Les pompiers luttent contre l’incendie provoqué par l’attentat qui a visé un convoi militaire à Ankara. Ihlas News Agency/Reuters
Un attentat à la voiture piégée dirigé contre un convoi militaire a fait au moins 28 morts et 61 blessés hier soir en plein centre d'Ankara, dans un pays touché depuis plusieurs mois par la violence jihadiste et la reprise du conflit kurde. Selon le gouverneur de la capitale turque Mehmet Kiliçlar, cité par les médias locaux, cet attentat a visé un convoi de bus de l'armée près de la place Kizilay, où sont localisés de nombreux ministères, l'état-major des armées et le Parlement turc. Très puissante, la déflagration a été entendue dans une large partie de la ville et a causé un début de panique parmi ses habitants, ont constaté des journalistes de l'AFP.
L'attaque s'est produite à 18h31 heure locale et à visé « des véhicules de service qui transportaient des personnels militaires », a précisé l'état-major dans un communiqué publié sur son site Internet. « L'attaque terroriste a été déclenchée lorsque les véhicules étaient arrêtés à un feu rouge à un croisement », a ajouté le commandement. Cet attentat n'a fait l'objet d'aucune revendication immédiate.
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a immédiatement annulé la visite qu'il devait effectuer à partir d'hier soir à Bruxelles pour évoquer la crise des migrants avec les responsables de l'Union européenne (UE). Le chef du gouvernement islamo-conservateur participait hier soir à une réunion de sécurité avec le président Recep Tayyip Erdogan.
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En soirée, ce dernier a promis de riposter contre les auteurs de l'attaque. « Que l'on sache que la Turquie n'hésitera pas à recourir à tout moment, à tout endroit et en toute occasion à son droit à la légitime défense », a indiqué M. Erdogan dans un communiqué publié par son service de presse.
Les chaînes d'information turques ont montré des images d'un violent incendie qui a embrasé des véhicules militaires. De nombreuses ambulances et des véhicules de pompiers ont été dépêchés sur les lieux de l'explosion, sécurisés par un important cordon de forces de l'ordre.
Une deuxième explosion a été entendue sur place peu de temps après l'attentat, a rapporté une journaliste de l'AFP. Selon les médias locaux, elle a été provoquée par l'explosion d'un colis suspect.
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La Turquie sur le qui-vive
Le ministre turc de la Justice Bekir Bozdag a dénoncé sur son compte Twitter une « attaque terroriste », sans l'attribuer, et lancé un appel au calme. Le porte-parole du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir), Omer Celik, a lui aussi évoqué sur les réseaux sociaux un « acte terroriste ». « Mais notre détermination à combattre sera encore plus grande », a-t-il ajouté.
Cet attentat intervient alors que la tension est vive depuis plusieurs jours à la frontière turco-syrienne, où l'artillerie d'Ankara bombarde des positions tenues par les milices kurdes de Syrie, qui ont profité de l'offensive des forces du régime de Damas dans la province d'Alep, appuyées par les raids aériens russes, pour prendre le contrôle de nouveaux territoires. La Turquie accuse le Parti de l'union démocratique (PYD), représentant des Kurdes de Syrie, et les Unités de protection du peuple (YPG), ses milices, d'être des organisations « terroristes » car proches du PKK.
La Turquie est également sur le qui-vive depuis plusieurs mois à la suite d'une série d'attentats qui ont visé son territoire depuis l'été dernier, tous attribués par les autorités au groupe jihadiste de l'État islamique (EI). Le plus meurtrier, le 10 octobre dernier, avait tué 103 personnes devant la gare centrale d'Ankara alors qu'elles se rassemblaient pour participer à une manifestation pour la paix organisée par des organisations de gauche et prokurdes. Le 16 janvier dernier, un autre attentat-suicide, également attribué à l'EI par le gouvernement turc, avait visé un groupe de voyageurs allemands dans le quartier touristique de Sultanahmet à Istanbul, tuant 11 d'entre eux.
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Allâh yésstorre ces kurdes de ces Grands-Turcs, et ces Petits-russes de la revanche.... des Tchétchènes !
17 h 36, le 18 février 2016