISLAMIQUE DU CALIFAT DAECHIQUE.

DIRE QUE LA THEOCRATIE FAIT PARTIE DU PASSE C’EST IGNORER LA REALITE DU PRESENT.

Henrik Yowakim

Nouveau constitutionnalisme arabe
Nous nous penchons sur des perspectives qui montrent un début de dépassement de cadres constituants politico+religieux du passé

NE VOUS FATIGUEZ PAS CHER CONSTITUIONNALISTE : PAROLE DIVINE TRANSCENDANTE ET TRANSHISTORIQUE, LE CORAN OU L’ISLAM RESTE SOURCE D’INSPIRATION ETERNELLE DE TOUT DROIT ET DE TOUTE CONSTITUION.

IL NE SERA JAMAIS DU PASSEE.IL NE SERA JAMAIS DEPASSEE.

SAUF SI EVIDEMMENT ON IMPOSE LA TOTALE SEPARATION DE LA RELIGION ET DE L’ETAT

QUANT AUX BELS ARTICLES 128 ET 129 DE LA CONSTITTUTION JORDANIENNE ET LA CONSTITUION TUNISIENNE ILS NE SONT QUE PUR CHARABIAH « ESSENTIALISTE » , PUDIQUE FEUILLE DE VIGNE « EXISTENTIALISTE » POUR CACHER LA SOURCE RELIGIEUSE DU DROIT ET DE LA CONSTITUTION « CIVILE ».

CE QUI COMPTE EN FIN DE COMPTE C’EST LA FINALITE/MAKASSED CANONIQUE DE LA CHARIA ISLAMIQUE.

Henrik Yowakim

Fondements pour la justice constitutionnelle de demain
Une mentalité laïque à la française, avec ses effets contagieux et pervers dans d'autres pays, a du mal à comprendre ces mutations dans une double perspective à la fois culturelle et juridique.

LE VIRUS DE LA THEOLOGIE/PATHOLOGIE POLITIQUE ISLAMIQUE OU AUTRE ,S’IL N’EST PAS ERADIQUEE DES LE DEPART , CONTAMINERA/INFECTERA ET RATTRAPERA TOUTE CONSTITUTION SI ELLE N’EST IMMUNISEE DES LE DEPART CONTRE CE GENRE DE VIRUS.

IMMUNITEE QUI S’ACQUIERT GRACE A CE QUE VOUYS APPELEZ LA « PERVERSE » MENTALITEE LAIQUE FRANCAISE.

MENTALITEE LAIQUE QUI FETE POURTANT L’ASSOMPTION CHRETIENNE EN TANT QUE PHENOMENE CULTUREL MAIS INTERDIT AUX CATEGORIES RELIGIEUSES DE S’IMMISCER DANS LES AFFAIRES PUBLIQUES OU JURIDIQUES/CONSTITUTIONNELLES..

Henrik Yowakim

Nouveau constitutionnalisme arabe
Nous nous penchons sur des perspectives qui montrent un début de dépassement de cadres constituants politico+religieux du passé

NE VOUS FATIGUEZ PAS CHER CONSTITUIONNALISTE : PAROLE DIVINE TRANSCENDANTE ET TRANSHISTORIQUE, LE CORAN OU L’ISLAM RESTE SOURCE D’INSPIRATION ETERNELLE DE TOUT DROIT ET DE TOUTE CONSTITUION.

IL NE SERA JAMAIS DU PASSEE.IL NE SERA JAMAIS DEPASSEE.

SAUF SI EVIDEMMENT ON IMPOSE LA TOTALE SEPARATION DE LA RELIGION ET DE L’ETAT

QUANT AUX BELS ARTICLES 128 ET 129 DE LA CONSTITTUTION JORDANIENNE ET LA CONSTITUION TUNISIENNE ILS NE SONT QUE PUR CHARABIAH « ESSENTIALISTE » , PUDIQUE FEUILLE DE VIGNE « EXISTENTIALISTE » POUR CACHER LA SOURCE RELIGIEUSE DU DROIT ET DE LA CONSTITUTION « CIVILE ».

CE QUI COMPTE EN FIN DE COMPTE C’EST LA FINALITE/MAKASSED CANONIQUE DE LA CHARIA ISLAMIQUE.

Henrik Yowakim

État « religieux » et « religion d'État » (dîn aldawla) : ces deux termes, remontent à une expérience historique du passé. L'État théocratique correspond à une expérience historique universelle d'autrefois.

LA AUSSI CE SONT DES SYNONYMES :LA RELIGION D’ETAT AFFIRME QU’IL Y A UNE RELIGION OFFICIELLE QUI DOIT PREVALOIR SUR LES AUTRES.

QUANT A L’ETAT RELIGIEUX C’EST TOUT SIMPLEMENET L’ETAT QUI A UNE RELIGION…..D’ETAT.

POUR CE QUI EST DE L’ETAT THEOCRATIQUE IL EST TOUJOURS LA :AVEC SES 2 FIGURES MONSTRUEUSES DE LA REPUBLIQUE ISLAMIQUE D’IRAN ET L’ETAT ISLAMIQUE DU CALIFAT DAECHIQUE.

Henrik Yowakim

Confessionnalisme, sectarianisme, communautarisme : ces termes, longtemps utilisés dans des recherches dites académiques, et propagés dans le débat public, ne sont ni des concepts, ni des notions, ni des catégories juridiques.

MEME SI CES TERMES A SUFFIXE ISME NE SONT PAS JURIDIQUES ILS RESTENT DES CONCEPTS DE PENSEE ET D'ORGANISATION POLITIQUES

LE CONFESSIONALISME ,LE SECTARISME OU LE COMMUNAUTARISME SONT TOUT SIMPLEMENT SYNONYMES.

CE SONT TOUS DES IDEOLOGIES OU DES SYSTEMES DE PENSEE POLITIQUES QUI POSENT LA CONFESSION,LA SECTE OU LA COMMUNAUTEE COMME DES VALEURS/REALITEES FONDAMENTALES ET FONDATRICES DE LA SOCIETE

ET PAR CONSEQUENT DE LA CONSSTITUTION ET DE L’ETAT.

Henrik Yowakim

Source valorielle et source exécutive du droit : le vocabulaire propagé dans des milieux académiques et par le discours idéologique en ce qui concerne la charia (prescription religieuse) et le tashrî' (légifération) sème la confusion

LES ETATS ARABES MEME QUAND ILS SE VEULENT/PRETENDENT « LAIQUES » SONT SOUMIS A LA JURIDICTION DIVINE DE LA CHARIA COMME SOURCE VALORIELLE ET SOURCE EXECUTIVE DU DROIT.

IL SUFFIT DE JETER UN REGARD SUR L’EGYPTE ANTI ISLAMISTE DU MARECHAL SI SI POUR REMARQUER QUE POUR EXECUTER UNE PEINE CAPITALE IL FAUT AVOIR L’AVAL DU…..MOUFTI D’AL AZHAR EN L’OCCURRENCE LE GRAND PRETRE DE LA REPUBLIQUE « CIVILE » ET « LAIQUE » D’EGYPTE.

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Affaire des tunnels : en attendant le rapport de la Finul...

Un peu plus de Médéa AZOURI

Maman a (rarement) tort

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué