Dans l'attente des traditionnelles sorcières et autres marabouts grincheux qui astiquent leurs boules de cristal pour prédire aux Libanais à quelle sauce ils seront mangés en 2016, voici venu le temps des cassandres climatiques, grands pourvoyeurs d'apocalypses à chaque frémissement du thermomètre.
La survenue des perturbations atmosphériques, pense-t-on, contribuera à faire oublier les âneries proférées sur la scène politique. Ballepeau ! D'autres âneries sont aussitôt débitées sous couvert d'expertise scientifique. Ainsi, la « tempête Vladimir » qu'on nous avait annoncée la semaine dernière au son des trompettes alarmistes et avec force coups de cymbales est partie en quenouilles, donnant lieu à un communiqué piteux sur la pluie-pluie qui pissoie.
Si seulement il pouvait se trouver quelqu'un pour expliquer aux planqués qui pantouflent dans les stations météo que les tempêtes, contrairement aux cyclones, typhons et ouragans, ne portent pas de nom, qu'on ne peut pas les affubler à tout va et n'importe comment d'appellations puisées dans des patronymes du terroir, façon « Alexa », « Zeina » ou autres « Tante Afifé », et que ces sobriquets ridicules sont déjà regroupés dans un nom plus commun qu'on appelle « l'hiver ». Petit rappel à l'adresse des ploucs qui croient vivre des événements diaboliques : nous sommes en janvier...
Finira-t-on jamais de cette vieille manie catastrophiste, prédisant des cataclysmes aussitôt transformés en pets de lapins ? Des secousses sismiques pires qu'à Kobe au Japon en 1995, voire San Francisco en 1906, aussitôt dégonflées en tremblettes parkinsoniennes dérisoires à Beyrouth ou au Liban-Sud ? Et comme si le réchauffement climatique ne suffisait pas à nous échauffer les oreilles, faut aussi se taper le trou de la couche d'ozone que certains médias locaux ont positionné juste au-dessus du Liban...
Lorsqu'avec le printemps s'estompera ce fatras neurasthénique, il nous restera encore heureusement en réserve quelques calamités pires que ce bon vieux « Vladimir » : les élucubrations des jihadistes à Ersal, les fanfaronnades de Mohammad Raad et les mirages ratés d'une présidentielle inaccessible.
C'est ce qui s'appelle abrutir une population et transformer le pays en Jurassic Park politico-climato-sismique. Calcifié dans l'espace, le temps et la médiocrité.
gabynasr@lorientlejour.com
Vladimir, reviens !
OLJ / Par Gaby NASR, le 08 janvier 2016 à 00h00


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Merci beaucoup Monsieur Nasr pour cet édito. Nous aurions besoin de davantage d'hommes comme vous. Pourquoi ne vous présentez-vous pas à la présidence de notre cher pays? Samia Bakkar Sinno
21 h 02, le 08 janvier 2016