Rechercher
Rechercher

Rayons cosmiques

Je suis Paris, je suis Beyrouth, je fus Charlie, je suis une tour et sa jumelle, je suis le chien Diesel, je suis chaque pays, chaque ville, chaque quartier, chaque musée, chaque lieu de culte, chaque particule de chaque victime emportée par le terrorisme de grande ampleur qui tétanise ce siècle depuis le 11 septembre 2001. Je suis le reste du monde, sidéré par la violence gratuite que lui infligent des quidams venus d'une autre époque, se réclamant d'un islam inconnu des Écritures. Que me veulent-ils, à moi Paris, à moi chien, à moi Beyrouth ? Mais rien. Rien de personnel. Ils veulent un territoire illimité pour rassembler les adeptes de leur secte. Et de l'argent, beaucoup. Des ressources, énormément. Des esclaves. De la drogue pour créer des zombies ceinturés d'explosifs et les envoyer viander, en faisant des bulles, l'humanité pècheresse. À ces pauvres hères on affirme que le monde touche à sa fin, que de toute façon la mort est proche, qu'il ne sert à rien de vieillir tant que l'on peut, avec le peu qu'on a, ce corps, complaire à un dieu cannibale en éliminant ceux qui se refusent à lui. Ils ne me veulent rien. Ils m'en veulent. De les empêcher de m'empêcher de vivre. Allez comprendre.

De la tragédie de New York à celle de Paris, d'el-Qaëda à Daech, Isis, EI, ce que c'est, on a l'impression de vivre les cauchemars imaginés dans les années 40 par les scénaristes des Marvel Comics. Un tyran égotiste et monstrueux veut détruire la planète. Il est en général entouré d'une armée de petits êtres décérébrés et malfaisants. À chacun de ses mauvais coups, retentit en lettres capitales son rire sardonique. Mais un superhéros, doté de superpouvoirs généralement acquis par irradiation cosmique accidentelle, se révèle sous l'uniforme d'un fonctionnaire ordinaire. Dormez tranquilles, braves gens, Superman, Spiderman, Batman, Flash Gordon, Human Torch sont là pour détruire les forces du mal. Le lendemain, la vie continue, banale. Si l'on a inventé les superhéros, c'est bien parce qu'il s'est trouvé, à toutes les époques, un malade impatient de pulvériser ses semblables pour affirmer sa puissance et sa supériorité. Rien à voir avec la religion.

Bon, les superhéros n'existent pas. Les héros ordinaires sont, en revanche, ce que les catastrophes produisent de plus bouleversant. Comme Adel Termos, de Bourj el-Brajneh, ils ne se doutent même pas qu'ils l'auront, ce rayon cosmique, cette force-là, à ce moment-là. Ils n'ont pas d'ailes, pas de masque, pas de cape, pas d'arme secrète, rien que les vêtements ordinaires qu'ils ont enfilés le matin pour aller travailler. Ils croient sauver des vies, ils sauvent des âmes et la foi en l'humanité.

Les lendemains de tragédie sont des lendemains de fête inversés. Le soufre et le sang sont de sinistres cotillons. La mort, surtout quand elle est sale, gratuite, collective, réveille en chaque survivant une excessive envie de vivre. Passé le goût de cendre, on voudrait prendre le monde entier dans ses bras. Le moindre rayon de soleil a valeur d'éternité. On ne compte plus, on donne, on se donne, on s'adonne, on rompt, on s'attache. Le monde resurgit comme à son premier matin. Et ni la mort ni les tueurs n'y peuvent rien.

Je suis Paris, je suis Beyrouth, je fus Charlie, je suis une tour et sa jumelle, je suis le chien Diesel, je suis chaque pays, chaque ville, chaque quartier, chaque musée, chaque lieu de culte, chaque particule de chaque victime emportée par le terrorisme de grande ampleur qui tétanise ce siècle depuis le 11 septembre 2001. Je suis le reste du monde, sidéré par la violence gratuite que lui infligent des quidams venus d'une autre époque, se réclamant d'un islam inconnu des Écritures. Que me veulent-ils, à moi Paris, à moi chien, à moi Beyrouth ? Mais rien. Rien de personnel. Ils veulent un territoire illimité pour rassembler les adeptes de leur secte. Et de l'argent, beaucoup. Des ressources, énormément. Des esclaves. De la drogue pour créer des zombies ceinturés d'explosifs et les envoyer viander, en faisant des bulles,...
commentaires (7)

"Les lendemains de tragédie sont des lendemains de fête inversés. Le soufre et le sang sont de sinistres cotillons." J'aime beaucoup.

SALEM Gérard

20 h 51, le 19 novembre 2015

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (7)

  • "Les lendemains de tragédie sont des lendemains de fête inversés. Le soufre et le sang sont de sinistres cotillons." J'aime beaucoup.

    SALEM Gérard

    20 h 51, le 19 novembre 2015

  • Les termes que vous employez chère Mme Fifi, sont d'une sobriété admirable, mais débordants en même temps d'une dure expression qui montre combien la réalité est triste, douloureuse surtout pour les gens qui s'inclinent devant la mort. Cette mort tragique, bouleversante! À mon humble avis, les "malades" qui nous gouvernent feraient mieux de se pencher sur l'éducation et l'instruction des sociétés laissées pour compte, partout dans le Monde. Des populations entières par millions souffrent de malnutrition, de pauvreté extrême sous le regard indifférent des gouvernants qui ont perdu leur conscience. Ils sont occupés par leurs sales ambitions matérielles et leur politique satanique. S'occuper d'irradiquer la faim et donc supprimer la misère, est le seul moyen d'éviter que les enfants malheureux d'aujourd'hui, deviennent de futurs criminel!!!

    Zaarour Beatriz

    17 h 38, le 19 novembre 2015

  • Même pour les peuples civilisés et modernes, cette lutte essentielle contre le fond borné de ce statu quo sectaire "fertile" ne peut pas ne pas présenter d'intérêt. Le statisme si fanatique de ce "croissant fertile" est en effet le parachèvement ouvert d’un vieux système sectaire, et cet ancien système est la tare cachée de la société moderne. La lutte contre ce présent intégriste et sectaire, c'est la lutte contre le passé arriéré de ces peuples modernes ; en sus que les réminiscences de ce sale passé ne cessent de les importuner ! Il est instructif, pour ces peuples développés et modernes de voir cet ancien système si intégriste qui a, chez eux, connu la Tragédie, jouer encore ici dans ce "fertile croissant" la Comédie comme un revenant ou un zo(m)bie. Ce funeste néfaste système sectaire chez les peuples modernes eut une histoire tragique, tant qu'il ne fut que le pouvoir préexistant du monde et La Liberté 1 simple incidence personnelle ; en un mot, tant qu'il croyait et devait croire lui-même à son droit, l’infect ! Tant que ce vieux système archaïque et retors luttait, comme ordre réel du monde contre 1 autre monde naissant dorénavant inévitablement éclairé et dominant, il y avait de son côté une erreur really Historique mais pas d'erreur personnelle. That's why sa mort fut tragique et elle le sera, d’office, ici aussi. Ceci n’est ni un Rêve, ni une Utopie ! Et on n’aura + besoin de dire encore ce n’challâh si pathétique, au sein de Notre Magnifique Croissant Fertile.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 13, le 19 novembre 2015

  • Superbe! Fifi, chaque fois que tu ecris je ne peux dire que "superbe"!c'est toujours tellement parfait!

    Michele Aoun

    12 h 36, le 19 novembre 2015

  • LES FILMS HOLLYWOODIENS ET LES PC GAMES... LARGEMENT RÉPANDUS... FURENT L'ÉCOLAGE ET L'INSPIRATION DES FANATIQUES DE TOUTES SORTES... LA NAISSANCE DES ORGANISATIONS TERRORISTES EN PREMIER EXEMPLE... L'ATTENTAT DE N.Y. EN SECOND EXEMPLE... ETC... ETC... ETC...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 20, le 19 novembre 2015

  • Quelle triste vérité.Il faudrait des consciences bien lucides se préoccupants du retour à l'essentiel dépourvues de prévention et de vanité. Avoir la sagesse d'en tirer une leçon sans encore "gaspiller". Faut il en arriver encore plus loin pour se réveiller???

    Cecile Noshie

    08 h 28, le 19 novembre 2015

  • Ces islamistes hallucinés "se réclamant d'un islam inconnu des Ecritures". En êtes-vous sûre, Madame ? Veuillez voir sur Youtube certaines vidéos du présentateur de TV égyptien, Ibrahim Issa. Il y montre que "Daech justifie par un texte du "fiqh" et des "foqahats" chaque barbarie qu'elle commet".

    Halim Abou Chacra

    06 h 23, le 19 novembre 2015

Retour en haut