Rechercher
Rechercher

À La Une - Turquie

Le cœur touristique d'Istanbul frappé par un attentat attribué à l'EI

L'attaque, perpétrée dans le quartier de Sultanahmet, près de Sainte-Sophie et de la Mosquée bleue, a fait 10 morts dont 9 Allemands.

Le cœur touristique d'Istanbul a été frappé mardi par un attentat suicide attribué par le gouvernement turc au groupe État islamique. AFP / BULENT KILIC

Le cœur touristique d'Istanbul a été frappé mardi par un attentat suicide qui a fait 10 morts, dont au moins 8 Allemands, et 15 blessés, dernière en date d'une série d'attaques meurtrières attribuées par le gouvernement turc au groupe Etat islamique (EI).

L'attentat s'est produit en milieu de matinée dans le quartier de Sultanahmet, sur l'ancien hippodrome qui borde Sainte-Sophie et la Mosquée bleue, les deux monuments les plus visités de la plus grande ville du pays.

Trois mois après celle qui avait fait 103 morts lors d'une manifestation prokurde à Ankara, cette nouvelle attaque a visé délibérément des étrangers et le tourisme, l'un des secteurs clé de l'économie turque.
"Nous avons déterminé que l'auteur de cette attaque terroriste (...) est un étranger membre de Daech (acronyme arabe de l'EI)", a affirmé le Premier ministre Ahmet Davutoglu lors d'une brève déclaration télévisée à Ankara.
Le président Recep Tayyip Erdogan avait auparavant déclaré que l'attentat avait été commis par "une personne d'origine syrienne", sans autre détail.

Longtemps soupçonné de complaisance envers les rebelles radicaux syriens, le régime islamo-conservateur turc a rejoint l'été dernier la coalition antijihadiste internationale. Depuis octobre, il a multiplié les arrestations de membres présumés de l'EI, affirmant plusieurs fois avoir déjoué d'autres projets d'attentats. Mardi, la police a encore arrêté 47 suspects à Ankara, Sanliurfa (sud-est) et Mersin (est), selon les médias, sans lien immédiat avec les événements d'Istanbul.

 




"Acte odieux"
A l'issue d'une réunion d'urgence autour de M. Davutoglu, le porte-parole du gouvernement Numan Kurtulmus a indiqué que le kamikaze avait été identifié comme un Syrien né en 1988, sans toutefois donner son nom. Selon l'agence de presse Dogan citant des sources policières, cet homme s'appelait Nabil Faldi et était né en Arabie saoudite. Il est entré en Turquie le 5 janvier par la frontière syrienne, a précisé l'agence.

Près de deux mois après les attentats de Paris, le président français François Hollande a dénoncé un acte "odieux" et exprimé sa "solidarité" avec Ankara, alors que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné un "crime méprisable".

Les premières photos prises sur place montraient plusieurs corps démembrés couchés sur le sol pavé de cette grande esplanade, traversée chaque année par des millions de touristes venus du monde entier.
"Toutes les victimes sont de nationalité étrangère", a indiqué M. Davutoglu.

Un responsable gouvernemental turc a évoqué dans un premier temps le chiffre de 9 touristes allemands tués mais le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a fait état en soirée de 8 victimes de son pays. Un Péruvien a également été tué, a confirmé Lima.
Le bilan dressé par le bureau du gouverneur d'Istanbul a également fait état de 15 blessés. Deux d'entre eux se trouvent dans un état grave, a précisé M. Kurtulmus. Parmi eux figure un citoyen norvégien, selon Oslo.

Berlin a recommandé "avec insistance" aux Allemands d'éviter "provisoirement" les lieux publics et les "attractions touristiques" à Istanbul, alors que Paris a conseillé de son côté à ses ressortissants d'éviter le secteur de l'attentat.

 

(Repère : La vieille ville, haut lieu du tourisme à Istanbul)



"Le sol a tremblé"
Sitôt après l'explosion, de nombreux témoins ont évoqué le scénario d'un attentat suicide.
"L'explosion a été si forte que le sol a tremblé", a indiqué une touriste, Caroline, "c'est vraiment effrayant". "J'ai entendu une très forte explosion, et puis de nombreux cris. Et puis j'ai vu une boule de feu et je me suis enfui", a raconté un autre témoin à l'AFP.

La Turquie vit en état d'alerte permanent depuis le double attentat suicide jihadiste qui a visé un rassemblement de manifestants prokurdes le 10 octobre devant la gare centrale d'Ankara, faisant 103 morts et plus de 500 blessés.
"Le mode opératoire, un kamikaze, et la cible, un groupe de touristes, suggèrent un attentat jihadiste", a commenté mardi à l'AFP un diplomate occidental. "Si c'est le cas, c'est le signe que Daech a décidé de s'en prendre directement à l'Etat turc", a-t-il ajouté, "jusque-là, ses cibles en Turquie étaient les Kurdes".


(Reportage : "J'ai toujours considéré qu'Istanbul était un endroit sûr. J'ai l'impression qu'il n'en existe plus")



La Turquie est également secouée depuis l'été dernier par la reprise de combats meurtriers entre ses forces de sécurité et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont fait voler en éclat un cessez-le-feu qui tenait depuis plus de deux ans.
Les rebelles kurdes visent en priorité militaires et policiers mais le 23 décembre dernier, une organisation armée kurde, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), a revendiqué une attaque au mortier qui a tué une personne sur l'aéroport Sabiha Gökçen, sur la rive asiatique d'Istanbul.

M. Erdogan a promis à plusieurs reprises d'éradiquer le PKK.
"La fermeté de la Turquie n'a pas changé", a déclaré mardi l'homme fort du pays. "La Turquie est la première cible de toutes les organisations terroristes actives dans la région parce qu'elle les combat toutes avec la même détermination", a insisté M. Erdogan.

 

Lire aussi

Le labyrinthe syrien de la Turquie

La Turquie résolue à fermer son "autoroute du jihad"

Fâchée avec ses voisins, la Turquie regarde du côté d'Israël

En Turquie, l'offensive militaire contre les villes kurdes fait monter les tensions politiques


Le cœur touristique d'Istanbul a été frappé mardi par un attentat suicide qui a fait 10 morts, dont au moins 8 Allemands, et 15 blessés, dernière en date d'une série d'attaques meurtrières attribuées par le gouvernement turc au groupe Etat islamique (EI).L'attentat s'est produit en milieu de matinée dans le quartier de Sultanahmet, sur l'ancien hippodrome qui borde Sainte-Sophie et la...

commentaires (5)

Oui, bon, d'origine syrienne" ok ! Mais, Kurde ou Noussaïrî ?

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

15 h 55, le 12 janvier 2016

Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • Oui, bon, d'origine syrienne" ok ! Mais, Kurde ou Noussaïrî ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    15 h 55, le 12 janvier 2016

  • Boomerang sur la gueule de quelqu'un qui croyait faire du mal à Bashar en soutenant les bactéries que lui envoyaient et l'occicon et les salafowahabites !!!

    FRIK-A-FRAK

    15 h 12, le 12 janvier 2016

  • QUAND ON PLONGE SA MAIN DANS LES GUÊPIERS...

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 33, le 12 janvier 2016

  • Le vizir Erdogan , résidu intello , issu de l'empire Ottoman disparu ..va encore osé dire , que c'est l'oeuvre des syriens , des kurdes, des irakiens , des russes ,des Yazidis, des iraniens ...où des cypriotes...?

    M.V.

    14 h 15, le 12 janvier 2016

  • Malheureusement la Turquie paye le prix des ses interventions avec les terroristes de Syrie . Triste .

    Sabbagha Antoine

    13 h 00, le 12 janvier 2016

Retour en haut