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Éclairage

Quand Israël jongle avec les risques et les opportunités du chaos syrien

Des combattants syriens dans un hôpital à Safed, dans le nord d’Israël. Jalaa Marey/AFP

Malek le Syrien attend d'être rétabli pour reprendre les armes contre le président Bachar el-Assad. Pour le moment, il est soigné dans un hôpital israélien, comme d'autres rebelles, reflet de l'approche contrastée d'Israël face à la guerre chez le voisin et ennemi syrien.
Depuis cinq ans, Israël s'emploie à exploiter les opportunités tout en limitant les risques que représente le conflit syrien. Le retrait tout juste amorcé de la Russie est une nouvelle inconnue à laquelle doit s'adapter l'État hébreu, avec deux menaces primordiales à l'esprit : le Hezbollah et son parrain iranien. Les soins prodigués aux rebelles ne sont que l'un des exemples d'une politique israélienne veillant à préserver ses intérêts, par la diplomatie ou par la force, sans être aspirée dans le conflit de l'autre côté de la ligne de démarcation. Avant le début de la guerre en Syrie, « Israël, pour moi, c'était l'ennemi », dit Malek, dans cet hôpital de Safed (nord d'Israël), sa chambre gardée par quatre soldats israéliens. « Plus maintenant », ajoute-t-il, l'air plus jeune que ses 22 ans sous une barbe duveteuse. Malek se dit membre d'Ansar el-sunna, une brigade sous le commandement de l'Armée syrienne libre (ASL), un groupe armé de la rébellion modérée. Il a été opéré d'une blessure à l'estomac et attend une intervention à la jambe. Une fois guéri, « je retournerai en Syrie et je me battrai jusqu'au départ d'Assad ».
Plus de 2 000 Syriens ont été traités dans les hôpitaux israéliens depuis 2013, selon l'armée israélienne. Soupçonnée d'avoir soigné parmi ces derniers des membres des groupes État islamique (EI) et Front al-Nosra, l'armée refuse de confirmer. Soigner les blessés syriens relève du devoir humanitaire, insiste Israël.

Hostilités calibrées
Les analystes notent cependant que les rebelles combattent et affaiblissent l'armée de Bachar el-Assad et le Hezbollah, bête noire d'Israël engagé aux côtés du président syrien. « La menace représentée par l'État syrien pour Israël a disparu, et cela fait partie des bonnes nouvelles », dit Itamar Yaar, un ancien chef adjoint du Conseil de sécurité nationale.
Pour rappel, Israël et la Syrie restent officiellement en état de guerre. Israël a annexé en 1981 la partie du plateau du Golan qu'il a prise à la Syrie en 1967. La guerre civile a amené les combats au pied de la ligne de démarcation, jusqu'alors relativement calme. Empêcher d'éventuelles incursions de jihadistes combattant à portée de jumelles est une préoccupation israélienne majeure. Israël a ponctuellement frappé des positions syriennes, en représailles à des tirs de projectiles sur son territoire. Il serait aussi l'auteur de plusieurs raids qui ont tué six membres du Hezbollah ainsi qu'un général iranien en janvier 2015, ou encore Samir Kantar, une figure du Hezbollah, près de Damas en décembre. Ces raids auraient aussi visé des convois d'armes destinés au mouvement libanais.
Israël et le Hezbollah ont cependant pris soin de calibrer les actes hostiles réciproques. « Israël a décidé de suivre les recommandations du renseignement et de maintenir au plus bas niveau possible toute intervention active », dit Haim Tomer, ancien haut officier du renseignement israélien.

« Les Iraniens reviennent »
Car l'engagement du Hezbollah en Syrie représente une aubaine et une menace pour Israël, estiment les analystes. Aubaine car le Hezbollah se concentre sur la Syrie et aurait perdu des centaines d'hommes. Menace car Israël s'inquiète que ce mouvement, encore plus aguerri, ne soit constitué désormais en véritable armée et ne se procure de nouvelles armes.
L'intervention de la Russie en Syrie et à présent son retrait sont une autre épée à double tranchant. Le début des frappes russes en septembre a limité la liberté de mouvement israélienne en Syrie. En retour, Israël pouvait apprécier que la Russie supplante l'Iran, ennemi juré de l'État hébreu, sur la scène syrienne. Le retrait d'une partie du contingent russe change à nouveau la donne. Le président israélien Reuven Rivlin devait être hier le premier dirigeant étranger à rencontrer M. Poutine depuis l'annonce du retrait, avec la possibilité de sonder ses motivations obscures. Russes et Israéliens ont assuré coordonner leurs actions en Syrie depuis septembre. Mais le chef d'état-major israélien Gadi Eisenkot a dû reconnaître mardi que les Israéliens n'avaient pas vu venir le désengagement russe et cherchaient à comprendre. M. Rivlin devrait dire à M. Poutine que « le retrait russe ne doit pas enhardir l'Iran et le Hezbollah », a dit un proche du président israélien. « Les Russes s'en vont, les Iraniens reviennent », s'inquiétait de son côté hier le quotidien populaire Yediot Aharonot.

Joe DYKE/AFP


Malek le Syrien attend d'être rétabli pour reprendre les armes contre le président Bachar el-Assad. Pour le moment, il est soigné dans un hôpital israélien, comme d'autres rebelles, reflet de l'approche contrastée d'Israël face à la guerre chez le voisin et ennemi syrien.
Depuis cinq ans, Israël s'emploie à exploiter les opportunités tout en limitant les risques que...

commentaires (1)

Cet article n'est même plus un aveu de la connivence salafowahabite /usurpie , c'est une tentative de la faire admettre !

FRIK-A-FRAK

12 h 05, le 17 mars 2016

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Commentaires (1)

  • Cet article n'est même plus un aveu de la connivence salafowahabite /usurpie , c'est une tentative de la faire admettre !

    FRIK-A-FRAK

    12 h 05, le 17 mars 2016