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Nos lecteurs ont la parole - Salim F. Dahdah

Quand l’Onu porte délibérément atteinte à la souveraineté nationale...

Alors que la Société des nations n'était qu'un espace de dialogue, où les diplomates pouvaient se rencontrer pour établir des consensus, l'Onu peut, avec le Conseil de sécurité, prendre des décisions concrètes pour maintenir ou rétablir la paix. En vertu de sa charte précisée dans l'article 1, elle s'efforce d'être un lieu où se construit un avenir meilleur pour tous les êtres humains, et cela à travers quatre objectifs : maintenir la paix et la sécurité dans le monde ;
développer les relations amicales entre les nations ; réaliser la coopération internationale sur tous les sujets où elle peut être utile et en encourageant le respect des droits de l'homme, et être un centre où s'harmonisent les efforts des nations dans des objectifs communs.
Le Liban, sorti d'une guerre qui avait duré pendant plus de trois décades, en a été un de ses champs d'expérience significatif. Mais ce petit pays, qui avait été largement fragilisé par une guerre destructrice et une tutelle non moins impitoyable, a dû quelques années plus tard recevoir sur son territoire, depuis le début de la guerre en Syrie, un nombre de réfugiés représentant 25 % de sa propre population, ce qui a augmenté sensiblement tous les risques de sa déstabilisation interne.
Plus grave encore et au moment où le Conseil de sécurité sort enfin de son attentisme et décide de mettre en place un plan visant à ramener la paix en Syrie, il adopte, en ce qui concerne les réfugiés syriens, un texte laxiste et quelque peu inexplicable, pour ne pas dire inquiétant et dangereux pour la sécurité et l'équilibre économique des pays hôtes, dont le Liban. Est-ce que le Conseil, en adoptant pareil texte, ne faillit pas à ses objectifs fondamentaux ? Beaucoup de points d'interrogations se posent en effet quant à la capacité des Nations unies d'agir de façon équilibrée au sein de ses propres institutions, face aux intérêts des grands décideurs internationaux et régionaux. Il s'agit donc de savoir dans le cas susmentionné, si le texte en question ne cherche pas à préparer un simple transfert de population au sein d'une nouvelle régionalisation de la Syrie ? Ou encore imposer au Liban une nouvelle population émanant d'une partie des réfugiés qui s'y étaient installés, du fait de la guerre dans leur pays d'origine, y créant consciemment ou inconsciemment une nouvelle équation démographique et géographique interne ? Si tel est le cas, le Liban ne le supporterait pas et son entité en serait fatalement atteinte, son statut unique du vivre ensemble, de laboratoire des religions et des cultures risqueraient de se diluer et de s'effondrer.
C'est pourquoi le Liban, après avoir rejeté l'adoption du texte en question, a, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, adressé de nouveau officiellement une lettre au secrétaire général des Nations unies pour protester contre lesdites modalités du retour des réfugiés dans leur pays d'origine, qui au lieu de les inviter à le rejoindre inconditionnellement une fois la guerre terminée, leur a donné le choix de rester sur les territoires des pays hôtes : aberration ou préméditation ? Décidément le régime en place en Syrie aura été depuis quarante ans la cause permanente de tous les maux directs ou collatéraux qui ont secoué le Liban. Mais pour le compte de qui agit-il ? Puisqu'en dehors des profits financiers substantiels qu'il y a réalisés, les conséquences géostratégiques obtenues sur le terrain s'inscrivent dans le cadre d'un nouveau tracé régional en voie d'exécution dans tout l'Orient et dont il est un des principaux exécutants !
Le plus affligeant dans cette situation, c'est la décrépitude de la quasi-totalité de notre classe politique qui, au lieu de s'investir entièrement et unanimement pour défendre notre souveraineté nationale et être au labour pour obtenir des garanties internationales des NU quant au départ obligé des réfugiés syriens du sol national une fois terminés la guerre civile et les affrontements en Syrie, continue à s'embourber dans ses querelles de clocher, et en quête inlassablement d'intérêts personnels politiques et financiers. Pis encore, elle confirme chaque jour encore plus son incapacité à gérer n'importe quel dossier de la vie quotidienne des citoyens. La crise des déchets est un exemple parmi bien d'autres qui illustre cette déliquescence totale.
Face à ce vide effrayant, que peut-on encore attendre de cette République où la corruption, l'ignorance et l'allégeance à des puissances étrangères gangrènent le tissu social et politique... ?
Il faut espérer que le grand coup de balai qui semble être en passe d'être entrepris par un groupement émanant d'une société civile assoiffée de changement, de justice, de transparence, d'égalité et de stabilité, réussisse dans son entreprise. Il a en effet pour objectif d'engager dès le début de la nouvelle année, à travers un ensemble de tables rondes, un dialogue ouvert avec et entre tous les corps institutionnels et professionnels organisés, afin d'aboutir à l'élaboration d'une vision nationale civile d'avenir. Il agira ensuite pour transformer les résultats obtenus en documents compatibles avec les données essentielles de l'entité libanaise. Libre, indépendant et souverain, ce document veillera à respecter un développement harmonieux, équilibré et innovant au niveau des structures de gouvernance, avec à la clé une invitation populaire à se mobiliser pour la paix civile et pour obtenir la seule véritable garantie de succès de cette démarche, à savoir, un statut international de neutralité permanente du Liban.

Alors que la Société des nations n'était qu'un espace de dialogue, où les diplomates pouvaient se rencontrer pour établir des consensus, l'Onu peut, avec le Conseil de sécurité, prendre des décisions concrètes pour maintenir ou rétablir la paix. En vertu de sa charte précisée dans l'article 1, elle s'efforce d'être un lieu où se construit un avenir meilleur pour tous les êtres humains, et cela à travers quatre objectifs : maintenir la paix et la sécurité dans le monde ;développer les relations amicales entre les nations ; réaliser la coopération internationale sur tous les sujets où elle peut être utile et en encourageant le respect des droits de l'homme, et être un centre où s'harmonisent les efforts des nations dans des objectifs communs.Le Liban, sorti d'une guerre qui avait duré pendant plus de trois...
commentaires (1)

Vous avez exprimé notre pensée. Nous en avons marre de tous les prétendants. Ceux qui ont fait notre passe (pas très heureux) ne peuvent pas faire notre avenir. Nous voulons voir de nouvelles têtes, au moins nous pourrons espérer.

Achkar Antoinette

10 h 29, le 30 décembre 2015

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Commentaires (1)

  • Vous avez exprimé notre pensée. Nous en avons marre de tous les prétendants. Ceux qui ont fait notre passe (pas très heureux) ne peuvent pas faire notre avenir. Nous voulons voir de nouvelles têtes, au moins nous pourrons espérer.

    Achkar Antoinette

    10 h 29, le 30 décembre 2015

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