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« Le Liban compte l’une des présences onusiennes les plus larges au monde », souligne le directeur du Pnud

Le Liban était présent à la création des Nations unies, il y a 70 ans. Aujourd'hui, le pays compte sur son territoire environ 2 500 fonctionnaires onusiens et plus de 10 000 Casques bleus. Dans un entretien avec « L'Orient-Le Jour », Luca Renda, le directeur du Pnud au Liban, s'est penché sur les défis divers qui restent à relever.

Luca Renda, directeur du Pnud au Liban.

Il y a 70 ans, le monde sortait de la Seconde Guerre mondiale et c'est à San Francisco, le 24 octobre 1945, que 51 pays, dont le Liban qui était une toute jeune république, ont approuvé la Charte des Nations unies, une institution qui devait remplacer la Société des nations qui avait failli à sa tâche. À la tête de la délégation libanaise figurait Charles Malek, qui avait participé à la rédaction de la Charte et qui a joué un rôle-clé ensuite dans l'élaboration de la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée en 1948.

Aujourd'hui, avec ses crises successives et ses frontières instables, le Liban compte environ 2 500 civils travaillant au sein de diverses agences onusiennes sur son territoire et plus de 10 000 Casques bleus. Il abrite 25 agences et institutions de l'Onu.
« Ce soixante-dixième anniversaire constitue une bonne opportunité pour établir le bilan des réalisations onusiennes et aller de l'avant pour relever les défis », indique Luca Renda, le directeur du Pnud au Liban, dans un entretien avec L'Orient-Le Jour.
« L'Onu est née dans l'espoir de bâtir un monde meilleur, souligne-t-il. L'organisation a commencé par reconnaître les droits de l'homme comme étant un héritage intrinsèque de tout être humain. Elle lutte contre la faim, l'analphabétisme et les maladies, et œuvre pour le développement des peuples. En 1945, le monde comptait un peu plus de deux milliards d'habitants ; aujourd'hui, nous avons dépassé les sept milliards, mais le monde aujourd'hui est bien meilleur qu'il y a soixante-dix ans et cela même s'il y a toujours des guerres. De 51 membres en 1945, les Nations unies comptent actuellement 193 États », ajoute-t-il.

« Actuellement, nous avons beaucoup plus de gouvernements démocratiques, déclare Luca Renda. Pour la première fois, la pauvreté absolue est en dessous de la barre des 10 % dans le monde. Plusieurs maladies ont été éradiquées... Il demeure néanmoins de nombreux défis à relever : mettre un terme aux conflits armés, trouver une solution au dossier des soixante millions de réfugiés dans le monde, faire face au changement climatique et d'autres sujets encore. Les Nations unies sont au cœur de ces défis. Nous venons d'ailleurs d'approuver dix-sept nouveaux objectifs pour le développement durable », note-t-il.

(Lire aussi : Pour ses 70 ans, l'Onu produit une vidéo de l'hymne national libanais)

 

L'Onu peut faire ce que les États membres lui permettent
Le directeur du Pnud au Liban indique en réponse à une question que « parfois on blâme l'Onu parce qu'on ne parvient pas à des solutions, surtout en ce qui concerne le maintien de la paix et la résolution des conflits ». « Les Nations unies peuvent uniquement faire ce que les États membres lui permettent de faire, spécialement en ce qui concerne les décisions du Conseil de sécurité et le droit de veto de ses cinq États membres », relève-t-il.
Interrogé sur la situation au Liban, M. Renda souligne que ce pays « compte l'une des présences onusiennes les plus larges du monde ». « Nous avons trois groupes importants dans ce cadre : l'Escwa, la famille des agences onusiennes et des programmes onusiens, sans compter la mission de paix de la Finul, indique-t-il. Le Pnud est présent depuis plus de cinquante ans dans le pays. »

Et de poursuivre : « À sa création, le Pnud était un programme qui gérait des fonds venus d'autres agences onusiennes, cela a changé durant les années quatre-vingt quand il a commencé à mettre en place ses propres projets. En 1990, avec le premier rapport sur le développement, le Pnud a donné une autre dimension à la richesse et au bien-être des peuples, en les mesurant autrement qu'avec le PIB. Il est aussi devenu le plus grand pourvoyeur de l'aide au développement parmi toutes les agences des Nations unies ».
« À l'instar du Liban, dans tous les pays où nous sommes présents, le Pnud travaille dans trois domaines : le soutien à la démocratie et la gouvernance, la lutte contre la pauvreté et le développement durable », dit-il.
Invité à dresser un état des lieux du travail de cette agence onusienne au Liban, il indique que « le Pnud est présent dans le pays depuis plus de cinquante ans, ce qui le rend très reconnu et digne de confiance ». « Le Pnud a toujours embauché pour la grande majorité de son équipe des employés libanais, nationaux, souligne-t-il. Aujourd'hui, sur les 380 personnes que nous employons au Liban, une dizaine est étrangère. »

« Le Pnud travaille avec des partenaires très variés au Liban, notamment le secteur public, les entités gouvernementales, les municipalités, les ONG, le secteur privé, les donateurs internationaux », poursuit-il, notant que « les événements du Liban ont façonné notre programme ». « Nous avons mis en place des politiques à long terme dans le pays, mais les événements nous ont obligés parfois à nous concentrer sur la réponse à court terme, c'était notamment le cas durant la guerre de juillet 2006, précise-t-il. C'est aussi le cas actuellement avec la crise des réfugiés syriens. Nous travaillons avec les communautés hôtes. Nous avons augmenté nos dépenses dans des projets qui aident les communautés libanaises les plus vulnérables accueillant des réfugiés syriens. Au cours des deux dernières années, nous avons mis en place plus de 200 projets dans ce cadre. »
« Nous nous concentrons aussi sur le long terme ; nous travaillons dans ce cadre sur la préservation de l'environnement, la gouvernance, les élections. Le gouvernement continue de demander l'aide du Pnud dans divers ministères et institutions publiques », dit-il.

Et de conclure : « Nous avons un nouvel agenda pour le développement, et notre plus important défi est de subvenir aux besoins immédiats du pays. Nous devons aider le Liban à traverser cette période difficile. Nos efforts actuels sont donc concentrés sur le soutien accordé aux communautés hôtes, mais en même temps nous aidons le Liban à développer, sur le long terme, ses politiques nationales. »

 

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Il y a 70 ans, le monde sortait de la Seconde Guerre mondiale et c'est à San Francisco, le 24 octobre 1945, que 51 pays, dont le Liban qui était une toute jeune république, ont approuvé la Charte des Nations unies, une institution qui devait remplacer la Société des nations qui avait failli à sa tâche. À la tête de la délégation libanaise figurait Charles Malek, qui avait...

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Pourquoi faire ? Cette présence n'arrive même pas à canaliser les ardeurs et la puissance marginale du Hezbollah Sans ONU la situation serait la même au Liban Quel Gaspillage L'ONU ferait mieux de protéger les palestiniens et leurs droits : ils en ont besoin depuis des années

FAKHOURI

10 h 26, le 27 octobre 2015

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Commentaires (1)

  • Pourquoi faire ? Cette présence n'arrive même pas à canaliser les ardeurs et la puissance marginale du Hezbollah Sans ONU la situation serait la même au Liban Quel Gaspillage L'ONU ferait mieux de protéger les palestiniens et leurs droits : ils en ont besoin depuis des années

    FAKHOURI

    10 h 26, le 27 octobre 2015