L’univers de Dofus dans le célèbre jeu vidéo…
Implantée depuis 2001 à Roubaix, l'une des plus grandes sociétés de création numérique française (400 salariés), Ankama, attend beaucoup de son long-métrage d'animation Dofus – Livre 1 : Julith sorti en salle le mois dernier.
«Ce bébé est la consécration de plus de trois ans de travail de nos équipes pour un projet un peu fou», admet Anthony Roux, alias «Tot», qui est à l'origine de cette création de 107 minutes, particulièrement longue pour son genre.
L'histoire narre les aventures du jeune Joris, passionné de Boufbowl et de sa star exubérante Khan Karkass, qui vit paisiblement dans la cité de Bonta. Tout bascule quand la sorcière Julith décide d'y revenir avec pour objectif de tout détruire. À Joris et ses amis de tenter de sauver leur ville...
«On a voulu faire un petit Seigneur des anneaux pour enfants, mais à partir de 7-8 ans avec l'objectif de faire les montagnes russes émotionnelles en passant du rire aux larmes», explique, tout en décontraction, l'ambitieux papa de l'univers Dofus.
Transmédia
Dofus – Livre 1: Julith parachève un modèle dont Ankama fut le précurseur: touche-à-tout, le studio roubaisien doit en effet son succès à la déclinaison du jeu de tactique en ligne « massivement multijoueurs», Dofus, sur différents supports.
Outre le jeu vidéo sorti en 2004, qui compte encore 1,5 million de joueurs actifs par mois dans le monde, 375 titres de bandes dessinées et mangas vendus à plus d'un million d'exemplaires depuis 2005, Ankama s'est diversifié avec la diffusion de 52 épisodes de 26 minutes d'une série animée sur France Télévision et dans près de 150 pays d'ici à à mi-2016.
«Il existe plusieurs portes d'entrées pour l'univers: la BD, le jeu vidéo ou le film. Cela s'inscrit dans notre projet global transmédia», poursuit «Tot», le cofondateur d'Ankama. D'autant que l'intrigue du film trouvera aussi sa déclinaison sur le jeu lui-même, dès la sortie en salle.
Même si le cœur de l'activité d'Ankama reste le jeu vidéo – 70% de son chiffre d'affaires de 40 millions d'euros –, les 8 millions investis pour le long-métrage devraient lui permettre d'accéder à une autre dimension, plus grand public.
Entreprise familiale
L'essor mondial d'Ankama ne le coupe pas pour autant de son implantation locale: «Notre film est une création 100% roubaisienne! On a le sentiment de faire rayonner la ville ou au moins le quartier», s'enorgueillit M. Roux.
Installé au cœur du bassin historique de l'industrie textile française du nord laminée par la crise, Ankama fournit aussi un heureux exemple de la transformation de friches industrielles en ruches d'industries de pointe. Sur 6000 mètres carrés dans des hauts bâtiments en briques rouges, les batteries d'ordinateurs derniers cris ont pris le pas sur les rayonnages de velours de l'ancienne manufacture de tissus d'ameublement Vanoutryve, fermée en 2001.
«Nous faisons un point d'honneur à ce que tout soit fait ici pour créer notre propre studio, que notre ADN soit transmis et garder nos salariés. On reste une entreprise familiale avec une vision sur le long terme», poursuit la directrice générale adjointe, Laëtitia Jaeck.
Un «esprit de famille», calqué sur les start-up de la Silicon Valley, dont Ankama épouse codes et modes: les salariés bénéficient sur leur lieu de travail d'un cinéma, de vélos d'appartement, de tables de ping-pong et autres baby-foot...
Quant à la réussite éventuelle du film, le président d'Ankama table sur les mêmes recettes ayant fait le succès de sa société: «Ça m'emmerde de mettre 1 à 2 millions par an en publicité, c'est viscéral. Nous préférons nous appuyer sur notre importante communauté, c'est notre meilleur VRP.»
(Source : AFP)


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