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Artistes

« Vive le roi ! » dit-on quand un roi meurt. Zaha Hadid est morte, on voudrait crier vive quelqu'un. Vive une femme, une Arabe, une musulmane, une architecte, une dauphine pour lui succéder sous les mêmes mauvais auspices. Cet alignement de quatre étoiles noires, quatre écueils, pour d'autres infranchissables, n'a pas empêché ce prodige d'apposer sa griffe sur les monuments les plus iconiques du XXIe siècle. Sa réputation de dragonne continuera à hanter ses biographes, de même que son visage taillé au burin et sa silhouette massive montée sur des jambes frêles, quasi atrophiées par les longues heures de vol et les nuits blanches à terminer un projet. Zaha Hadid ne s'est pas passionnée pour l'architecture, en son temps métier d'homme, en observant les gratte-ciel de New York ou les édifices de Paris. Frank Lloyd Wright, Le Corbusier, Gropius, Josep Lluis Sert, c'est à Bagdad, la ville de son enfance, qu'elle s'est familiarisée avec leurs œuvres. Paradoxalement, venue de Bagdad désormais en ruines, Zaha Hadid, en quarante ans de carrière, a construit dans toutes les villes du monde près d'un millier de bâtiments patrimoniaux. Mais que de combats pour en arriver là et que d'abnégation.

Sacrifiant son confort, négligeant son propre corps qui s'amplifiait à son insu, lui réclamant un peu plus de lui-même, il était presque normal qu'à la poursuite de son grand œuvre, elle ne comprenne pas le relâchement de ses assistants. C'est à ce prix seulement que revient le Pritzker à une femme, arabe et musulmane, et qu'elle est élevée à la dignité de Dame dans l'ordre de l'Empire britannique, toute arabe et musulmane qu'elle est. Un journaliste irakien déplorait, à sa mort, l'impossibilité aujourd'hui pour le monde arabe et musulman de donner naissance à une nouvelle Zaha Hadid. De plus en plus opprimées, privées d'autonomie, des millions de jeunes femmes de cette sphère si proche de nous ne peuvent même pas rêver d'une carrière. Incroyable gâchis de talents.

Sachant que les deux guerres mondiales ont conduit à une prodigieuse et massive libération des femmes qui remplaçaient au pied levé, entre usines et administration, les hommes mobilisés sur les fronts, on pouvait espérer un tel effet sur la population féminine d'un Orient arabe en plein chaos. Or, d'artistes, ce ne sont hélas pas des architectes que cet univers patriarcal et ombrageux a produits. Et en matière de « Dames », seules sont répertoriées les esclaves sexuelles de Chez Maurice. Les artistes, sous nos latitudes, ne sont souvent que de malheureuses réfugiées, naïves adolescentes grugées par des malfrats, jeunes orphelines cherchant la protection d'une figure paternelle, analphabètes ne sachant que faire de leur corps et le livrant à qui se chargerait de le nourrir et le placer sous un toit, fût-ce au prix d'épouvantables tortures. Il y aurait eu 30 femmes, de 16 à 27 ans, chez le fameux Maurice, bordel démantelé la semaine dernière. Elles subissaient jusqu'à 20 clients quotidiens et autant de caprices barbares. Gâchis d'humanité.

Un site spécialisé dans l'actualité de l'art a posté le 1er avril une nouvelle fabuleuse. Le prix Turner, attribué à l'artiste de l'année, aurait été octroyé à l'ensemble des réfugiés syriens qui ont particulièrement inspiré la production artistique de l'année 2015. Ainsi récompensés à titre collectif, les réfugiés pourraient se prévaloir du visa prioritaire Tier 1 accordé aux artistes exceptionnels. Mais c'était le 1er avril. Dommage.

 

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commentaires (4)

C'était le 1er avril bonne conclusion pour un pays qui vit chaque jour un poisson d’avril . Zaha Hadid paix pour son âme .Quelle femme audacieuse pourra devenir un jour son héritière ?

Sabbagha Antoine

11 h 51, le 07 avril 2016

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Commentaires (4)

  • C'était le 1er avril bonne conclusion pour un pays qui vit chaque jour un poisson d’avril . Zaha Hadid paix pour son âme .Quelle femme audacieuse pourra devenir un jour son héritière ?

    Sabbagha Antoine

    11 h 51, le 07 avril 2016

  • est ce la fin du monde ????????( 30 femmes de 16 a 27 ans...20 clients quotidiens ??????)Dieu de misericorde pitie pour nous !!!!!

    Soeur Yvette

    09 h 45, le 07 avril 2016

  • UN DEMENTELE... DES CENTAINES ENCORE EN OEUVRE...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    08 h 52, le 07 avril 2016

  • "Il y aurait eu 30 femmes, de 16 à 27 ans, chez le fameux Maurice, bordel démantelé la semaine dernière. Elles subissaient jusqu'à 20 clients quotidiens et autant de caprices barbares. Gâchis d'humanité." ! Mais que faisait entretemps.... Harissâh ? Elle détournait son regard, plutôt.... vers Bâäbdâh ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    03 h 38, le 07 avril 2016

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