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Syrie

Assad veut que la trêve « fonctionne » ; discussions à Genève le 9 mars

Quatre journalistes de nationalité chinoise, canadienne, bulgare et russe ont été blessés, hier, par des tirs d'artillerie à la frontière syro-turque.

Le président syrien Bachar el-Assad lors d’un entretien à la télévision publique allemande ARD hier à Damas. HO/AFP

Le président Bachar el-Assad a promis de faire en sorte que la trêve en Syrie « fonctionne », au quatrième jour d'un cessez-le-feu entre régime et rebelles qui était, contre toute attente, globalement respecté.
« Nous ferons ce qui dépend de nous pour que tout cela fonctionne », a déclaré M. Assad au sujet du cessez-le-feu, dans une interview à la télévision publique allemande ARD dont des extraits ont été publiés hier. Il a aussi proposé aux combattants de l'opposition déposant les armes « un retour à la vie civile » et « une amnistie complète ». Alors que même ses parrains russes et américains s'étaient montrés prudents sur sa viabilité, la cessation des hostilités entrée en vigueur samedi tenait toujours bon hier dans de nombreuses régions de Syrie. Aucune violation significative de la trêve entrée en vigueur vendredi dernier à minuit n'a été signalée aux autorités américaines au cours des 24 dernières heures, a annoncé, hier, le porte-parole du département d'État John Kirby, qui a ajouté que « les premiers résultats sont encourageants ».
Prévue le 7 mars à Genève, la reprise de discussions de paix intersyriennes sous l'égide de l'Onu a en outre dû être repoussée de deux jours, « pour des questions pratiques et logistiques », selon le bureau de l'émissaire onusien pour la Syrie Staffan de Mistura. Le Haut Comité des négociations (HCN), représentatif de l'opposition syrienne, n'a pas été informé du nouveau cycle de négociations censé s'ouvrir le 9 mars et juge qu'aucune discussion sérieuse ne peut avoir lieu tant que des villes seront assiégées et que les prisonniers politiques n'auront pas été libérés, selon l'un de ses membres hier.

Fermeture de la frontière
Par ailleurs, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a demandé, hier, la fermeture de la frontière turco-syrienne afin de couper les voies d'approvisionnement des « terroristes », y compris par le biais de convois humanitaires. « La résolution des problèmes humanitaires et la restauration du pays détruit par la guerre ne seront possibles que grâce au maintien d'un cessez-le-feu durable et à la mise en place d'un dialogue intersyrien sur l'avenir du pays », a-t-il estimé.
De son côté, l'influent vice-Premier ministre turc Yalçin Akdogan a critiqué hier lors d'un entretien avec l'AFP la stratégie des États-Unis en Syrie. Il les a appelés à cesser de « faire confiance à un petit groupe terroriste », en référence à la milice kurde syrienne des YPG, qui contrôle une bonne partie du Nord syrien le long de la frontière turque et qui est en première ligne des combats contre l'EI. À Washington, le chef des forces de l'Otan en Europe a lui accusé Moscou et Damas d'utiliser délibérément le flot des réfugiés fuyant la Syrie « comme une arme » pour déstabiliser l'Europe.

« La même routine »
Dans ce contexte, quatre journalistes de nationalité chinoise, canadienne, bulgare et russe ont été blessés, hier, par des tirs d'artillerie à la frontière syro-turque, rapporte l'agence de presse Ria, citant le ministère russe de la Défense. Les reporters, qui sont dans un état stable, se trouvaient dans le village de Kinsibba et les tirs provenaient notamment de Bidama, côté turc, précise-t-elle.
Si les violences de la guerre ont diminué, un retour à la normale n'est pas encore à l'ordre du jour dans de nombreuses localités. « Les gens ne peuvent vaquer tranquillement à leurs affaires. Ils sont dans la même routine car dès qu'il y a un survol d'un avion militaire, ils descendent dans les abris », a ainsi affirmé à l'AFP via Internet Hassan Abou Nouh, un militant de Talbissé. Cette localité de la province de Homs est l'une de celles censées être comprises dans l'accord de trêve, dont les mouvements jihadistes État islamique (EI) et Front al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda, sont exclus.
Profitant de l'accalmie précaire, des manifestations antirégime de quelques dizaines de personnes ont refait surface dans des localités rebelles après près de trois ans de silence dû à l'intensification des hostilités. « Daraya ne cèdera pas », lisait-on, hier, sur une bannière lors d'une manifestation dans cette ville rebelle assiégée par le régime et située au sud-ouest de Damas, selon des photos relayées par des militants. Lundi, quelques dizaines de personnes manifestant dans la partie rebelle d'Alep avaient porté une banderole sur laquelle était écrit « Le peuple veut la chute du régime », leitmotiv du printemps arabe de 2011 repris en chœur par des dizaines de milliers de Syriens au début de la révolte.

(Sources : agences)


Le président Bachar el-Assad a promis de faire en sorte que la trêve en Syrie « fonctionne », au quatrième jour d'un cessez-le-feu entre régime et rebelles qui était, contre toute attente, globalement respecté.
« Nous ferons ce qui dépend de nous pour que tout cela fonctionne », a déclaré M. Assad au sujet du cessez-le-feu, dans une interview à la télévision publique...

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