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Lifestyle - La Mode

Défilés milanais, le meilleur du vestiaire masculin 2016/2017

C'est hier, le 19 janvier, que s'est clôturée la Semaine milanaise de la mode masculine. Après Londres où défilaient les collections homme du printemps-été 2016, c'est le vestiaire de l'hiver prochain que donnait à voir la capitale italienne de la mode. Aujourd'hui même, Paris reprend le témoin pour quelques jours.

Zegna.

Après les extravagances expérimentales de Londres, la mode masculine s'est montrée un peu plus raisonnable à Milan où les grandes maisons ont accompagné le besoin de détente mais aussi de luxe et de rêve de l'homme contemporain, soumis à des cycles de travail et un environnement de plus en plus stressants.

 

Les plus classiques : Zegna et Bottega Veneta
Bottega Veneta: avec une collection dédiée à la «silhouette», Tomas Maier, le directeur artistique de Bottega Veneta, qui fête son 50e anniversaire cette année, a créé une ligne «très élancée». D'où de longs manteaux en laine bouillie, des pulls à col haut en cachemire et des pantalons droits, parfois en cuir, parfois dans un mélange de coton et de moleskine, qui tombent jusqu'aux talons. Les modèles portent des écharpes en laine qui touchent presque terre, de fines cravates et de hauts chapeaux. Peu de couleurs, si ce n'est un vert militaire sombre, beaucoup de noir, et du tissu écossais, souvent. «C'est une collection très calme, très sûre d'elle. L'homme sait ce qu'il fait. Il n'y a pas de piège, nulle ostentation», confie Tomas Maier.
Zegna: la tendance est au « classique », revendique Stefano Pilati, le designer d'Ermenegildo Zegna. Avec des couleurs sombres, utilisant toutes les teintes du noir et du gris, du moiré au mordoré, la collection se veut «sophistiquée», «dominée par l'audace». Les costumes se portent trois pièces, avec de fines cravates, des écharpes en soie, et les pantalons à pinces découvrent de délicates chevilles. En fil conducteur du défilé, de mystérieux chiffres, sur des pin's, au revers des vestons, en brassards aux manches, sur les chapeaux. Avec comme toujours un grand souci du détail, du tissu travaillé à la main en Italie, avec force jacquard et patchwork.


Les plus déstructurés : Marni et Prada
Prada: Miuccia Prada, très applaudie à la fin de son défilé, a réussi une belle collection inventive et audacieuse, où le sens du détail fait mouche. Coiffés de sortes de chapeau de marin, tendant vers la calotte, vêtus de complets gris dont les chemises blanches sont déstructurées, col, boutonnage et pans compris. Les accessoires sont à l'honneur avec de vrais sacs à main pour homme, portés dans le dos, lanière en travers du torse.
Marni: dessinée par la très discrète Consuelo Castiglioni, la collection hivernale de Marni, maison milanaise fondée en 1994, se veut délibérément plus «intime», dans un souci d'«aisance du mouvement », tournée vers le confort, pour une «silhouette douce et élégante», teintée de romantisme. D'où des coupes amples, des manteaux larges, des pantalons taille haute et resserrés aux chevilles, des blouses en mode sur-chemises et de gros tennis ultraconfortables.

 

Les plus « show » : Gucci et Dolce & Gabbana
Dolce & Gabbana: dans une énième «déclaration d'amour à l'Italie et à sa culture», le duo formé par Domenico Dolce et Stefano Gabbana a choisi cette fois de s'inspirer des westerns spaghetti de Sergio Leone, au son de la mythique bande-son de Pour une poignée de dollars composée par Ennio Morricone, nominé aux oscars pour sa BO des Huit Salopards de Quentin Tarantino. Le podium est jonché de graviers et planté de cactus. Sur des costumes toujours impeccablement coupés, sur les chemises blanches et les pantalons slims: des broderies de cactus, de Sancho Pança moustachu tenant un lasso, de revolvers, de diligences et de roses. Les pantalons sombres sont ornés de surpiqûres blanches, et, aux pieds, des sneakers mais aussi de gros chaussons fourrés. Pour les stylistes, qui réfutent toute idée de cliché, «ce qui compte, c'est toujours de raconter une histoire, de présenter des vêtements qui ont une âme, qui réchauffent le cœur».
Gucci: relativement libérée des diktats commerciaux, ayant récemment enregistré d'excellents résultats, Gucci exprime cette détente à travers une collection jubilatoire. Le directeur artistique des lignes homme de la marque, Alessandro Michele, a recouvert de boiseries, moquette rouge et ameublement «grand hôtel» les anciens entrepôts de gare où il se plaît à présenter ses collections. Le public était ainsi invité à un voyage en fantaisie. Sans abandonner les best-sellers des saisons précédentes, il introduit par petites touches de nouvelles créations et accessoires. L'hiver prochain, parallèlement aux incontournables basiques, les plus audacieux trouveront chez Gucci manteaux de brocard et costumes tapisserie, joggings en velours et blousons de satin brodés. La chemise de soie à lavallière poursuit sa carrière de must-have, au même titre que les mules mocassins fourrées. À noter, l'arrivée d'une nouvelle collection de mocassins à clous dorés et de bonnets de laine à pampilles et/ou oreilles de nounours.

 

Le plus « choc » : Moncler Gamme Bleu
Un seul et même imprimé court sur toute la collection du spécialiste de la doudoune en plumes: un camouflage bleu, blanc, rouge. Partant de cette inspiration, le directeur artistique Thom Browne joue à fond l'esprit paramilitaire, voire terroriste, allant jusqu'à encagouler ses modèles et les enfermer, en un finale spectaculaire, dans un grand cube de verre qui n'était pas sans rappeler les sinistres cages de Daech. Une présentation que la presse française en particulier, traumatisée par les événements de Paris, n'a pas trouvée du meilleur goût.

(Avec agences)

 

 

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