X

Le Liban en 2015

« Le Liban doit conquérir de nouveaux marchés touristiques »

Malgré une hausse de la fréquentation l'année dernière, le président du syndicat des établissements touristiques, Jean Beyrouthi, livre à « L'Orient-Le Jour » un bilan en demi-teinte pour le secteur.

05/01/2016

Quel bilan général pouvez-vous établir de l'année 2015 au niveau du secteur touristique ?

En 2015, le nombre de touristes a sensiblement augmenté par rapport à 2014 (avec une hausse de 14,13 % à 1,39 million de personnes sur les onze premiers mois de 2015 par rapport à la même période en 2014 selon le ministère du Tourisme, NDLR). Mais si l'année avait globalement bien commencé, la crise des déchets a totalement interrompu la saison touristique. Le centre-ville est aujourd'hui dans une situation économique difficile, et de nombreux restaurants et bars ont dû fermer leurs portes.
2015 est, en outre, encore loin de pouvoir concurrencer l'année 2010, lorsque le secteur touristique avait généré un revenu de 8 milliards de dollars, contre 4 milliards en 2015. À cette période, quelque 70 000 touristes jordaniens s'étaient rendus au Liban via l'aéroport de Beyrouth, tandis que les quelque 220 000 Jordaniens qui venaient au Liban par voie terrestre ne peuvent plus le faire depuis la guerre en Syrie. Nous demandons donc à l'État de subventionner les billets d'avion en provenance de Jordanie, d'Égypte et d'Irak pour permettre d'abaisser le prix du billet d'avion à 100 dollars, contre environ 270 aujourd'hui. Le prix du billet incluant 115 dollars de taxes, nous avons donc rencontré le ministre du Tourisme, Michel Pharaon, et le Premier ministre, Tammam Salam, pour demander qu'ils soient exemptés de taxes et permettre ainsi de créer de nouvelles occasions pour ceux qui souhaitent se rendre au Liban.


La situation touristique étant largement tributaire de la situation politico-sécuritaire de la région, quelles sont les retombées de la crise sur ce marché ?

La guerre en Syrie a largement affecté l'activité touristique au Liban. Nous avons perdu nos « touristes culturels » européens, qui se rendaient en Jordanie, en Syrie et au Liban pour des pèlerinages religieux. Nous avons également perdu nos touristes du Golfe et les touristes qui se rendaient au Liban par voie terrestre. Le Liban doit donc conquérir de nouveaux marchés pour compenser les pertes de touristes liées à la crise politico-sécuritaire, avec notamment les touristes irakiens, jordaniens et égyptiens. La question de la sécurité pour les touristes est cruciale. Or, de plus en plus de pays demandent à leurs ressortissants d'éviter de se rendre au Liban alors que la situation reste pourtant, d'un point de vue sécuritaire, l'une des meilleures du Moyen-Orient.

Cette année, le tourisme rural s'est largement développé, quelles autres stratégies peuvent être mises en place pour redynamiser le secteur ?

Le tourisme rural peut aider les régions à créer de la richesse, à développer leur commerce, et le Liban possède un fort potentiel à ce niveau-là. Mais ce type de tourisme reste par définition assez limité. Si le Liban n'attire pas de touristes étrangers, les complexes hôteliers et les grands restaurants seront les premiers à en pâtir. Or, dans ce contexte politique, il reste difficile de lancer de nouveaux projets de fond. Le ministre du Tourisme a financé environ 110 programmes touristiques cet été – festivals ou projets de tourisme rural – et travaille sur le projet de la route des Phéniciens en partenariat avec l'Organisation mondiale du tourisme pour développer un nouveau marché, ou encore sur un projet de tourisme de la diaspora. Ces projets pourraient relancer le secteur, mais leur succès reste lié à l'évolution de la situation politico-sécuritaire du Liban et de la région.

À la une

Retour au dossier "Le Liban en 2015"

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué