Culture

L’homme cessera-t-il un jour d’être un volcan ?

Exposition

La galerie Art on 56th a invité trois artistes turcs à exprimer leur vision sur cette toile infime et invisible tissée chaque jour un peu plus (ou un peu moins) entre les cultures du Moyen-Orient.

09/04/2016

C'est sous le patronage de l'ambassade de Turquie que la galerie Art on 56th invite, jusqu'au 23 avril, Pinar du Pré, Bariş Saribaş et Yigit Yazici à exprimer leurs questionnements dans « Kardeşim (frère) Beyrut ».

« La famille, il faut l'arroser comme un pot de fleurs »
Bariş Saribaş a fait très tôt ses armes dans le monde de l'art. Son parcours l'emmène à exposer à La Stux Gallery de New York, ainsi qu'à Art Basel (Miami Beach). Ses papiers sans cadre – car Bariş Saribaş n'aime pas se cantonner dans des limites – sont truffés de symboles. Son imaginaire d'enfant se mêle sans limite aucune aux sujets qui le triturent. Montgolfières, ballons, arcs-en-ciel, mais aussi avions bombardant des populations. Si les couleurs sont essentielles dans une œuvre qui a tendance à être noire, c'est l'arbre de famille, valeur qu'il faut arroser et entretenir comme une fleur rare, qui parsème également son travail. Des images ambivalentes, quoique statiques, qui s'enchevêtrent, se répètent, se succèdent dans un mouvement continu qui est celui de la vie. «L'homme est un volcan, dira-t-il. Il dissimule en lui des laves de feu qui se réveillent un jour et déboulent sur terre en faisant des ravages. »

Rafic Hariri comme Atatürk
Si Yigit Yazici est né en 1969, sa seconde naissance, qu'il considère la plus significative de sa personnalité, se situe en 1992, à l'époque où, diplômé des beaux-arts, il a l'occasion de porter sa voix très loin dans un domaine qu'il s'est fait sien : la peinture. Ses toiles s'imprègnent de couleurs et d'une joie qu'il veut partager avec les autres. En série de travaux répétitifs comme une symphonie inachevée, l'artiste martèle son message à coups de brosses et de pinceaux. Un hommage à Rafic Hariri en une déclinaison de teintes retient le regard. Pourquoi ? « Parce que j'ai tenté de suivre, à travers les médias, le parcours de ce personnage aussi charismatique et bienfaiteur pour son pays qu'Atatürk. »

Fouiller dans les tréfonds
Pinar du Pré est née en Autriche et revendique son appartenance à la « jugendstil pop art », un style nouveau, jeune, mêlant baroque et art populaire. Mais aussi à l'influence de Klimt, elle qui a fait un parcours réussi d'autodidacte. Contrairement au pop art qui met en avant tous les produits populaires en désacralisant les sujets, celui-ci se tourne vers le moi/toi et fouille dans les tréfonds d'un être pour faire surgir de nouvelles images. Des compositions très modernes, faites de différents collages, qui représentent à 90 % des femmes. « C'est ainsi que je vois ces femmes célèbres. J'essaye de les comprendre autrement. Et de dire, par ailleurs, que malgré nos divergences, nous les humains, nous nous ressemblons tous. »

* La galerie Art on 56th, Gemmayzé, rue Youssef Hoayeck, jusqu'au 23 avril.

Retour à la page "Culture"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1 / 1

Les signatures du jour

En toute liberté de Fady NOUN

Perdra-t-on le Liban sur un coup de poker ?

Bilan de Scarlett HADDAD

Pour Marine Le Pen, une visite libanaise haute en symboles, même à Dar el-Fatwa !

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon OLJ, vous devez au préalable vous identifier.