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Économie

L’Arabie saoudite, un nouvel acteur majeur de la finance mondiale ?

Éclairage
OLJ
26/04/2016

En créant le plus gros fonds souverain du monde, l'Arabie saoudite va devenir un acteur incontournable de la finance mondiale, même si ses objectifs restent encore mystérieux.
Pour l'heure, peu de détails sont disponibles sur ce fonds, le royaume n'ayant pas donné d'indications sur sa stratégie d'investissement. Une chose est sûre, avec 2 000 milliards de dollars, ce fonds souverain sera le plus important au monde, bien loin devant le fonds de Norvège (près de 800 milliards d'euros), ceux des pays du Golfe ou d'Asie. « Cela va clairement changer la donne puisque ce fonds s'apprête à prendre la même tournure que pour le Qatar et la Norvège qui sont deux fonds souverains qui fonctionnent très bien », estime Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque.
La chute des cours du pétrole depuis plusieurs mois a en effet mis en lumière la dépendance du pays envers le baril et la nécessité de préparer l'avenir. Comme dans la majorité des cas similaires, « l'idée est de créer un fonds pour financer une diversification de l'économie », note Jean-Louis Mourier, économiste chez le courtier Aurel BGC. De quoi avoir un impact certain sur les marchés mondiaux, même s'il est très difficile à évaluer à ce stade puisque « l'Arabie saoudite va probablement utiliser en partie des fonds issus des recettes pétrolières qui existent déjà, ce qui limitera les nouveaux investissements », selon M. Mourier.
Selon un classement arrêté à juin 2015 et établi par l'organisation SWFI (Sovereign Wealth Fund Institute), le fonds saoudien était jusqu'à présent le 4e mondial avec près de 700 milliards de dollars. Il était devancé par le fonds norvégien (1er), le fonds des Émirats arabes unis (2e) et un des fonds chinois (3e).

Penser à l'après-pétrole
Le royaume a toutefois prévenu que les actifs proviendront notamment de la vente d'une part d'Aramco, ce qui pourrait constituer un apport de quelques dizaines ou centaines de milliards de dollars d'argent frais.
« Dans un premier temps, le pays ne devrait pas être très sélectif et se tourner vers des actifs assez traditionnels, avant ensuite de prendre plus de risques en allant par exemple sur les nouvelles technologies », explique M. Dembik. Riyad pourrait donc continuer à dépenser des milliards en rachetant des actions, des obligations, de l'immobilier ou prendre des participations minoritaires dans des entreprises étrangères.
Le flou règne néanmoins sur la manière dont sont placées actuellement les énormes réserves de changes du pays, même s'il est très probable qu'il s'agisse avant tout d'actifs en dollars, comme des obligations souveraines ou des actions. « Ils ont probablement également investi sur les marchés européens et dans certaines économies émergentes », estime M. Mourier. Concernant le nouveau fonds, « les valeurs refuges devraient être privilégiées, comme les obligations américaines ou l'immobilier, ce qui est déjà le cas dans plusieurs pays européens », selon M. Dembik.
En revanche, il n'est pas dit que le pays souhaite mettre la main sur des fleurons industriels occidentaux, compte tenu des sensibilités politiques et de la protection des intérêts nationaux. Mais même une participation minoritaire peut permettre d'exercer une influence, comme le fonds du Qatar, qui est au capital de Volskswagen, EADS, Sainsbury's ou encore du magasin Harrods.
Mais au-delà de ces placements, le souhait de l'Arabie saoudite est bel et bien de penser à l'après-pétrole, ce qui ne pourra se concrétiser que par des investissements sur son sol. « Le pays a le temps de construire une économie alternative, mais il prend conscience de sa dépendance à la rente pétrolière et il est peut-être important de commencer relativement tôt », selon M. Mourier. L'Arabie saoudite pourrait alors être tentée de mettre l'accent sur le tourisme ou encore les énergies renouvelables via le solaire.
Jean-Baptiste OUBRIER/AFP

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