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Liban

« Je commençais à désespérer du Liban... Mais la culture est salvatrice »

12/03/2016

Le milieu libanais de la culture était à l'honneur hier vendredi 11, grâce aux efforts de Hind Darwish. Cette femme de lettres, qui s'est vu décerner les insignes de chevalier des Arts et des Lettres au nom de la France, et que la bonne nouvelle a prise de court, a répondu aux questions de L'Orient-Le Jour.
« En novembre dernier, je reçois un appel téléphonique de la part du directeur de l'Institut français du Liban, Denis Louche, me félicitant à l'autre bout de l'appareil. C'était une surprise totale, je ne m'y attendais absolument pas. Je me demande toujours comment cela s'est produit », confie-t-elle.
M. Louche a par la suite remercié dans une missive officielle Mme Darwish pour son « engagement constant au service de la promotion de la culture au Liban » et son « action déterminée en faveur de la consolidation et du développement de la francophonie de ce pays ». Fleur Pellerin, alors ministre de la Culture, a quant à elle marqué la « contribution » et l'« engagement » de Hind Darwish au service de la culture française.
Pour cette femme de lettres, la distinction signe « la fin d'une étape et un nouveau départ : la décoration ne me met pas forcément la pression, mais je me sens aujourd'hui davantage responsable d'être toujours à la hauteur », explique-t-elle. Et de poursuivre : « Ma mise à l'honneur est tombée au bon moment, alors que je commençais à désespérer du Liban. Mais la culture est salvatrice. » Hind Darwish insiste : « Je ne suis pas partisane de l'art pour l'art. C'est ce qu'il y a derrière les mots qui me fascine. »


(Lire aussi : Une distinction bien méritée, le billet de Samir Frangié)

 

« Résistance à tout prix »
Ce n'est qu'en 2001 que la carrière professionnelle de cette mère de deux enfants, originaire de Tripoli, commence. Après s'être consacrée aux études et à sa famille, Hind Darwish, détentrice d'une maîtrise en littérature française, décroche son premier emploi en tant que responsable au sein des IVes Jeux de la francophonie qui se sont tenus il y a 15 ans au Canada. « Depuis 2001, c'est travail 24h sur 24 », confie Hind Darwish en riant.
L'experte au sein de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) participe régulièrement à l'organisation de grands colloques internationaux. Elle a également collaboré avec plusieurs ministres de la Culture au Liban, notamment Ghassan Salamé, Ghazi Aridi, Tarek Mitri, et l'actuel Premier ministre, Tammam Salam. Elle a également participé à plusieurs reprises à l'organisation du Salon du livre à Paris.
Son inspiration, elle la puise dans ses romans préférés, notamment les œuvres de Milan Kundera et Gabriel García Márquez. Elle la trouve également dans son travail avec les jeunes, dans le cadre des événements de la francophonie. « La francophonie, ce n'est pas juste le fait de parler français. C'est tout un ensemble de valeurs, de créativité, de façon de réfléchir, et j'ai vécu cela sur le terrain avec des jeunes francophones des quatre coins du monde, raconte-t-elle avec enthousiasme. Ces jeunes-là m'ont transmis une façon de penser, de travailler, de créer des liens. » Son ouverture vers la jeunesse se traduit également à travers sa relation avec ses enfants : « Parfois je me demande si c'est moi qui leur apprend des choses, ou bien eux qui m'en apprennent. »
Face à la situation morose du Liban en général, et de la culture en particulier, Hind Darwish lance un appel à la « résistance à tout prix ». « Il n'y a pas de recette magique pour améliorer la situation. Mais il est nécessaire d'identifier les menaces : il faut s'opposer à la violence, à la volonté d'unifier la culture, qui ne peut qu'être plurielle », insiste Hind Darwish. « Le danger vient de toute mentalité tyrannique qui veut imposer une pensée unique », conclut-elle.

 

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