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Économie - Conjoncture

« L’escalade des menaces » économiques fait trembler le FMI

L'institution a une nouvelle fois abaissé ses prévisions pour la croissance mondiale en raison du ralentissement chinois, des prix des matières premières et des retombées de crises politiques.

La présidente du FMI, Christine Lagarde, lors de l’annonce des prévisions de croissance du FMI. En 2016, le produit intérieur brut du globe ne devrait plus progresser que de 3,2 %. IMF/Stephen Jaffe/AFP

Le Fonds monétaire international (FMI) a assombri hier son tableau de l'économie mondiale face à une « escalade des menaces » venant de Chine et des grands pays émergents mais également d'Europe, où un « Brexit » pourrait causer de « graves dégâts ».
Après 3,1 % en 2015, le Produit intérieur brut (PIB) du globe ne devrait plus progresser que de 3,2 % en 2016 et 3,5 % en 2017, marquant un recul respectif de 0,2 et 0,1 point par rapport à janvier, selon les nouvelles projections du FMI.
Six ans après la crise financière, « une croissance plus faible laisserait l'économie mondiale à la merci de nouveaux chocs et augmenterait les risques de récession », alerte le Fonds dans son nouveau rapport sur les perspectives de l'économie mondiale.

Transition chinoise
Une fois encore, les pays émergents concentrent les inquiétudes avec des perspectives de croissance au plus bas depuis « deux décennies », selon l'institution de Washington.
La Chine devrait bien résister cette année (6,5 % de croissance prévus) mais sa perte d'appétit pour les matières premières, couplée à la chute des cours du pétrole, se font durement sentir dans les pays qui les exportent, notamment en Afrique subsaharienne (3 % en 2016).
Le FMI prévient par ailleurs que la transition de Pékin vers une économie davantage fondée sur la consommation pourrait être « moins douce » que prévu, au risque de créer de nouvelles turbulences financières. D'autres grands pays émergents sont, eux, déjà dans le dur : le Brésil, plongé dans une grave crise politico-financière, et la Russie, frappée par les sanctions liées à l'Ukraine, devraient ainsi s'enfoncer dans la récession cette année avec des contractions prévues respectivement à - 3,8 % et - 1,8 %.
Les pays développés se portent mieux mais leur croissance s'est « ramollie » depuis la fin 2015 et l'héritage de la crise financière continue de « freiner la reprise », souligne le FMI. Les États-Unis font ainsi face à « d'importants vents contraires » liés au renchérissement du dollar et à la « chute brutale » des investissements dans le secteur énergétique, a indiqué le chef économiste du FMI, Maurice Obstfeld, lors d'une conférence de presse. Le Japon devrait, lui, tomber en récession l'année prochaine tandis que la zone euro voit ses perspectives de nouveau assombries (1,5 % en 2016) au moment où plane sur la région le spectre d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Un « Brexit » pourrait causer de graves dégâts régionaux et mondiaux, a prévenu M. Obstfeld, à deux mois et demi du référendum qui verra les Britanniques dire s'ils veulent quitter ou non l'Union européenne. Selon le Fonds, ce scénario créerait « une période prolongée d'incertitude croissante qui pourrait peser lourdement sur la confiance et l'investissement ».
D'autres risques, moins économiques, pèsent par ailleurs sur la reprise. Conflits, crise des réfugiés, changement climatique, attaques terroristes et épidémies sanitaires peuvent avoir, « sans réponse » adéquate des autorités, d'importantes retombées sur l'activité mondiale, assure le FMI. L'institution a notamment évoqué le poids de la crise des migrants en Europe, et notamment sur la Grèce qui doit faire face à l'afflux de réfugiés alors qu'elle est déjà plongée dans une grave crise économique. M. Obstfeld a estimé qu'Athènes devrait pouvoir bénéficier d'« une certaine flexibilité » et d'un « large soutien » des Européens.
Pour freiner cette tendance, il exhorte ses États membres à maintenir des politiques monétaires expansionnistes et à mener des réformes « structurelles », notamment en allégeant le coût du travail. Le sujet figurera sans aucun doute en tête de l'agenda des grandes puissances industrialisées et émergentes, qui se réunissent demain et vendredi à Washington pour un G20 Finances.

(Source : AFP)

Le Fonds monétaire international (FMI) a assombri hier son tableau de l'économie mondiale face à une « escalade des menaces » venant de Chine et des grands pays émergents mais également d'Europe, où un « Brexit » pourrait causer de « graves dégâts ».Après 3,1 % en 2015, le Produit intérieur brut (PIB) du globe ne devrait plus progresser que de 3,2 % en 2016 et 3,5 % en 2017, marquant un recul respectif de 0,2 et 0,1 point par rapport à janvier, selon les nouvelles projections du FMI.Six ans après la crise financière, « une croissance plus faible laisserait l'économie mondiale à la merci de nouveaux chocs et augmenterait les risques de récession », alerte le Fonds dans son nouveau rapport sur les perspectives de l'économie mondiale.
Transition chinoiseUne fois encore, les pays émergents concentrent...
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