Photo de groupe. Les participants au « Byblos Lab ».
Alors que le monde traverse l'une des époques les plus développées de son histoire, le Liban essaie toujours de surmonter ces mêmes impasses qui le suivent depuis le temps de nos grands-parents et qui constituent désormais une partie de son profil. Pendant que les États-Unis découvrent que de l'eau salée stagne sur la surface de la planète Mars, les rues de Beyrouth se noient dans les déchets, les habitants souffrent toujours de manques à tous les niveaux et se retrouvent privés de certains services primordiaux. Tandis que la vaste majorité de ces obstacles semblent être devenus insurmontables, il reste quand même quelques-uns, dont le grave problème du transport public, auxquels on peut remédier.
Il suffit de faire une petite balade en ville pour constater que le secteur du transport public libanais est inefficace, voire complètement absent dans certaines régions. Outre le manque de lignes fixes et d'organisations horaires, le transport en commun au Liban est aussi souvent dangereux, mettant en péril la sécurité des passagers.
Ayant noté la gravité de cette situation, l'Organisation de développement durable (ODDD) et 100RC (100 villes résilientes) — un réseau international et indépendant dédié à aider des villes partout au monde à devenir résilientes face aux défis physiques, sociaux et économiques — ont décidé de mettre en place, en collaboration avec la municipalité de Byblos, la National Coalition for Sustainable Transportation (NCST) et l'Unesco GAP, un plan pour établir un système de transport urbain fiable et efficace. Dans la lignée de ce projet, initié il y a environ dix mois, un séminaire de trois jours, intitulé Byblos Lab, a été organisé fin octobre à la LAU Byblos. Son objectif ? Insister sur l'importance de la relation complexe qui existe entre l'efficacité, l'utilité et la durabilité du transport non seulement dans la ville de Byblos, mais aussi sur le plan international. Au cours du Lab, les organisateurs ont également tenu à sensibiliser les étudiants afin de les rendre plus conscients de l'utilité du transport durable, et d'autant plus impliqués dans son implémentation.
Pour répondre à l'objectif de ce Lab, huit villes ont été sélectionnées, réparties entre deux catégories principales, les villes à grande échelle : Boston (EU), Beyrouth (Liban), Curitiba (Brésil) et Amman (Jordanie), et les villes à petite échelle : Udine (Italie), Nicosie (Chypre), Sousse (Tunisie) et Byblos (Liban). Le but de cette sélection consiste à favoriser l'échange d'idées, ainsi que la présentation de certains modèles par les grandes villes, qui pourraient servir de référence aux villes en cours de développement.
Étude extensive du terrain
Le premier jour de ce séminaire a été consacré à un nombre de présentations animées respectivement par un représentant de chacune des villes mentionnées, faisant le point sur l'état actuel du secteur en cause et présentant les avantages ainsi que les limitations rencontrées.
Au cours des deuxième et troisième jours, des tables rondes ont été organisées, permettant aux étudiants participants de discuter avec les experts afin de pouvoir mettre en pratique les théories présentées la veille. Les participants ont alors tenté de créer des projets qui tiennent compte des besoins des citoyens, ainsi que du potentiel de chaque ville étudiée, de façon à implanter progressivement un système de transport durable, stratégique et accessible à tous.
Pour doter le projet d'une facette concrète et matérielle, les organisateurs ont fait circuler un bus, pendant toute la durée du séminaire, dans les rues de Byblos, selon un horaire bien précis, s'arrêtant à des points spécifiques et prédéfinis, et présentant ainsi un prototype de ce qui va suivre. Le choix de ces arrêts est loin d'être le fruit du hasard, c'est à partir d'une étude extensive du terrain qu'il a été fait. Un questionnaire a été distribué aux habitants de la ville de Byblos, et c'est ainsi que les heures de pointes et les endroits les plus fréquentés ont pu être déterminés.
De l'avis des participants, des intervenants et des personnes concernées, ce séminaire fut une réussite. Les organisateurs considèrent d'en faire un événement annuel, encourageant ainsi les villes à accélérer le processus d'implémentation du changement.
« Le changement commence par soi-même, d'où l'intérêt du déroulement de ce Lab à l'université, ciblant directement les jeunes esprits, piliers de la société du futur », affirme Élyesh, fondateur et directeur de l'ODDD. Le jeune homme espère étendre le spectre de ces projets aux écoles afin de sensibiliser les élèves sur l'importance des transports en commun et cela en dépit de l'absence d'un système de transport public fiable et efficace au Liban.


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