À Washington, les responsables américains ont assuré aux parlementaires libanais que le secteur bancaire n’allait pas souffrir des sanctions visant le Hezbollah.
Au terme de la tournée américaine de la délégation parlementaire libanaise partie discuter avec l'administration de Barack Obama des récentes restrictions à l'encontre des transactions bancaires libanaises décidées en guise de sanctions contre le Hezbollah, il est apparu que la tendance est au renforcement de ces mesures, car les États-Unis considèrent désormais le Hezbollah comme étant « une organisation terroriste ».
La délégation libanaise a de son côté réussi à récolter l'adhésion de l'administration américaine quant à la nécessaire protection du secteur bancaire au Liban. Idem en ce qui concerne le soutien à l'armée et aux Forces de sécurité intérieure, car ces deux institutions constituent le fondement de sa stabilité intérieure. Pour sa part, l'administration US n'a pas caché sa déception face au revirement saoudien concernant le don destiné à l'armée libanaise. Un responsable américain a estimé dans ce contexte que la décision de geler ce don n'est pas uniquement due à la colère de Riyad – suscitée par le comportement d'une certaine partie libanaise – mais qu'elle est également à mettre sur le compte des difficultés financières que traverse actuellement le royaume notamment après la chute du prix du pétrole et le coût de la guerre menée au Yémen mais aussi en Syrie et dans la région.
Interrogé, l'assistant du sous-secrétaire d'État adjoint pour les Affaires du Proche-Orient Gerald Feirnstein a affirmé qu'il convient de dissocier « le soutien des États-Unis au Liban d'une part, et la mise en application des sanctions conformément à la loi adoptée récemment, d'autre part ». « La délégation libanaise qui a visité Washington a reçu l'assurance de l'appui de l'administration et du Congrès américain, ainsi qu'une compréhension des défis auxquels est confronté le peuple libanais à l'aune de la présence des réfugiés syriens sur son sol et de la guerre » en Syrie, a souligné M. Feirnstein.
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S'attardant sur le Hezbollah, il a déclaré qu'il existe une inquiétude perpétuelle au sein de l'administration américaine « quant au rôle que ce parti joue dans le terrorisme international et le soutien qu'il apporte aux activités terroristes de par le monde. L'administration américaine est déterminée à limiter les programmes et les projets destructeurs du Hezbollah », a ainsi confié M. Feirnstein. Et d'ajouter que son administration a clairement fait savoir à la délégation parlementaire libanaise sa « détermination à limiter la sphère d'influence du Hezbollah et ses capacités destructrices (...). Nous demeurons convaincus que ce que le Hezbollah est en train de faire en Syrie n'est pas de nature à servir l'intérêt national du Liban ».
Sur un autre plan, M. Feirnstein a également fait part de la déception de l'administration américaine face au gel du don destiné à l'armée libanaise. « Nous allons discuter avec les responsables saoudiens afin de revoir leur décision parce que tout le monde a intérêt à renforcer l'armée et les forces de sécurité libanaises », a-t-il indiqué.
De son côté, le secrétaire d'État adjoint au Trésor pour la lutte contre le financement du terrorisme, Daniel Glaser, a indiqué que la délégation parlementaire a reçu des clarifications concernant la manière dont les sanctions vont être appliquées afin de battre en brèche le financement du Hezbollah. « Distinction sera faite entre le Hezbollah et l'État libanais ainsi que son secteur bancaire », a-t-il précisé. « Ces mesures ne concerneront pas des individus innocents. Elles préserveront le système monétaire et économique du Liban que nous soutenons d'ailleurs pleinement dans toutes ses composantes confessionnelles et religieuses. Nous considérons le Hezbollah comme une organisation terroriste et nous ferons le nécessaire pour protéger notre système bancaire d'être exploité par le Hezbollah. C'est pour cela que nous devons travailler en étroite collaboration avec les autorités libanaises afin de nous assurer que le système bancaire libanais est à l'abri du Hezbollah », a-t-il aussi expliqué.
À noter que la tournée américaine des parlementaires s'est conclue par un déjeuner donné en leur honneur par la chargée d'affaires de l'ambassade du Liban, Carla Jazzar.
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17 h 16, le 29 février 2016