«Un an après les attentats, toujours les mêmes débats, les mêmes divisions!» La formule est lapidaire mais sonne juste. Elle est de Cynthia Fleury, professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Paris, qui faisait le point sur la situation en France, un an après les attaques contre Charlie Hebdo, et ce dans un entretien avec le quotidien économique Les Échos. Elle a pointé plusieurs risques et menaces qui pèsent sur la France. L'absence de recul et de sérénité. La ghettoïsation des territoires. L'absence d'alternatives politiques capables de traduire le mécontentement généralisé, etc. « Le niveau d'exacerbation de l'opinion publique (en France) qui témoigne d'une société française totalement divisée est surréaliste », a-t-elle déclaré.
Un an après Charlie, et pratiquement deux mois après les attaques du 13 novembre, la France tarde en effet à sortir du registre compassionnel et commémoratif. Cette dimension est certes nécessaire pour le deuil et la cicatrisation des blessures. Elle devient cependant néfaste et problématique si elle s'installe sur la durée en entravant le nécessaire diagnostic de fond sur les causes et les failles qui fragilisent la société française et mettent en panne notre pacte républicain. Ce sont ces fragilités systémiques qui font que la France est aujourd'hui, en dépit de la vitalité de ses multiples atouts, un « maillon faible », exposé à toutes les dérives sécuritaires et les formes d'instrumentalisation.
Dans les fragilités françaises symptomatiques du malaise français, il y a en premier lieu la question de l'unité nationale face aux enjeux du terrorisme et de la guerre déclarée. Au lendemain de chacune des attaques de 2015, cette unité a flotté comme un esprit de rassemblement au-dessus de toutes les familles politiques mais s'est estompée rapidement par la suite, laissant la place aux divisions politiques habituelles.
Puis, au moment où la France a le plus besoin en raison des menaces qui pèsent sur elle d'une coalition nationale inédite qui transcende les parties, aucun dispositif politique de pérennisation de l'unité nationale en temps de guerre n'a été exploré ni tenté, au-delà du vote quasi unanime de l'état d'urgence et du discours de Versailles.
Par ailleurs, la société politique française semble autiste par rapport aux messages que lui répètent plusieurs grandes voix expérimentées de la droite et de la gauche, telles que Dominique de Villepin, Hubert Védrine ou Jean-Pierre Chevènement, et continue à cultiver ses frontalités politiques habituelles comme si de rien n'était. Et pourtant, ces voix qui analysent avec recul, expérience et pertinence, les causes et les enjeux du mal français dans le contexte géopolitique global du monde multipolaire d'aujourd'hui, appellent de leurs vœux la mise en place d'une toute autre politique européenne et moyen-orientale dont ils développent les contours et caractéristiques.
Le débat actuel à propos de la déchéance de nationalité pour les binationaux en France (censée apportée entre autre, une réponse au terrorisme convictionnel et kamikazien) n'est-il pas aussi une illustration de cet autisme politique ainsi qu'une diversion (volontaire ou involontaire) qui empêchent le débat de fond sur les véritables enjeux? Certains considèrent que cette mesure n'a d'intérêt que pour focaliser les mécontentements des français. Pour le moment, elle focalise inutilement le débat sans pour autant apporter une quelconque efficacité contre le terrorisme djihadiste, convictionnel et kamikazien. Cette mesure qu'un président de gauche a piqué à la droite (et qui ne fait point l'unanimité ni à droite ni à gauche) n'est-elle pas ouvertement contestée par la ministre française de la Justice, Christiane Taubira, qu'elle juge complètement inefficace ?
De même, la lecture des résultats des élections régionales de décembre dernier n'est-elle pas aussi symptomatique de la fragilité croissante du système politique français? Ces résultats ont montré en effet la mesure de l'impasse politique du système et de ses ambivalences meurtrières, tant à droite qu'à gauche. Une géopolitique à somme nulle semble s'installer dans le paysage politique qui empêche l'émergement de majorités écrasantes capable de gouverner seule sans coalition composée. Une nouvelle fracture qui embrouille encore davantage la lecture politique en France. Certains considèrent qu'il y a là une tentative pour une nouvelle recomposition de la majorité présidentielle en vue de 2017 similaire à la technique d'ouverture utilisée par le président Nicolas Sarkozy au début de son mandat en 2007. Quoi qu'il en soit, les deux camps sont arrivés en fin de course essoufflés politiquement, se neutralisant réciproquement. Même l'enthousiasme du Front national semble être entamé, lui qui a raflé les voix du premier tour sans pour autant gagner aucune présidence de région au second. Peut-être aussi a-t-il compris la limite de son action politique à savoir, celle d'être une force vers laquelle converge le vote contestataire mais pas le vote d'adhésion.
Symptomatique aussi des fragilités françaises, nous trouvons les ambivalences qui continuent à secouer, un coup à gauche et un coup à droite, la laïcité à la française, en dépit des évolutions positives accumulées tout au long du XXe siècle. Dans ce contexte, la une du dernier numéro de Charlie Hebdo, qui représente Dieu sous une forme de représentation judéo-chrétienne, surmontée du titre « Un an après, l'assassin court toujours », qui a été vivement critiquée par le Vatican, a mis de l'huile sur le feu et a ravivé la flamme du débat sur la laïcité. Il y a ceux qui sont pour une laïcité radicale anticléricale excluant le religieux de l'espace public et le pointant comme l'ennemi numéro un de la société et ceux qui sont pour une laïcité positive intégrant le fait religieux dans l'espace public dans le respect de l'ordre républicain. Interrogé par La Croix au perron de l'Élysée à la sortie de la cérémonie des vœux du président de la République aux autorités religieuses le 6 janvier dernier, le cardinal de Paris André Vingt-Trois, s'est refusé à tout commentaire à ce sujet, en ajoutant : « Je ne vois pas pourquoi je réagirais à quelque chose qui est fait pour provoquer. »
Il est évident en conclusion, que plusieurs ambivalences continuent à faire un travail de sape de fond au sein de la société française, fragilisée par les dynamiques galopantes de communautarisation qui ont supplanté les dynamiques d'intégration et qui mettent en échec le logiciel du pacte républicain. Sans une rétrospection critique d'ensemble, la France, cette nation pluriséculaire avec laquelle le monde entier a vibré en raison des valeurs universelles dont elle est dépositaire, serait condamnée à continuer à « réagir » aux évènements au moment où, plus que jamais, elle doit renouer avec ce qui constitue le propre du politique d'influence, à savoir la capacité d'anticipation et d'initiative.
Alors est-ce « l'état d'urgence » qu'il nous faut, notamment avec sa composante sécuritaire qui est nécessaire, ou bien L'urgence d'un État fort, selon le titre du livre que vient de publier aux éditions JC Lattès, l'ancien Premier ministre Alain Juppé, un des candidats à la primaire de la droite pour la candidature à l'élection présidentielle de 2017 ?
Maître Carol SABA
Paris


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Le "Logique" parle de vérités qui se comprennent d'elles-mêmes, d’emblée. Dans sa "pure" naïveté, il invente une, "d'emblée" absolu et 1 populaire immuable ! La vérité vraie, "d'emblée" elle se comprend d'elle- même. Sa polémique est la polémique contre les vérités qui, somme toute, "se comprennent d'elles-mêmes, d’emblée" ! Cette "vérité" a, pour lui, perdu son sel. Devenue fade ainsi comme de l'eau croupie. Voilà pourquoi le "Logique" prouve tout ce qui se comprend tout seul, ainsi que bien des trucs qui ont la chance d'être insensées et ne se comprendront jamais ! Mais, il considère que se comprend tout seul ce qui requiert une logique. Why ? Parce que dans la réalité mahééék, il va de soi qu'elles ne se comprennent pas d'elles-mêmes. Du fait que la vérité est 1 sujet éthéré, séparé du peuple n’est-ce pas, elle ne s'adresse pas aux "gens réels", mais au tréfonds de la logique. Pour que ce "bon peuple" fasse d'elle 1 real expérience, elle ne s'attaque pas à lui préservé dans quelque monde de la logique, mais "se faufile" dans son monde idéalisé. Le "Logique" veut bien rendre au "peuple cette justice qu'il a été touché simply jusqu'ici à sa façon, i.e. niaisement, par les vérités que l'histoire a eu la bonté de mettre "en plein" sur le tapis ; mais celle- ci prophétise que la situation de ce "peuple" par rapport à l’avenir va changer du tout au tout. Et le sens caché de cette "prophétie" ne tardera pas à devenir "lumineux", enfin, pour lui le "Logique". N’châllâh !
07 h 41, le 25 janvier 2016