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À La Une - Éclairage

L'escalade entre Israéliens et Palestiniens: jusqu'où?

Des militants pacifistes israéliens manifestent en faveur de la paix avec les Palestiniens dans le centre de Jérusalem. GALI TIBBON/AFP

Israéliens et Palestiniens se sont engouffrés dans un cycle de violences meurtrières qui s'accélère. Pourquoi maintenant? Le Hamas va-t-il s'y mêler? Vont-elles dégénérer en nouvelle intifada?

Pourquoi la confrontation? En raison d'une conjonction de facteurs: l'occupation, la colonisation et les vexations qui les accompagnent. L'économie palestinienne, captive d'Israël, suffoque, la bande de Gaza étouffe sous le blocus. La perspective d'un Etat palestinien est bouchée.

La confrontation est menée par des jeunes Palestiniens "qui n'ont pas la mémoire collective de la deuxième Intifada et de la destruction quasi-totale des infrastructures palestiniennes", explique à l'AFP Ido Zelkovitz, expert en histoire palestinienne à l'université de Haïfa. Quinze ans après, ce que constatent ces jeunes, c'est que l'effort politique de paix "est à l'arrêt, que la direction palestinienne n'a pas d'alternative à proposer, que le contexte régional et international provoque un désintérêt de la question palestinienne et qu'Israël a fait le choix de la droite extrême et de la colonisation", estime le politologue palestinien Ali Jarbaoui.
La question de l'esplanade des Mosquées et de son contrôle sert de cri de ralliement. Israël accuse l'Autorité palestinienne ou le Hamas d'attiser les haines.

(Repère : Les intifadas de 1987-1993 et de 2000-2005)

Quels sont ses aspects? La confrontation, commencée avec des heurts en Cisjordanie occupée, a gagné Jérusalem-Est, les villes arabes d'Israël et même le coeur d'Israël, avant de s'étendre à la bande de Gaza.
Les jets de pierres sur les soldats et les policiers israéliens sont une constante: aux checkpoints de Cisjordanie, dans les quartiers de Jérusalem-Est, dans les villes arabes d'Israël et désormais le long de la barrière qui claquemure Gaza.
Les attaques à l'arme blanche se sont multipliées contre les Israéliens et les juifs tandis que les accrochages sont quotidiens entre Palestiniens et colons israéliens en Cisjordanie. Un couple de colons est mort criblé de balles en Cisjordanie le 1er octobre dans une attaque attribuée par Israël à une cellule du Hamas.
Les tensions existaient avant mais se sont amplifiées depuis, faisant au total quatre morts chez les Israéliens et 18 Palestiniens, dont les auteurs présumés de sept attaques.

Qui sont les acteurs? Côté palestinien, des jeunes de 15 à 30 ans dans une immense majorité. Certains auteurs d'attaques et manifestants sont membres de partis politiques, mais jusqu'ici le mouvement semble spontané. Des voix s'élèvent au sein des organisations palestiniennes pour réclamer une direction unie qui prendrait la tête de la protestation.
"Des mouvements comme le Hamas et le Jihad islamique essaient de faire escalader la situation et d'enfourcher le mouvement tandis que la direction palestinienne refuse une intifada armée mais veut montrer au monde que l'enlisement n'est pas tenable", estime toutefois M. Jarbaoui.
Côté israélien, les colons sont aux avant-postes. Fortement représentés au gouvernement, ils maintiennent la pression sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Ce dernier a signifié jeudi qu'il ne pouvait, dans le contexte sécuritaire et diplomatique actuel, accéder à leurs demandes de nouvelles colonies comme mesure punitive.

(Lire aussi : Les réponses d'Israël « ne sont pas politiques, mais brutalement sécuritaires »)

Le Hamas entraîné dans le mouvement? Le chef du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a assuré que "Gaza remplira son rôle dans l'intifada" mais le mouvement islamiste est dans une situation "délicate", affirme M. Zelkovitz. "Il encourage les jeunes de Cisjordanie à manifester mais il doit aussi maintenir un calme relatif à Gaza pour préserver ses intérêts" dans un territoire très éprouvé par les guerres.
Il ne peut pas non plus rester à la remorque d'un mouvement qui a de plus en plus une dimension religieuse et laisser le leadership au Mouvement islamique par exemple, qui mobilise les Arabes israéliens autour de l'esplanade des Mosquées.
Les jeunes Gazaouis qui sont allés jeter des pierres le long de la frontière avec Israël vendredi et dont sept ont été tués, l'ont fait sans ordre. En revanche, l'omnipotente police du Hamas les a laissés faire.

Une nouvelle intifada est-elle en chemin ? Sur les réseaux sociaux et pour les médias palestiniens, "l'intifada est lancée". La collision entre un véhicule militaire israélien et une voiture palestinienne qui avait tué quatre Palestiniens en 1987 et la visite d'Ariel Sharon sur l'esplanade des Mosquées en 2000 sont considérés comme les évènements déclencheurs des deux intifadas précédentes. Mais ils avaient été précédés d'une montée graduelle des périls.
Pour Karim Bitar, spécialiste du Moyen-Orient, "il serait imprécis à ce stade de parler de nouvelle intifada, mais c'est certainement un coup de tocsin qui vient rappeler que le statu quo est désormais intenable".


Reportage 

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commentaires (5)

Jusqua la debandade totale des susrpateurs de la Palestine usurpee , comme on l'a vu au sud Liban en 2000 et reconfirmee en 2006 . INSHA ALLAH !!!!

FRIK-A-FRAK

16 h 17, le 11 octobre 2015

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Commentaires (5)

  • Jusqua la debandade totale des susrpateurs de la Palestine usurpee , comme on l'a vu au sud Liban en 2000 et reconfirmee en 2006 . INSHA ALLAH !!!!

    FRIK-A-FRAK

    16 h 17, le 11 octobre 2015

  • Jusqu'à rien de rien... (en principe là-bas c'est le début d'un recommencement) ...Daech active ses mini-branches locales pour désinformer ...si l'ennemi israélien veut tomber dans le panneau..ca le regarde...

    M.V.

    12 h 04, le 11 octobre 2015

  • Avec leur "œil pour œil dent pour dent, ces juifs et ces musulmans sont sur la même longueur d'ondes ! Ils se comprennent très bien.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 23, le 11 octobre 2015

  • JUSQU,AU DAESCHISME POUR LES UNS ET JUSQU,A LA BETISE POUR LES AUTRES...

    LA LIBRE EXPRESSION PARLE AU PEUPLE.

    09 h 32, le 11 octobre 2015

  • Apartheid, colonisation, usurpation de territoire par un gouvernement d'extrême droite criminel, crimes de colons fanatiques contre les Palestiniens, que veut-on que tout cela donne sinon des "intifadas" ? Bien légitimes.

    Halim Abou Chacra

    04 h 46, le 11 octobre 2015

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