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Liban

Roukoz remplacé ; le CPL va vers l’escalade

La situation
Fady NOUN | OLJ
09/10/2015

Le commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi, a nommé un successeur au général Chamel Roukoz à la tête de la brigade des commandos de l'armée. C'est le général Maroun Kobayati qui lui succédera, en a décidé le général Kahwagi, qui a signé une décision en ce sens. Originaire de Beino (Akkar), le nouveau patron des commandos est l'un des officiers supérieurs de cette brigade (promotion de 1994), et s'est notamment illustré durant la bataille de Nahr el-Bared (2007), où il a été légèrement blessé.

Avec la nomination du général Kobayati, c'est un chapitre de la polémique sur une promotion éventuelle du général Chamel Roukoz qui se clôt. C'est aussi l'effondrement de l'échafaudage de nominations que l'on avait imaginé pour satisfaire une exigence de Michel Aoun. La carrière militaire normale de l'officier sortant arrive à sa fin le 15 octobre, jour de son anniversaire (il entrera dans sa 58e année), mais effectivement, il passera la main à son successeur le 13 octobre (date fatidique), le 14 octobre étant cette année jour férié (fête de l'Hégire).

Dans les cercles militaires, on précisait hier soir que, quelle que soit la portée proprement politique que l'on veut attribuer à la décision du général Kahwagi, la nomination du général Kobayati répond à des impératifs strictement militaires, et se serait produite dans tous les cas, quelle que soit la formule politique que l'on envisageait pour prolonger sa carrière, et, éventuellement, lui donner l'occasion d'accéder au commandement de l'armée. On souligne par ailleurs, de même source, que le parcours militaire du patron sortant des commandos est un parcours « sans faute », et l'on relève à l'appui de cet éloge qu'à aucun moment il ne s'est départi de la discrétion qui est la marque des grands officiers de celle que l'on nomme la grande muette. Ce qu'il fera une fois que son devoir d'État lui permettra de parler est une autre histoire.

Ce qui est certain, c'est que (pour le moment au moins), la nomination d'un successeur au général Roukoz a sonné le glas du gouvernement et de la table du dialogue. « Le gouvernement, pour quoi faire ? », a-t-on entendu l'ancien ministre Salim Jreissati affirmer hier soir, selon notre correspondante Hoda Chedid. « La conférence du dialogue, pour quoi faire aussi ? a-t-il ajouté. Le 15 octobre est dernière nous. Ce que nous sommes, ce que nous serons, sera visible le 11 octobre, au grand rassemblement qui se prépare, symboliquement, sur la route de Baabda. » Oui, sur la route du palais présidentiel, théâtre d'un désastre militaire et politique qui a placé le pays sous tutelle syrienne, conduit des dizaines de militaires galvanisés par leur chef à sacrifier leur vie, alors qu'il s'était déjà rendu, et qui finira par s'exiler du Liban quinze longues années durant...


(Lire aussi : Le gouvernement « n'a plus de raison d'être s'il reste soumis au chantage », affirme Fatfat)



Pour sa part, Tammam Salam est conscient que le gouvernement qu'il préside ne servira plus à grand-chose, sinon à expédier les affaires courantes. Démissionnera-t-il ? Il est trop tôt pour le dire, même s'il existe un consensus également du côté du 14 Mars, que ce gouvernement a accompli ce qu'il pouvait accomplir.
À une exception près, peut-on dire, le dossier des déchets. Ce dernier pourrait conduire M. Salam à prendre patience, ce qu'il a toujours fait, le temps de mener à bien un projet crucial pour le Liban, d'autant que selon Akram Chehayeb, « d'aucuns veulent que les déchets restent dans la rue ».

Du reste, le nihilisme politique de M. Aoun n'est pas partagé par certains de ses alliés. C'est ainsi que les Marada ont fait savoir qu'ils participeront à toute réunion du gouvernement qui examinera des questions touchant aux services de base de la population, mais qu'ils se solidariseront avec leur allié sur les grandes questions politiques. Que personne ne parie sur une détérioration des rapports entre le CPL et le Hezbollah, mettent par ailleurs en garde les aounistes.
Le CPL peut en être sûr, personne ne prend ce pari. Pas, en tout cas, le ministre de l'Intérieur d'un gouvernement qui n'est plus que l'ombre de lui-même, et dont les manifestants (noyautés par des casseurs) continuent de demander la démission.

 

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Au fond, l’idée vient de lui, l’amer bigaradier aigri. Souvent interrogé au sujet de cette libanaise crise et sa Cantonisation tant aimée, il développe sa réponse toute faite, donc toute banale : "Ma vie ne changerait pas. J’en profiterais pour faire une grande fête à la Grand Place de Râbïyéhhh D.C." ! Alors, oui, en ces moments "bienheureux", pourquoi ne pas en imaginer le programme complet ? Et délire absolu au menu, comme de bien entendu. Rassemblant alors toute la série de farceurs bossféràRieniques à son image autour de lui ? Trop difficile au vu des agendas archi-vides de chacun ? Alors : thé, eau, zed ; il se fera le dîner tout seul ! Une bouteille d’arack frelaté, une vieille nappe en Skye avec des taches de késchék et d’huile d’olive dessus comme il se doit, et voilà le caporal seul face à lui-même, face au pays déchiré et à toutes ses "propres" exubérances et surtout à celles de son patelin oranginé sis le monticule de Râbïyéééh ; yâ wâïyléééh ! Qu’on observe le résultat : cela partira d’office dans tous les sens. Et il a visiblement envie de la faire, cette fête, le caporal. Mais, surtout, qu’on n’aille pas en déduire pour autant, pleaaase, que ce soit là son coming-out partitioniste. Non, le "bon" bonhomme aime bien faire la fête sur le son des dabbkéhhhs et surtout des dérbbakéhhhs dorénavant à peau de chèvre de Hârtéhrèèèk ! Et alors ? Un point c’est tout.

Honneur et Patrie

Le général Chamel Roukoz a toutes les qualités et un seul handicap, celui d'être le gendre du roi Ubu. On ne peut pas tout avoir.

FAKHOURI

C'est dommage, car cet officier, en analysant la photo de l'OLJ semble être un officier de grande qualité
Si MA ne comprends pas qu'il a porté un préjudice grave, il ne comprendra jamais rien dans la vie
Mêler la politique à l'armée, c'est très décevant et sans issue
De plus, on ne peut pas discuté la decision mlitaire

M.V.

Tient bizarre ! voilà un cas rare de non-prorogation automatique....!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ON NE PEUT PAS CRITIQUER LES DECISIONS STRICTEMENT MILITAIRES. MAIS LE BORDEL POLITIQUE VA VERS L,ESCALADE...

Bery tus

Le CPL peut en être sûr, personne ne prend ce pari. Pas, en tout cas, le ministre de l'Intérieur d'un gouvernement qui n'est plus que l'ombre de lui-même, et dont les manifestants (noyautés par des casseurs) continuent de demander la démission.

dommage, je disais ailleurs que j'etais de tou cœur avec eux et de prouver qu'ils ont mis de coter la politique pour faire que des demandes socieles et civiques, en maitrisant leur sympathisants ou encore le monde venu pour s'exprimer

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