Quand les premières pousses du genre humain naquirent et fleurirent, et quand ces premiers bourgeons furent conscients qu'un bourgeon avait besoin de racines pour survivre, qu'une seule main n'applaudit jamais seule, c'est là, à ce moment même, que cette société de pousses vit le jour, grâce à son union et à sa solidarité.
Mais quand justice et égalité sont les objectifs les plus désirés, quand tolérance et antifanatisme sont les vertus de la perfection voulue, c'est là où cette société de bourgeons peut être qualifiée de civilisée.
Un jardin de tulipes rouges, de bleuets, d'œillets blancs ou d'orchidées oranges serait certes délicieux à voir, mais un jardin mêlant toutes les fleurs, toutes les couleurs serait sans doute admirablement exquis. Il serait grand temps, archigrand temps (XXIe siècle) d'abolir toute forme d'intolérance, d'inégalité et de fanatisme. Il s'avère d'ailleurs inacceptable et honteux qu'une société parle d'égalité quand elle ne connaît même pas la justice, et qu'elle parle de solidarité quand tous ses citoyens sont divisés ou certains d'entre eux discriminés et harcelés à cause de leur religion, de leurs points de vue ou même de leur sexe.
Toute cette introduction pour raconter un acte de violence inacceptable : une femme ne peut toujours pas donner sa nationalité à ses enfants. Question aussi bien politique qu'économique, dites-vous, pour justifier votre refus. Mais quelle est cette excuse en guise de défense, et qui permet de légaliser les violences contre la femme, les abus et les viols ?
Comment osez-vous parler de justice dans ces cas-là ? Comment osez-vous parler d'égalité quand vos femmes sanglotent ? Si vous acceptez ces faits,vous ne méritez que de vivre dans la jungle et pas dans une société civilisée.
J'ai été témoin de cette violence et j'en ai honte. Dans la rue, une femme désespérée qui courait pour fuir un forcené qui la pourchassait en lui donnant des coups de pieds et de poings, même à terre, hurlant d'effroi et de douleur.
J'ai senti chaque coup comme si je les recevais moi-même dans mon corps. Aucun des passants n'a pris la peine de se porter au secours de la malheureuse. Est-ce possible autant de de lâcheté et d'indifférence ?
Est-ce là la preuve de la virilité masculine ?
Honte à nous de ne pas réagir collectivement, de ne pas dire « plus jamais ça ! »
et de ne pas obliger les responsables à légiférer pour mettre un terme définitif à ces inégalité d'un autre âge.
Nos lecteurs ont la parole - Sarah Baydoun
Un sursaut pour qu’enfin la femme devienne l’égale de l’homme
OLJ / le 04 décembre 2015 à 00h00


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