Dossier spécial orientation professionnelle

Sciences humaines et sociales

L'archéologie, un métier pour « passionnés » curieux de tout

L'archéologue doit faire preuve d'une grande capacité d'observation et d'imagination pour faire parler les découvertes. Photo bigstock/wollertz

23/03/2016

« Il y a plus de chances pour un archéologue de trouver du travail au Liban qu'en France. » Cette affirmation encourageante sur ce métier presque oublié au pays du Cèdre vient d'une spécialiste de la matière : Janine Abdel Massih, professeur d'archéologie classique à l'Université libanaise.

L'archéologue est un spécialiste de l'étude des vestiges du passé. C'est un chercheur qui étudie les traces laissées par l'homme depuis la préhistoire jusqu'à l'époque contemporaine. Ses découvertes permettront de mieux comprendre les modes de vie des sociétés du passé.
Pour faire ce métier, il faut essentiellement « être passionné » par l'archéologie, explique Janine Abdel Massih. Il faut en outre avoir la curiosité de tout : de l'histoire, de l'humanité, de la culture... Pour ce faire, le candidat à cette profession doit avoir l'envie d'apprendre, de découvrir.
Il doit faire preuve également d'une grande capacité d'observation et d'imagination pour faire parler les découvertes. Autres qualités requises : la rigueur, la patience et le sens de la communication.
Ce métier requiert des connaissances à la fois théoriques, en histoire de l'art, et pratiques, lors de la supervision d'un chantier de fouilles archéologiques ou de recherches en laboratoire.
En outre, les recherches accomplies par l'archéologue touchent à tous les domaines de la vie, de l'architecture, de l'urbanisme, jusqu'aux modes de vie, la nourriture, l'agriculture, etc.

 

Un métier pluridisciplinaire
D'ailleurs, ce métier est de plus en plus pluridisciplinaire. Il englobe des matières littéraires (comme l'histoire évidemment), mais aussi et surtout des sujets scientifiques. « C'est une science exacte, qui comprend des études de physique, de chimie, de botanique, de géographie, etc. » explique Janine Abdel Massih.
Néanmoins, l'inconvénient majeur de ce métier, explique-t-elle, est « la contrainte de la recherche, ce n'est pas du business ». En effet, il n'y a pas un revenu pécuniaire important pour l'archéologue.
Un archéologue peut travailler aujourd'hui dans un musée, à l'université ou la Direction générale des antiquités (DGA). Toutefois, l'État est assez lent pour recruter, mais les possibilités et les opportunités sont là !
Autre débouché d'actualité : le freelance. Il s'agit d'un travail ponctuel sur un site ponctuel qu'on appelle fouille de sauvetage urbain. Dans ces cas, l'archéologue sera un contractuel de l'État ou d'une entreprise privée.
En gros, c'est donc dans l'enseignement et la recherche qu'un archéologue peut exercer son métier.
Comment travaille-t-il ? Il s'agit avant tout d'un travail de terrain parfois dur, sous un soleil ardent, dans la boue ou la poussière. En effet, l'archéologue acquiert l'essentiel de sa documentation à travers les travaux de fouille. Dans ce contexte, il doit aimer et maîtriser l'activité manuelle, et ne pas avoir peur de manier différents outils selon la nature des fouilles : du pinceau à la pelle mécanique.
La deuxième étape est d'interpréter les traces du passé qu'il a découvertes avec son équipe sur le chantier. C'est principalement un travail de laboratoire. Les indices trouvés sont regroupés pour élaborer des hypothèses et rédiger un rapport final des opérations effectuées. Il doit ainsi utiliser des logiciels de modélisation et de simulation pour étayer ses hypothèses.
La troisième étape consiste à diffuser les résultats de ses recherches par le biais de publications, de conférences et d'expositions. Pour ce faire, l'archéologue a besoin d'un esprit de synthèse poussé.

 

Les études

Pour étudier l'archéologie au Liban, il y a principalement deux établissements universitaires qui proposent un cursus complet, allant de la licence au doctorat. Il s'agit de l'Université libanaise (UL) et de l'Université américaine de Beyrouth (AUB).
Sinon, d'autres universités comme l'Usek et l'USJ proposent des études d'histoire, dont l'une des branches ou des spécialisations est l'archéologie (master de muséologie, par exemple).

 

 

 

 

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