Dernières Infos

Une "attaque chimique" documentée dans le nord de la Syrie (militants, médecins)

AFP
25/08/2015

Des militants syriens et des ONG médicales ont affirmé mardi avoir documenté une attaque à l'arme chimique ayant touché des dizaines de personnes dans la ville syrienne de Marea, une des sources accusant le groupe Etat islamique (EI).

L'organisation Médecins sans Frontières a expliqué dans un communiqué avoir soigné quatre civils d'une même famille, qui ont été exposés à des agents chimiques le 21 août à Marea, principal bastion des rebelles dans la province d'Alep (nord).

Ils ont présenté des "symptômes tels que rougeurs aux yeux, érythème cutané, conjonctivite et difficultés respiratoires, suivis environ trois heures plus tard par l'"apparition de cloques et une aggravation des symptômes respiratoires", selon l'organisation.

L'ONG n'était pas en mesure de confirmer la nature de l'agent, assurant toutefois que l'état des patients et les témoignages "indiquent une exposition à un agent chimique", d'après le responsable des programmes de MSF en Syrie, Pablo Marco. Selon les patients soignés dans un hôpital rattaché à MSF dans la ville d'Alep, un mortier a touché vendredi dernier leur maison et "après l'explosion, un gaz jaune a empli leur salon".

La Syrian American Medical Society (SAMS) a indiqué de son côté que ses propres médecins dans la ville avaient identifié l'agent comme du gaz moutarde. SAMS, qui dispose de cliniques dans la Syrie ravagée par le conflit, a expliqué que "plus 50 civils présentant des symptômes d'exposition à des agents chimiques" avaient été traités dans un hôpital de campagne qu'elle gère à Marea. "Des cloques sont apparues sur la peau de 30 civils, les médecins identifiant l'agent comme du gaz moutarde", selon le communiqué.

Mamoun al-Khatib, un journaliste militant présent à Marea, a affirmé à l'AFP que plus de 50 obus de mortier lancés par l'EI s'étaient abattus dans le centre de la ville vendredi. L'EI tente depuis des mois de prendre Marea, considérée comme le plus important réservoir de combattants et d'armes dans la province d'Alep pour les rebelles qui luttent à la fois contre le régime de Bachar el-Assad et le groupe jihadiste sunnite.

Selon M. Khatib, "une odeur exécrable" s'est fait sentir après les tirs. "Des médecins dans un hôpital de fortune nous ont dit qu'il y avait des cas d'asphyxie, de toux sévères, de rougeurs dans les yeux et le visage, et des irritations cutanées", a expliqué le militant qui est le directeur de Shahba, une agence de presse locale anti-régime. "Plus de 25 civils ont été touchés, dont quatre se trouvent dans un état grave et ont été transférés en Turquie, d'après lui.

Le gaz moutarde est un gaz asphyxiant utilisé pour la première fois par les Allemands en Belgique en 1917. Il a été banni par l'ONU en 1993. Le 14 août, l'administration américaine avait jugé "plausible" l'utilisation de gaz moutarde par l'EI dans une attaque contre des combattants kurdes en Irak.

Les extrémistes se seraient procuré le gaz moutarde en Syrie, lorsque le régime de Bachar el-Assad s'est débarrassé, sous la pression de la communauté internationale, de ses stocks d'armes chimiques, ou bien en Irak, selon le Wall Street Journal.

À la une

Retour à la page "Dernières Infos"

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Gouvernement : un nœud, trois phases et beaucoup de complications...

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué