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Amnesty accuse Ankara de renvoyer en Syrie des dizaines de réfugiés chaque jour

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"Dans leur hâte désespérée de bloquer leurs frontières, les dirigeants de l'UE ont volontairement ignoré le plus simple des faits : la Turquie n'est pas un pays sûr pour les réfugiés syriens", dénonce l'organisation.

OLJ/AFP
01/04/2016

Les autorités turques forcent illégalement des dizaines de réfugiés syriens chaque jour à retourner dans leur pays ravagé par la guerre, accuse vendredi l'organisation Amnesty International, dénonçant les effets pervers du récent accord UE-Turquie sur les migrants. Ces accusations surviennent quelques jours avant le retour en Turquie de premiers groupes de migrants qui doivent être expulsés de l'Union européenne, conformément à cet accord signé le 20 mars.

S'appuyant sur des informations recueillies dans les provinces frontalières du sud de la Turquie, l'organisation de défense des droits de l'Homme affirme que la police turque regroupe et expulse autour d'une centaine de Syriens "presque tous les jours depuis la mi-janvier".
La semaine dernière, Amnesty dit avoir collecté plusieurs témoignages indiquant des expulsions à grande échelle depuis la province frontalière de Hatay. "Par exemple, trois enfants de moins de douze ans, qui jouaient dans un parc, ont été arrêtés et renvoyés avec leur oncle, laissant derrière eux leur père et leur mère en Turquie", a illustré auprès de l'AFP Andrew Gardner, chercheur pour Amnesty à Istanbul. "En général, soit il s'agit de Syriens qui viennent tout juste de passer la frontière" ou alors de gens qui sont là depuis plus longtemps "mais qui n'ont pas pu se faire enregistrer auprès des autorités, parce que les Turcs n'enregistrent plus personne en ce moment", assure-t-il.

La Turquie, qui a accueilli 2,7 millions de réfugiés syriens depuis le début du conflit en 2011, a toujours vigoureusement démenti avoir obligé des Syriens à retourner dans leur pays, insistant sur la permanence de sa politique de la "porte ouverte". La Grèce doit commencer lundi à renvoyer vers la Turquie des migrants, y compris syriens, qui ont franchi illégalement la mer Egée pour entrer dans l'UE.
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a confirmé jeudi que conformément à l'accord UE-Turquie, un réfugié syrien sera accueilli en Europe pour chaque migrant arrivé en Grèce qui sera renvoyé en Turquie.

Mais Amnesty assure que ses informations sont la preuve que la Turquie n'est pas un "pays sûr" pour les réfugiés.
"Dans leur hâte désespérée de bloquer leurs frontières, les dirigeants de l'UE ont volontairement ignoré le plus simple des faits: la Turquie n'est pas un pays sûr pour les réfugiés syriens et devient de moins en moins sûr chaque jour", estime John Dalhuisen, le directeur d'Amnesty pour l'Europe, cité dans le communiqué.
"Les retours à large échelle de réfugiés syriens (...) soulignent les failles terribles de l'accord UE-Turquie", ajoute-t-il. Selon l'ONG, il est "fort vraisemblable" que la Turquie ait forcé le retour de milliers de Syriens vers leur pays en guerre dans les dernières sept à neuf semaines. Mais aussi que les réfugiés renvoyés de Grèce vers la Turquie risquent de subir le même sort.

 

 

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