Le diabète de type 2 est le plus répandu au monde. Dans cette forme de la maladie, c’est essentiellement le mode de vie malsain qui est remis en cause. Photo Bigstock
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) tire de nouveau la sonnette d'alarme et met en garde contre la prévalence sans cesse croissante du diabète dans le monde. Et pour cause, puisque le nombre de personnes souffrant de diabète a presque quadruplé dans le monde en l'espace de trente-cinq ans, passant de 108 millions en 1980 à 422 millions en 2014, selon un rapport publié récemment par l'agence onusienne à l'occasion de la Journée mondiale de la santé, célébrée le 7 avril, placée cette année sous le thème : « Se débarrasser de ses mauvaises habitudes : prévenir le diabète ».
Selon ce rapport donc, 8,5 % de la population adulte souffre de diabète, notamment de type 2. Au Liban, environ 9 à 10 % de la population en souffre, selon deux études effectuées respectivement par les Drs Kamal Hirbli et Ibrahim Salti.
Le diabète de type 2 est dû à une résistance à l'insuline. Ainsi, pour éviter une élévation du taux du glucose dans le sang, le pancréas sécrète une plus grande quantité d'insuline. Au fil des ans, il finit par s'épuiser. La quantité d'insuline qu'il sécrète devient alors insuffisante pour réguler le taux de glucose dans le sang. Cette forme de diabète est la plus répandue dans le monde, constituant près de 90 % des cas. Certes, le facteur héréditaire et l'âge jouent un rôle dans son apparition, mais c'est surtout le mode de vie malsain qui est remis en cause. En effet, l'obésité abdominale, la sédentarité, le tabagisme et la mauvaise alimentation favorisent la survenue de la maladie.
En ce qui concerne le diabète de type 1 ou insulinodépendant, il est dû à un déficit total de l'insuline sécrétée par le pancréas. Cette forme de la maladie est de nature auto-immune, c'est-à-dire que le système immunitaire, qui doit protéger l'organisme contre les corps étrangers, fabrique des anticorps qui attaquent les cellules-bêta du pancréas chargées de produire l'insuline.
Opter pour des choix sains
En 2012, le diabète a tué 1,5 million de personnes dans le monde, auxquels il faut ajouter 2,2 millions de décès causés par des maladies liées au diabète, ce qui fait un total de 3,7 millions de décès, souligne l'OMS, qui recommande le recours à une activité physique régulière et la baisse de consommation d'aliments sucrés.
Il convient de préciser à ce stade que le diabète mal contrôlé, qu'il soit de type 1 ou 2, peut entraîner une rétinopathie (atteinte de la rétine, entraînant une cécité), une néphropathie ou insuffisance rénale, des complications micro et macrovasculaires, touchant respectivement les petits vaisseaux et les gros vaisseaux de l'organisme, des maladies cérébrovasculaires et vasculaires périphériques, atteignant les vaisseaux des jambes et ceux des extrémités.
Selon les spécialistes, le diabète est bien contrôlé lorsque le Hb1Ac (une valeur qui permet de déterminer la concentration du glucose dans le sang sur les trois derniers mois) se situe entre 6 et 6,5 %, le taux du mauvais cholestérol (LDL) est inférieur à 100 mg/dl et lorsque la tension artérielle est à 130/80 mm Hg.
« Si nous voulons progresser dans les efforts visant à mettre un terme à la recrudescence du diabète, nous devons repenser notre vie quotidienne, afin d'avoir une alimentation saine, d'être actif et d'éviter la prise de poids excessive », insiste la directrice générale de l'OMS, Margaret Chan, à cette occasion.
« Les pouvoirs publics doivent veiller à ce que les populations puissent faire ces choix sains et que les systèmes de santé soient capables de diagnostiquer et de traiter les personnes diabétiques, y compris dans les milieux les plus pauvres », a-t-elle ajouté. D'après le rapport, plus de la moitié des personnes diabétiques dans le monde habitent en Asie du Sud-Est et dans la région Pacifique, où les habitudes alimentaires ont beaucoup changé ces dernières années.
Un coût « considérable »
L'étude de l'OMS dénonce « les pertes économiques considérables » liées au diabète, à la fois pour les personnes touchées par la maladie et pour les systèmes d'assurance-maladie. D'après le directeur du département des maladies non transmissibles à l'OMS, le Dr Etienne Krug, les coûts directs liés à la maladie dépassent les 827 milliards de dollars par an.
L'OMS demande à ses États membres de prêter une attention toute particulière au diabète et de mettre sur pieds des plans nationaux de lutte contre le diabète, pour permettre notamment d'avoir accès à l'insuline à un prix abordable.
L'organisation souligne « l'énorme ampleur du problème du diabète » mais aussi « la possibilité d'inverser les tendances actuelles » et demande à ses États membres de mettre sur pied des plans nationaux de lutte contre cette maladie.
Elle insiste sur la nécessité de décourager la consommation de tabac et d'aliments nocifs pour la santé car trop sucrés, comme les boissons gazeuses sucrées, et de favoriser l'exercice physique régulier.
L'OLJ/AFP


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