L’édito de Émilie SUEUR

Et si les migrants n’étaient pas qu’un problème ?

L’édito
16/09/2015

Les chiffres donnent le vertige. Plus de 500 000 migrants dénombrés aux frontières extérieures de l'UE entre janvier et août 2015, contre 280 000 pour toute l'année 2014. Et 156 000 pour le seul mois d'août.
Derrière les chiffres, le drame humain. Ces hommes, ces femmes, ces enfants, terrorisés dans des embarcations dont le moteur lâche au milieu de la Méditerranée. Ces familles remontant une ligne de chemin de fer, rampant sous des barbelés, entassées dans un hangar, attrapant, à la volée, un morceau de pain jeté par un policier. Ceux-là sont chanceux : ils ont échappé à la mort chez eux, en Syrie, en Irak, et sur la route de l'exil.
Confrontée à sa plus grave crise migratoire depuis 1945, l'Europe est contrainte de travailler dans l'urgence. Pourtant, cette urgence, on la voyait venir depuis un moment. Dès 2010, avec le début de la révolte en Tunisie, des responsables au sein de l'Organisation internationale pour les migrations avaient exhorté l'Europe à se préparer à un afflux de migrants. Puis avec la multiplication des dérapages violents et guerres, en Libye, en Irak, en Syrie, à l'arrivée de réfugiés.
Résultat, aujourd'hui, l'Europe cafouille et se divise alors que de grosses vagues de désespoir humain n'en finissent plus de venir se fracasser sur ses rives.
Symbole du cafouillage, Angela Merkel qui réoriente sa politique en décidant, à l'instar d'autres pays et conformément à certains alinéas de l'accord de Schengen, le contrôle aux frontières après les avoir laissées grandes ouvertes. Symbole de la division, l'échec des 28 à s'entendre, lundi soir, sur une répartition contraignante de 120 000 réfugiés supplémentaires, en plus des 40 000 déjà acceptés en juillet. En attendant un accord, l'UE propose un éventail d'outils pour gérer la crise : des quotas aux hotspots en passant par une aide aux pays limitrophes des pays en crises.
Ce ne sera pas suffisant. Aujourd'hui, l'UE n'a plus le luxe de cacher sous le tapis la question de sa politique migratoire. Une politique sans angélisme, mais également sans préjugés.
L'Europe peut-elle laisser mourir des malheureux à ses frontières ? Certainement pas. Doit-elle, peut-elle accueillir toute la misère du monde ? Non plus. En revanche, certains pays de l'UE pourraient tirer parti de ces flux migratoires.
La décision allemande d'ouvrir les frontières, au-delà de son aspect humanitaire, pouvait avoir, à terme, un sens économique, dans un pays vieillissant, en déclin démographique et manquant de travailleurs jeunes et qualifiés pour financer le système de retraites. Deux pays se trouvent dans une situation démographique comparable à l'Allemagne : la Hongrie et la Slovaquie, qui rejettent notamment les quotas de répartition. Une étude menée en 2002 par l'institut de statistique slovaque soulignait qu'étant donné l'évolution démographique attendue en Slovaquie, la société devait être préparée notamment « à l'intégration d'un plus grand nombre d'étrangers (souvent de cultures différentes) ». Plus près de nous, en avril dernier, Stefan Kapferer, le secrétaire général adjoint de l'OCDE, regrettait sur la question des migrants le « fossé entre les perceptions et les faits réels. Les migrants paient davantage d'impôts et de cotisations sociales qu'ils ne touchent de prestations. Ils ne volent pas d'emplois et ne viennent pas dans les pays de l'OCDE pour simplement bénéficier de prestations sociales ».
Certes, il ne faut pas généraliser ces résultats à tous les pays d'Europe. Mais s'il y a une conclusion à tirer, c'est que l'Europe a intérêt à s'atteler rapidement à l'élaboration d'une véritable politique migratoire globale. Ceci est d'autant plus urgent que les conflits vont se poursuivre, et qu'aux migrants poussés par la guerre et la misère, vont s'ajouter, bientôt, les réfugiés climatiques.

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Ma Fi Metlo

QUAND JE DISAIS A DES AMIS EUROPEENS QUE DERRIERE L'ANGELISME DES DIRIGEANTS EUROPEENS SE CACHAIENT UNE FUMISTERIE GROTESQUE ILS ME REGARDAIENT DE TRAVERS .

COMMENT NOUS FAIRE CROIRE QUE L'ALLEMAGNE AU PASSE SUKFUREUX , QUI N'A PAS HESITE A METTRE UN PEUPLE GREC A GENOUX , POUVAIT AVOIR DES SENTIMENTS SUBITES PAR RAPPORT A DES CREVE LA FAIM ?

L'EXPLICATION N'EST NI PLUS NI MOINS QUE CES DAMNES CONSTITUES DE 17% DE SYRIENS ET LE RESTE DES REFUGIES ECONOMIQUES , POUVAIENT ETRE UNE SOLUTION A LA DENATIVITE DES TEUTONS ET UNE BONNE MAIN D'OEUVRE BALEICH POUR RESORBER LES PERTES SUBITS AVEC LES GRECS .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET SI... ILS N'ÉTAIENT PAS "TOUS" DES MIGRANTS ???
UNE GRANDE PARTIE DES INFILTRÉS DES JIHADISTES QU'IL EST DIFFICILE DE DÉTECTER OU DE TRIER ??? DES BOMBES À RETARDEMENT ??? L'EUROPE DÉMOCRATIQUE... LA DÉMOCRATIE QUAND ABUSÉE C'EST DE L'ANARCHIE... ACCUEILLE... OU EST ENVAHIE ???

Hitti arlette

Le peuple syrien est visceralement envahisseur .. Plus d un million sur notre territoire dont des milliers peuvent aisement retourner dignement " chez eux " vivre dans des tentes ou abris de fortune ( tout comme ils le font" chez nous ") et avec les memes aides octroyees par les memes organisations humanitaires . Ce cote genetiquement envahisseur qui les pousse a se jeter dans la mer pour aller quemander le droit d asile . , nous autres on l a jamais connu . C est drole comme les peuples des pays les plus mitoyens ne se ressemblent pas . Les libanais ont vu se succeder des guerres de tous genres .et pourtant ..ils n ont pas emprunte le chemin de la mort pour fuir les horreurs et les bombes . L amour propre et la dignite , on les acquiert pas , on nait avec .

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