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"J'ai crié 'Viens Daech, viens nous tuer'. Mais personne n'est venu"

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Des familles irakiennes risquent tout pour fuir l'Etat islamique à Hawijah.

OLJ/AFP
11/01/2016

Des centaines de familles fuient la faim et la loi des jihadistes dans la ville irakienne de Hawijah et ses environs, ont rapporté dimanche des témoins et des responsables. Beaucoup sont morts en tentant de rejoindre les forces de sécurité irakiennes, qui se sont rapprochées de la ville après une avancée contre le groupe Etat islamique (EI).

"Ces familles ont marché pendant deux jours ou plus à travers les montagnes de Hamrin", a indiqué à l'AFP le colonel Fattah al-Khafaji, le chef de la police en charge de la région de Hawijah. L'officier s'exprimait près de Al-Fatha, où les forces de sécurité affirment prendre en charge les familles ayant fui leurs villages contrôlés par les jihadistes.

Oum Ahmed, une mère de 31 ans, a perdu son mari et l'un de ses cinq enfants sur la route. "Nous avons fui l'injustice de Daech", a-t-elle déclaré. "Nous étions presque morts, nous n'avions presque plus de nourriture et très peu d'essence". Cette femme au regard exténué, portant plusieurs couches de vêtements pour se protéger du froid, raconte qu'une bombe a explosé sur le bord de la route alors qu'elle marchait, avec sa famille, vers davantage de liberté. "(L'explosion) a tué mon mari et notre enfant, qu'il portait sur ses épaules", raconte-t-elle. "Après l'explosion, j'ai crié depuis le sommet d'une colline: +Viens Daech (acronyme arabe de l'EI), viens nous tuer+. Mais personne n'est venu", dit-elle, expliquant avoir porté le corps de son fils tout au long du trajet, mais avoir du abandonner celui de son mari.


(Pour mémoire : En Irak, 25 combattants progouvernementaux tués en déjouant une offensive de l'EI)


Hawijah, à environ 220 km au nord de Bagdad, est l'un des bastions des jihadistes mais l'étau se resserre sur cette localité, encerclée par les peshmergas kurdes, les forces fédérales et des tribus locales.
La plupart des civils secourus se rendent à Al-Alam, une ville au nord de Tikrit, sur la rive est du Tigre, qui est devenue l'un des principaux noyaux de la province de Salaheddine.
"Nous avons reçu environ 2.200 familles au cours des deux derniers mois", a indiqué le maire de la localité, Laith Hamid al-Jobouri.

Selon des témoins et des responsables, les familles doivent payer environ 400 dollars par personne pour pouvoir quitter la ville. Les hommes et les adolescents n'y sont pas autorisés et sont pris pour cible s'ils tentent de s'échapper. "L'EI a aussi demandé que tous ceux âgés de 12 ans rejoignent leurs rangs pour combattre", a indiqué un résident de Hawijah, sous couvert d'anonymat par crainte des représailles.

 

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PAUVRES GENS... ILS DOIVENT MAUDIR L'IRAN ET SES ACOLYTES RESPONSABLES DE LA NAISSANCE... PAR RÉACTION À LEURS ACTIONS ET CELLES DE LEURS ACCESSOIRES... DE CES BARBARES... D'Où LA SIGNATURE PAR L'IRAQ DES DECISIONS DE LA LIGUE ARABE...

ACQUIS À QUI

La pauvre , elle ne sait pas que les bactéries ne viennent pas quand on les appelle , mais seulement quand on les envoie .

Seule la main qui les a fabriqué peut les éradiquer .

On sait tous qui sont ils !!!

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