Les déchets s’accumulent de jour en jour dans et aux abords de la capitale. Mohammad Azakir/Reuters
Des sources proches du Premier ministre Tammam Salam ont affirmé hier à L'Orient-Le Jour que le dossier de gestion de la crise des déchets a parcouru un bon chemin et qu'il est sur le point d'aboutir à une fin heureuse. Mais cette même source a tenu toutefois à clarifier que l'étude visant à la gestion de la crise, confiée à un comité ministériel formé du ministre de l'Agriculture, Akram Chehayeb, du ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, et du ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, n'est pas complètement achevée pour autant et qu'elle avait besoin de quelques réunions encore avant d'être finalisée. Une fois terminée, elle sera étudiée en Conseil des ministres où, encore une fois, des séries de concertations seront nécessaires avant d'accoucher d'une décision finale...
Une source proche du ministre Chehayeb a néanmoins affirmé à L'OLJ que le mécanisme de faisabilité du projet était déjà achevé et qu'il ne manquait plus que l'aval du Conseil des ministres avant de commencer à exporter les ordures. Mais comment et vers où exactement seront-elles exportées, et combien cela coûterait-il au pays ?
À ces questions, aucune source proche du dossier ne semble prête à répondre pour le moment, même pas pour contredire une rumeur selon laquelle notre fameuse marchandise pourrie serait probablement offerte à la Syrie, moyennant un prix avantageux qui nous aidera à nous en débarrasser et qui redressera légèrement les finances du pays voisin noyé dans sa crise.
En attendant, force est de constater, encore et encore, que même si différents spécialistes dans le domaine de l'écologie, de l'environnement et du secteur industriel ont proposé plusieurs alternatives afin de régler cette crise des déchets, les responsables continuent d'adopter la politique de l'autruche en dénigrant systématiquement toutes les propositions avancées, et même des solutions adoptées par des pays européens qui ne demandent pas mieux que d'acheter nos déchets, une importante source d'énergie pour eux. Surtout que ces spécialistes et des collectifs de la société civile, sévèrement critiqués par le gouvernement, ont décrié pendant plusieurs semaines l'impuissance de l'État face à un dossier qui a besoin d'être définitivement réglé, et non pas d'une solution d'urgence qui ne répond en rien aux vrais problèmes sur le long terme.
(Lire aussi : Aux saboteurs de la République... Afin que le dossier des déchets ne tombe pas dans l’oubli)
Pluies, incinérations, rongeurs...
Plus de trois mois déjà que les ordures s'amoncellent dans les rues et qu'elles sont éparpillées partout en un paysage désolant, mais auquel les Libanais semble s'être habitués maintenant. À chaque pluie, les maladies infectieuses et les microbes se propagent, sans oublier la prolifération d'insectes et de rats. Les municipalités et les citoyens ont recours à des compagnies privées pour déplacer leurs ordures de devant leur portes et les jeter loin des regards. Mais rien ne disparaît, il suffit de regarder un peu à droite et à gauche, sous les ponts et dans les vallées, pour découvrir l'ampleur de la catastrophe écologique dans laquelle a été plongé le pays.
Et encore plus dangereux que l'amoncellement des ordures est l'incinération en plein air des monticules de déchets dans plusieurs régions libanaises, où aucune issue n'a pu être trouvée, alors que les habitants submergés par l'ampleur de la crise préfèrent encore inhaler des particules cancérigènes au lieu de côtoyer les rongeurs.
Les responsables n'apprendront probablement jamais à éviter une crise quelle qu'elle soit en adoptant des mesures en amont, mais préféreront réagir toujours après coup afin de soutirer des bénéfices politiques et financiers, peu soucieux des répercussions sur la société qui est davantage dégoûtée par leur attitude corrompue et laxiste que par l'odeur nauséabonde des sacs d'ordures.
Actuellement, c'est le dossier de la présidentielle qui attire l'attention des Libanais, de leurs élus politiques et des médias, au détriment d'une affaire qui ne supporte plus l'ajournement, sécurité sanitaire oblige, et qui a été reléguée à tort au second plan.
Pour mémoire
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Repère
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Une source proche du ministre...


Que le citoyen libanais de n'importe quel âge, apprenne d'abord ses obligations, parmi lesquelles le recyclage des déchets à partir de son domicile...! Et puis que le peuble libanais se réveille avant que les mêmes erreurs irréversibles se reproduisent, en choisissant d'autres députés pour le représenter. Les gens inhumains, sans foi ni loi, dont la plupart mènent le Liban au plus bas niveau de vie jamais atteint en presque un siècle, ne devraient jamais plus occuper des postes dans le secteur public. Ces gens-là devraient même avoir honte de paraître en public...
14 h 18, le 12 décembre 2015