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Économie

La Suisse soupçonne sept banques d’avoir manipulé les prix des métaux précieux

Concurrence

Après les États-Unis et l'Europe, c'est au tour de la Suisse de remettre en cause le rôle des banques dans le processus de détermination des prix des matières premières.

OLJ
29/09/2015

Les autorités suisses de la concurrence ont annoncé hier l'ouverture d'une enquête sur la fixation des prix sur le marché des métaux précieux, dont l'or et l'argent, contre UBS, HSBC, Deutsche Bank et quatre autres banques.
La Commission de la concurrence suisse (Comco) « a ouvert hier une enquête contre les deux banques suisses, UBS et Julius Baer, ainsi que contre les instituts financiers Deutsche Bank, HSBC, Barclays, Morgan Stanley et Mitsui », selon un communiqué. Elle dit disposer « d'indices selon lesquels ces banques auraient éventuellement conclu des accords illicites à la concurrence dans le cadre du négoce de métaux précieux » tels que l'or, l'argent, le platine et le palladium. La Commission, qui avait ouvert une enquête préliminaire en février dernier, soupçonne « en particulier des accords possibles dans la fixation des prix, notamment en ce qui concerne les "spreads" » (écarts entre le cours demandé et le cours offert), explique-t-elle.
Le directeur suppléant de la Comco, Patrick Ducrey, a précisé à l'AFP que l'enquête devrait être finalisée en 2017.
La banque suisse Julius Baer a indiqué qu'elle allait coopérer avec les enquêteurs, tandis qu'UBS n'était pas en mesure de répondre dans l'immédiat.
Pour l'analyste Christine Schmid de la banque Credit Suisse, la décision de la Comco pourrait se traduire par une augmentation des coûts juridiques des banques concernées, mais il est en revanche difficile de mesurer les conséquences de l'enquête pour les banques dans leur ensemble.
Si les faits sont avérés, la peine infligée dépendra, elle, de toute une série d'éléments qui doivent être déterminés. « Il faudrait tout d'abord savoir, dans le cas où les allégations seraient vraies, pendant combien de temps cela a duré, quels étaient les volumes concernés et quelle est la moyenne des "spreads" par rapport aux "spreads" du marché », explique Mme Schmid.

Des enquêtes aussi aux États-Unis et en Europe
Ce n'est pas la première fois que le rôle des banques dans le processus de détermination des prix de ces matières premières est mis en cause. En août, la Commission européenne avait dit qu'elle enquêtait « sur des pratiques présumées anticoncurrentielles sur le marché des métaux précieux dans l'Espace économique européen ».
Des enquêtes sont aussi actuellement menées aux États-Unis sur d'éventuelles manipulations par plusieurs grandes banques des cours des métaux précieux, un marché international important mais qui reste moins liquide que d'autres, comme celui du marché des devises par exemple.
Les banques concernées sont HSBC, Bank of Nova Scotia, Barclays, Crédit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan, Société Générale, Standard Bank et UBS, selon le Wall Street Journal. En outre, Goldman Sachs, HSBC et la Sud-Africaine Standard Bank, ainsi que le groupe de chimie allemand BASF, sont également visés depuis novembre par une plainte aux États-Unis pour manipulation sur les prix du platine et du palladium.
Dans le cadre d'une réforme générale des fixings des métaux précieux à Londres, c'est désormais le London Metal Exchange (LME) qui se charge depuis le 1er décembre de fixer les prix de référence pour le platine et le palladium, de manière plus transparente et électronique. La méthode de fixation des prix de référence de l'argent est aussi confiée depuis l'été dernier à l'opérateur boursier CME Group et au groupe américano-canadien d'informations financières Thomson Reuters.
L'enquête de la Comco intervient alors que plusieurs scandales ont déjà éclaboussé le monde de la finance ces derniers mois, avec le scandale des manipulations des taux d'intérêt Libor et Euribor par les banques et celui de la manipulation du marché des changes.
Aux États-Unis, les régulateurs américains ont aussi renforcé leur offensive sur les pratiques jugées illicites sur les plateformes d'échanges.

(Source : AFP)

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