Dans l'islam, le bon Dieu a dit au prophète Mahomet : « Tu es d'une moralité sublime. » Ces mots avaient la senteur des parfums ! Je me suis rappelé ces paroles divines en suivant la visite du pape François. Il était très ému et parcourait avec tristesse le camp des migrants syriens de l'île de Lesbos...
Ces derniers ont beaucoup pleuré aux pieds mêmes du pape. Ils ont baisé ses mains et l'ont prié de les aider. Une femme a forcé les barrages de la police et s'est jetée à ses pieds en lui présentant son enfant à genoux... Le pape a dit : « Dieu a créé le genre humain pour qu'il forme une seule famille ; si un de nos frères et sœurs souffre, nous sommes tous touchés. » Il a quitté la Grèce avec, à bord de son avion, douze migrants syriens dont six enfants. Il a expliqué son geste par ces mots : « C'est une goutte d'eau dans la mer mais, après cette goutte, la mer ne sera plus jamais la même. »
Je me suis remémoré, devant ce spectacle, les paroles du poète égyptien Ahmad Chawki : « Les valeurs morales font les nations. Si ces valeurs dépérissent, les nations dépérissent à leur tour. » Dans le monde arabe, les valeurs morales ont disparu, les gens ont oublié leur religion qui n'a pas bougé pendant quatorze siècles. Ils ont oublié, avec elle, leur culture, leur civilisation, et c'est par des aboiements qu'ils communiquent entre eux. Ils ont perdu la chasteté par trois fois... Ils ont marché dans le cortège funèbre de l'esprit chevaleresque, de l'amour, de la paix, en entonnant les cantiques des croyances idéologiques et religieuses. Tous ont changé leur témoignage et nié leur lien avec la moralité... Lorsque le pape François a dit : « C'est là une goutte d'eau dans la mer, mais après cette goutte, la mer ne sera plus jamais la même », il a donné à la parole sa noblesse et affirmé que la religion est un comportement. Il a aussi restitué à celle-ci son langage « soufiste » et transformé l'amour et la foi d'un envahisseur barbare à une humble prière.
La France est fière de ses écrivains, Florence est fière de ses artistes, Jérusalem est fière de ses prophètes et de ses saints, Bassora est fière de son million de dattiers... Les chrétiens arabes, tous les Arabes honnêtes, sont, eux, fiers du saint pape François, de l'amour qu'il respire...
Il est d'une « moralité sublime ». Il ordonne de faire le bien et interdit de faire le mal « Amr bil maarouf... ». L'image du pape François entre les migrants syriens fuyant la barbarie et foulant au pied l'arabisme nous fait remémorer ces paroles du calife Ali : « Le faible est fort jusqu'à ce que je lui rétablisse son droit, et le fort est faible jusqu'à ce qu'il me restitue mon droit. »
Ce spectacle était un message qui disait au monde : « Ne vous perdez pas sur le droit chemin. Rares sont ceux qui le connaissent pour pouvoir vous aider à le retrouver. »
Les murmures des migrants semblaient dire : « Lorsque l'exil nous pèsera, nous nous soulagerons à ton souvenir. » Tous les migrants syriens ont voyagé sur les embarcations du deuil. Leurs capitaines étaient des mercenaires et leurs cheikhs des pirates. Tous ont vieilli en cherchant dans les vieux dictionnaires un paradis fleuri, un grand mensonge nommé « la patrie ».
Leur pain était trempé de peurs, de larmes apportées par l'arabisme ! Comment changer le monde arabe ? Je me suis rappelé les paroles de Nehru : « Ne tente jamais de convaincre quelqu'un de changer ses habitudes, ses idées. Le mieux que tu puisses faire, c'est que tu le convainques de réviser ses habitudes, ses idées. S'il le fait, ce sera lui qui les changera et non toi. » Je me suis aussi remémoré les paroles de Gandhi : « J'avais des convictions délirantes en religion, mais j'ai appris un jour que ma vie sera une charge que je supporterai seul si la religion ne m'aide pas à soulever quelques poids. » La religion musulmane n'a-t-elle pas besoin de réforme pour nous soulager de quelques poids de la vie et pour que l'arriération et la mécréance ne constituent pas de nouveaux fardeaux venant s'ajouter aux fardeaux de la vie ? Le spectacle du pape au milieu des dizaines de milliers de réfugiés et d'autres centaines de milliers, de millions de réfugiés syriens, confirme que la pâte humaine lorsqu'elle sort du tube qui l'enferme par la pression, aucune pression ne peut faire retourner la pâte ainsi sortie à son tube.
Il est temps d'écouter les ulémas musulmans conseiller aux musulmans de dire à leurs filles que leur amie chrétienne n'est pas une mécréante, et qu'elles ne pleurent pas par crainte qu'elle n'aille en enfer !
Il est temps que les ulémas musulmans apprennent aux musulmans que Dieu est amour et que nos enfants peuvent dialoguer avec lui et lui poser toutes les questions qu'ils souhaitent sans besoin de leurs enseignements religieux...
Il est temps de récupérer la « moralité sublime », d'en faire le chouchou de la maison arabe !
Nul des deux cents millions d'Arabes ne peut se disculper du sang des enfants syriens emmenés sur les chemins de l'exil. Ô vous, la génération des trahisons, la génération des ordures, la génération des commissions touchées, la génération de la prostitution, les preux chevaliers de la liberté et de la dignité humaine vous écraseront un jour.
Abdel Hamid EL-AHDAB
Avocat


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Ô que votre artice est splendide Maître! Il ressemble à l'hymne à l'Amour de Saint Paul! Oui vous prêchez l'amour du prochain quel qu'il soit, mieux que les hautes autorités religieuses de tous bords! Mais combien je souhaite que vous ne soyez pas en train de prêcher dans le désert... Le Saint Père est en effet un Serviteur de Dieu, donc du prochain!! Que Dieu lui prête une longue vie. Il porte bien le nom "François" et mène une vie d'imitation du Christ, si difficile pour tout être humain aussi bon chrétien soit-il!!!! Vous écrivez si bien des vérités à retenir et à enseigner à nos enfants! C'est un document à garder précieusement! Merci! Avec mes respects et mon admiration!
21 h 08, le 29 avril 2016