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Moyen Orient et Monde - Conflit

75 rebelles entraînés par les États-Unis entrés en Syrie depuis la Turquie

Kerry a estimé hier que le soutien militaire de la Russie au régime de Bachar el-Assad risque d'entraîner la venue d'encore plus de combattants jihadistes et d'y compromettre toute chance de règlement du conflit.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry rencontre des réfugiés syriens à Berlin. Evan Vucci/AFP/Pool

Soixante-quinze rebelles syriens entraînés en Turquie par les États-Unis pour combattre le groupe jihadiste État islamique (EI) sont entrés en Syrie, a indiqué hier l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). « 75 nouveaux combattants entraînés dans un camp près de la capitale turque (Ankara) sont entrés en Syrie dans la province d'Alep (Nord) entre vendredi et samedi matin », a déclaré Rami Abdel Rahmane, directeur de cette ONG qui dispose d'un vaste réseau de sources dans ce pays en guerre. À Washington, le Pentagone a refusé de donner plus d'informations sur le sujet. « Nous ne donnerons pas de détails concernant le lieu et la date d'entrée (des rebelles entraînés par les Américains) sur le champ de bataille, et ce pour des raisons de sécurité », a indiqué un porte-parole du Pentagone qui a souhaité garder l'anonymat. Les 75 rebelles doivent collaborer avec deux groupes combattants soutenus par les États-Unis : Souqour al-jabal (Les faucons de la montagne) et la Division 30.
« Après deux mois d'entraînement en Turquie, les combattants ont été directement envoyés sur la ligne de front » contre l'EI et « sont maintenant dans la ville de Tal Rifaat », a indiqué Hassan Moustafa, le porte-parole de la Division 30. Il a précisé ne pas pouvoir donner des informations concernant le type d'armes et d'équipements que les rebelles ont rapportés de Turquie. Selon l'OSDH, le groupe est doté d'armes légères et de munitions. Il est entré en Syrie à bord d'un convoi de véhicules sous la protection des forces aériennes de la coalition internationale qui combat l'EI. M. Abdel Rahmane a ajouté que les rebelles avaient passé la frontière par le point de passage de Bab al-Salama, la principale entrée pour les combattants et les équipements en direction de la province d'Alep.

Nouvelle trêve à Zabadani
Parallèlement, des groupes rebelles et des combattants du régime ont conclu hier un nouveau cessez-le-feu temporaire dans trois villes de Syrie après plusieurs jours d'intenses combats entre les deux parties. « La trêve qui concerne Zabadani (bastion rebelle près de Damas) et les villages (chiites) de Foua et Kfarya (les deux derniers îlots du régime syrien dans la province d'Idleb) se maintient depuis midi (09h00 GMT), à l'exception de quelques tirs qui se sont abattus sur Foua l'après-midi », a indiqué M. Abdel Rahmane. Selon lui, des francs-tireurs postés dans le village voisin de Binech ont tiré sur Foua, tuant un membre des forces la Défense nationale et blessant trois autres. Un bref échange de tirs s'est ensuivi, avant le retour au calme. M. Abdel Rahmane a assuré que le cessez-le-feu était de nouveau respecté. Ces trois localités avaient connu un bref répit en août à la suite d'un cessez-le-feu prévoyant le retrait des rebelles de Zabadani en échange de l'évacuation des civils de Foua et Kfarya. Mais la trêve n'avait duré que 48 heures.
En outre, la branche syrienne d'el-Qaëda et ses alliés ont exécuté au moins 56 membres des forces du régime dans un aéroport militaire dont ils se sont récemment emparés dans le nord-ouest du pays, a rapporté l'OSDH samedi. « Au moins 56 membres du régime qui étaient retenus prisonniers par le Front al-Nosra et des factions islamistes ont été exécutés dans l'aéroport d'Abou Douhour », dans la province d'Idleb, a affirmé Rami Abdel Rahmane. Il a indiqué que les exécutions avaient eu lieu en début de semaine, mais que son ONG n'avait pu confirmer les morts que samedi.
Par ailleurs, un important chef de la branche syrienne d'el-Qaëda a été tué dans des affrontements entre forces du régime syrien et groupes islamistes rebelles à Idleb, a rapporté samedi l'OSDH qui l'a présenté comme un ancien assistant d'Oussama Ben Laden

Changer la donne
Sur le plan diplomatique, le secrétaire d'État américain John Kerry a estimé hier que le soutien militaire de la Russie au régime de Bachar el-Assad risque d'entraîner la venue d'encore plus de combattants jihadistes en Syrie et d'y compromettre toute chance de règlement du conflit. Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier « et moi sommes d'accord que le soutien continu au régime par la Russie ou par tout autre pays risque d'attirer plus encore d'extrémistes, d'enraciner Assad et de bloquer le chemin vers une résolution du conflit », a-t-il dit à la presse lors d'un déplacement à Berlin.
M. Kerry a aussi souligné que la résolution de la guerre en Syrie était essentielle au règlement de la crise migratoire en Europe, qui a vu affluer ces derniers mois des centaines de milliers de personnes fuyant la guerre et la misère, dont de très nombreux Syriens « poussés par un sentiment de désespoir ».
De son côté, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, a affirmé que l'implication en Syrie de la Russie, alliée du régime de Damas, allait changer la donne dans la lutte contre les jihadistes de l'EI et d'el-Qaëda. « La participation de la Russie dans le combat contre Daech (acronyme arabe de l'EI) et le Front al-Nosra est encore plus importante que la fourniture d'armes à la Syrie », a déclaré M. Moallem à la chaîne de télévision Russia Today. Ses propos étaient rapportés hier par les médias syriens. M. Moallem a répété que la lutte contre le terrorisme était « une priorité » qui allait « ouvrir la porte à une solution politique en Syrie », où le conflit a fait plus de 240 000 morts depuis mars 2011.
(Source : AFP)

Soixante-quinze rebelles syriens entraînés en Turquie par les États-Unis pour combattre le groupe jihadiste État islamique (EI) sont entrés en Syrie, a indiqué hier l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). « 75 nouveaux combattants entraînés dans un camp près de la capitale turque (Ankara) sont entrés en Syrie dans la province d'Alep (Nord) entre vendredi et samedi matin », a déclaré Rami Abdel Rahmane, directeur de cette ONG qui dispose d'un vaste réseau de sources dans ce pays en guerre. À Washington, le Pentagone a refusé de donner plus d'informations sur le sujet. « Nous ne donnerons pas de détails concernant le lieu et la date d'entrée (des rebelles entraînés par les Américains) sur le champ de bataille, et ce pour des raisons de sécurité », a indiqué un porte-parole du Pentagone qui a...
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