Dans le cadre de la série de rencontres organisées par l'ambassadeur d'Italie Massimo Marotti sous le titre « Espresso Time », un débat sur la situation régionale et internationale a réuni de nombreuses personnalités dans les salons de la résidence du diplomate à Naccache. Massimo Marotti et son épouse cherchent ainsi à pousser des personnalités venues d'horizons différents à discuter de sujets précis, de façon amicale et informelle autour d'un café à l'italienne.
Pour parler de la situation régionale et internationale, les invités ont été soigneusement choisis et, au final, le tableau dessiné par le débat était plutôt sombre. Étaient ainsi présents des diplomates (les ambassadeurs d'Espagne et de Grèce ainsi que le nonce apostolique), des figures économiques, sociales, politiques (Joseph Torbey, Fouad Makhzoumi, entre autres) et des personnalités médiatiques (Sarkis Naoum). Il s'agissait donc de trouver des clés de compréhension de la situation régionale à la lumière des derniers développements.
Les présents étaient d'accord pour estimer que la situation est particulièrement compliquée surtout après l'intervention militaire russe en Syrie. Les idées développées étaient variées et tournaient autour du fait que pour une partie des participants, le président russe Vladimir Poutine n'a pas les moyens d'atteindre son objectif de maintenir le président syrien Bachar el-Assad au pouvoir. Même si l'opération est menée sous le titre de la guerre contre le terrorisme, le fait pour les Russes de bombarder les différents groupes de l'opposition a poussé la communauté internationale à considérer que le but ultime de l'intervention militaire est de maintenir Assad en place.
Le président américain Barack Obama ne s'est pas ouvertement opposé à l'intervention russe (il lui a donné une sorte de « feu jaune »), mais il attend que Vladimir Poutine s'enlise dans les sables mouvants syriens. Dans un souci d'objectivité et de diversité, plusieurs points de vue ont été exposés, notamment la théorie qui dit que l'intervention russe va renforcer les extrémistes islamistes et marquer le début d'un long conflit religieux et confessionnel et l'autre qui affirme que les développements actuels vont aboutir à des négociations multilatérales sur les rôles respectifs de l'Iran, de la Turquie, de l'Arabie saoudite et d'Israël, dans la région.
Selon des rapports américains évoqués par certaines personnalités, le président russe serait un homme arrogant, ultranationaliste qui veut faire de son pays une grande puissance. Mais avec son économie basée sur le pétrole et sur une oligarchie, il n'a pas les moyens de sa vision, ni les structures nécessaires pour cela. S'il est certain que la Russie est devenue un acteur principal en Syrie, elle n'a toutefois pas la possibilité de remporter la victoire. Les États-Unis coopèrent de façon minimale parce qu'ils sont contre l'État islamique, mais en même temps, ils ont donné le feu vert à la Turquie et à l'Arabie saoudite pour fournir des armes sophistiquées à l'opposition syrienne.
(Lire aussi : En Syrie, c'est Moscou, et non plus Téhéran, qui mène la danse)
Les chiites restent minoritaires
Une partie des personnalités présentes a estimé que les Iraniens ne seraient pas très satisfaits de l'intervention russe, mais qu'ils n'avaient pratiquement pas le choix, sachant que si ceux-ci n'étaient pas intervenus, le régime syrien était sur le point de s'effondrer. Le général Kassem Souleymani aurait donc préparé l'intervention militaire avec les Russes. Il aurait même tenté de convaincre le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi de modifier sa position à l'égard du régime syrien, mais ce dernier lui aurait clairement répondu qu'il ne peut pas le faire en raison de ses liens avec les pays du Golfe. Souleymani aurait alors offert d'envoyer en Égypte des touristes iraniens et des aides, mais le problème principal réside dans le fait que quelle que soit leur puissance, les chiites restent minoritaires parmi les musulmans, dont ils ne constituent que 15 à 18 %. Par conséquent, nul ne peut se mettre à dos le monde musulman sunnite pour prendre parti en faveur des chiites. Car aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, le conflit dans la région prend une coloration confessionnelle dans toutes les arènes où il y a des affrontements.
Que le conflit évolue donc vers des négociations ou s'installe dans la durée, cela devrait se faire à chaud et si tout le monde est convaincu de la nécessité de défaire les terroristes, nul n'est en mesure de mener une guerre à l'échelle de la région, d'autant que les grands acteurs ont des agendas différents. Jusqu'à présent, le Liban est épargné, mais si un dérapage se produit, le pays ne trouvera personne pour l'aider à le stopper ou à le circonscrire car il ne constitue pas un dossier prioritaire. C'est pourquoi les Libanais devraient assumer leurs responsabilités, sachant que la division horizontale et verticale bloque toute possibilité de compromis.
Il y a eu ensuite une discussion sur les relations entre chaque camp et ses appuis régionaux et il a été ainsi dit que le secrétaire général du Hezbollah a de l'influence en Iran et fait partie des cercles de décision, alors que dans le camp adverse, la situation est différente, notamment à cause de la désorganisation et du fait que les relations sont moins structurées...
Au sujet de la dernière réunion de Vienne entre les ministres des Affaires étrangères américain, russe, saoudien et turc, les personnalités présentes ont estimé que le problème tourne autour du sort réservé au président syrien. Si les quatre participants ont fini par accepter qu'il reste en place pendant la période transitoire, les Russes veulent qu'il continue à avoir des prérogatives importantes, comme les portefeuilles de la Défense, des Affaires étrangères et peut-être même de l'Intérieur, alors que les Saoudiens et les Turcs ne veulent lui donner aucun pouvoir dans le gouvernement de transition. L'administration Obama, elle, n'a pas vraiment de stratégie en Syrie et c'est d'ailleurs ce que lui reprochent ses alliés. Autrement dit, c'est le terrain qui aura le dernier mot.
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Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
ET TOUS S'ÉCRIERONT : YALLI MIN IDOU ALLAH I ZIDOU... ABRUTIS DES DEUX PARALLÈLES... DÉSABRUTISSEZ-VOUS ! VOUS AVEZ.. LES UNS PAR VOS BOYCOTTAGES ET LES AUTRES PAR VOS NULLITÉS... SEMÉ LE CHAOS DANS LE PAYS... VOTRE PAYS... CELUI DE VOS GRANDS-PÈRES... CELUI DE VOS FAMILLES... CELUI DE VOS ENFANTS... AUCUNE GOUTTE DE SANG LIBANAIS NE COULE DANS VOS VEINES PERCÉES POUR LES UNS ET VIDES POUR LES AUTRES ?
12 h 01, le 26 octobre 2015