Il est quand même cocasse de trouver encore parmi les Libanais une catégorie en voie de disparition, mais qu'il ne faut surtout pas protéger. Celle des dindons qui vivent suspendus aux hoquets des neuneus de la politique, un jour haletant de savoir si Tonton Tammam va convoquer son gouvernement de bras cassés ou si le Barbichu des sables reviendra de sous les palmiers d'Arabie, un autre si le Sayyed Barbu a bien siroté son thé au fond de sa grotte ou si Orangina a donné un coup de pied dans le buffet de sa salle à manger.
Aujourd'hui, notre bonheur est tributaire d'une réunion du Conseil des ministres, animée par des personnages qui ne peuvent se blairer ni au propre ni au figuré. Impossible au moindre ministrillon de prendre un décret ou une circulaire sur l'étiquetage des pommes de terre ou le marquage d'un sentier d'ânes dans un village reculé, sans en appeler à la pensée profonde de son chef de clan ou de son gourou communautaire. Donc, a fortiori, l'application de la loi sur la gestion des déchets, ce sera tintin, macache et Saint-Glinglin.
En face, ce n'est pas Byzance non plus. En quelques mois, nous avons réussi le tour de force de fabriquer la société civile la plus stupide du monde. Torchonne et brouillonne à l'image du pays, elle est gérée par des agités, incapables d'aligner des revendications rationnelles et cohérentes. Ils sont à la fois contre la gestion par l'État de ses écuries publiques, génératrices de corruption, et contre les privatisations qui nous débarrasseraient de la mauvaise graisse des fonctionnaires, bossant à peine 20 heures par semaine dans un pays endetté jusqu'au trognon. La formule est séduisante, surtout quand l'État est inexistant et que les services publics sont en capilotade. Ce qui revient à dire que les protestataires s'insurgent contre le projet de dépouiller un « rien », d'oripeaux qui représentent « moins que rien ». C'est dur de communiquer avec des non-communicants quand on n'a pas pour métier de communiquer.
Voilà, le spectacle est complet. Les acteurs vont se produire à guichets fermés jusqu'à la déliquescence finale. Principe de vie : naissez, faites des gosses si vous en avez le courage, manifestez, applaudissez ou conspuez les roitelets locaux, consommez (mais de préférence pour les enrichir eux, leurs copains et leurs larbins) et essayez de claquer le plus tôt possible.
Que les cocus d'aujourd'hui crèvent pour laisser la place aux cocus de demain...
gabynasr@lorientlejour.com


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Justement Gaby , nos 4 compatsriotes qui ne le sont plus lo, elus au parlement canadzien la smainn derzniere avec la liste Trudeau lo , pensez vous que siz avaient ete elu lo, chez nous , chez ex-eux , izs auraient pos verse dans les memes zegarements que vous descriez si forts lo ? En simple est ce un systeme ou une nature qui nous fait etre comme so lo ?
11 h 41, le 23 octobre 2015