Dossier spécial orientation professionnelle

Les métiers de la santé

Infirmier, une profession très recherchée au Liban

Le nombre d'infirmiers et d'infirmières qualifiés ne suffit pas pour combler les besoins des hôpitaux libanais. La demande est particulièrement importante dans les régions éloignées. Zoom sur une profession en pénurie.

23/03/2016

Membres phares de toute équipe de soins, les infirmiers jouent également un rôle important dans la prévention des maladies. Leur mission consiste, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à « aider les individus, les familles et les groupes à déterminer et réaliser leur plein potentiel physique, mental et social ».
Leurs fonctions sont multiples : dispenser des soins médicaux courants sous les ordres d'un médecin ; participer à des diagnostics ; contrôler les aides-soignants ; surveiller l'état de santé de leurs patients... « Les infirmiers accompagnent les malades placés sous leur service dans leur hospitalisation. Comme toutes les professions liées au social et à la santé, devenir infirmier est une expérience très enrichissante », affirme Liliane, infirmière expérimentée dans un centre hospitalier à Beyrouth.

 

Difficultés et disparités salariales
L'horaire de travail des infirmiers est souvent contraignant et irrégulier. L'infirmier peut travailler de jour comme de nuit, mais également durant les week-ends et les jours fériés. Au Liban, « le ratio infirmier/patient est le plus bas de la région, ce qui fait que la charge de travail est très importante », précise Claire Ghafari Zablit, ancienne présidente de l'ordre des infirmiers et infirmières du Liban et doyenne honoraire de la faculté des sciences infirmières de l'USJ.
Si, dans les grands hôpitaux, le salaire d'entrée d'un infirmier titulaire d'une licence est de 1 000 dollars, la rémunération des infirmiers demeure « souvent en deçà de leur charge et de leurs responsabilités », poursuit Mme Zablit. Toutefois, « en général, et selon le milieu du travail, les infirmiers bénéficient d'un salaire de 13 mois, de 15 à 25 jours de vacances payées et d'une couverture de soins de santé ». Ils ont souvent droit à d'autres avantages supplémentaires, ajoute Mme Zablit, tels qu'un « bonus annuel, un soutien financier pour suivre une formation continue, des plans de repas ou des frais de logement, une indemnité pour le travail de nuit et pour les services spécialisés ».

 

Les qualités requises
Un infirmier doit être doté d'une grande résistance physique et mentale. « Il doit être capable de prendre des décisions et de travailler sous pression. Et comme il est souvent confronté à la douleur et la tristesse, il doit être capable de garder une distance émotionnelle vis-à-vis des patients », poursuit Liliane. Pour réussir dans ce domaine, il faut également faire preuve de responsabilité, de patience et d'empathie, et posséder de bonnes compétences communicationnelles.

 

Débouchés multiples
« Environ 500 infirmiers sont diplômés des universités libanaises par an. Un chiffre bien en deçà de la demande des hôpitaux », estime Mme Zablit. Les infirmiers sont très recherchés au Liban, « surtout dans les régions, et cela depuis que le phénomène d'émigration des infirmiers est devenu une triste réalité ». Les débouchés sont multiples. On peut travailler dans un hôpital, un dispensaire, une garderie, une école ou dans des institutions de long séjour. « Les infirmiers et infirmières titulaires de diplômes supérieurs sont des professeurs universitaires et travaillent dans la recherche », ajoute l'ancienne présidente de l'ordre des infirmiers et infirmières du Liban.

  

Comment devient-on infirmier

Deux voies permettent d'accéder à cette profession : la formation technique et le parcours universitaire. « Le baccalauréat ou un diplôme équivalent est un préalable aux études en sciences infirmières, qu'elles soient techniques ou universitaires », précise Claire Zablit. La formation universitaire, de trois ou de quatre ans, selon les universités, est pluridisciplinaire. Les cours couvrent des champs très variés : biologie, sciences humaines, sociologie, psychologie, communication, sciences infirmières, statistiques, droit et législation de la profession, gestion des soins et éthique...
Après la licence, plusieurs possibilités de master s'ouvrent aux diplômés. L'USJ et l'AUB dispensent par exemple un master en administration des services infirmiers. L'Université Balamand propose un master en santé publique. D'autres masters sont possibles, comme en recherche ou gestion des établissements sanitaires. L'Université antonine, quant à elle, offre en collaboration avec l'université Laval un double diplôme de master en sciences infirmières, qui vise, entre autres, à donner aux étudiants une connaissance approfondie des fondements théoriques de la pratique infirmière et renforcer leurs capacités intellectuelles d'analyse, de synthèse et de jugement critique.

 

 

 

 

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