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Liban - L’Éclairage

Les espoirs d’éclaircie reportés sine die

L’axe Moscou-Téhéran a durci sa position à l’issue de la rencontre Lavrov-Zarif. Kirill Kudryavtsev/AFP

Il faudra attendre encore pour voir les retombées positives de l'après-signature de l'accord sur le nucléaire iranien sur la région. À défaut d'éclaircie, c'est en effet vers un bras de fer âpre que le Proche-Orient s'achemine lentement, en raison de l'échec des tentatives de rapprochement entre l'Arabie saoudite et l'Iran, condition sine qua non pour rétablir la stabilité régionale.

C'est du moins ce qui ressort de la position russo-iranienne après la réunion entre le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, à Moscou. Les deux hommes se seraient mis d'accord sur le maintien de Bachar el-Assad, en réponse à la feuille de route commune saoudo-turque sur le règlement de la crise syrienne, qui exigeait une transition sans Assad et rejetait toute participation de Téhéran à une solution en Syrie. Pour Ankara et Riyad, il serait en effet étrange que l'Iran, qui est partie au conflit, puisse se poser en médiateur pour une initiative de solution, d'autant que les pasdaran, le Hezbollah et les autres milices à sa solde continuent de se battre en territoire syrien. Un gage de bonne intention de la part de l'Iran ne serait-il pas, selon Riyad et Ankara, de commencer par retirer ces milices du champ de bataille et de permettre l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne dans le nord de la Syrie à même de garantir le retour des réfugiés dans leur pays ?

L'attachement iranien à Assad constitue une carte essentielle dans les négociations. Pour Moscou et Téhéran, il s'agit de l'entrée en matière pour s'asseoir à la table des négociations et d'établir un dialogue multilatéral avec les États-Unis, la Russie, l'Arabie, la Turquie, l'Égypte et l'Iran, sur le modèle qui a débouché sur l'accord relatif au nucléaire iranien. Un comité quadripartite régional incluant Riyad, Le Caire, Téhéran et Ankara serait ensuite formé pour trouver une solution aux problèmes régionaux et surveiller leur mise en application. Or ces tentatives se sont heurtées à un veto arabe, opposé par l'Arabie saoudite, qui rejette toute participation iranienne aux négociations. Washington, favorable à un tel rôle iranien, a cependant échoué à convaincre Riyad et les pays du Golfe de la nécessité de se concerter avec Téhéran et de l'importance de son inclusion aux efforts de solution.


(Lire aussi  : La « modération » de Zarif, un exercice formel plutôt qu'un signe de changement ?)



Le refus arabe de reconnaître un rôle régional à l'Iran risque de mener, selon des sources diplomatiques, à une escalade importante sur plusieurs arènes de confrontation arabes entre Riyad et Téhéran, comme en Syrie, en Irak ou au Yémen. Il s'agirait d'un moyen de pression permettant de pousser à la reconnaissance du rôle de Téhéran au Proche-Orient. L'Iran ne lâchera jamais la carte syrienne, trop vitale pour lui, compte tenu de l'accès à la Méditerranée que cela lui octroie, et du prolongement territorial que cela lui assure avec le Liban-Sud et la Békaa, à travers le Hezbollah, notamment, et aux frontières avec Israël – un positionnement stratégique fondamental. Plusieurs parties arabes réclament ainsi que Téhéran cesse son soutien aux milices chiites dans la région, y compris le Hezbollah au Liban, dans la mesure où la nouvelle Perse ne peut pas continuer à exporter la révolution islamique après la signature de son accord avec la communauté internationale.

Un changement d'attitude de l'Iran s'impose donc vis-à-vis du monde arabe. En dépit du ton apaisant de la tournée de Mohammad Javad Zarif dans la région et au Liban, il ne semble pas près de survenir. Les milieux du 14 Mars dénoncent ainsi un paradoxe, qui relèverait plus du champ de la duplicité, entre la posture de la diplomatie iranienne et celle de l'axe guerrier emmené par les pasdaran, qui relèvent du waly el-faqih. Là où le chef de la diplomatie iranienne se veut conciliant, le camp de la moumana'a crie au triomphe à travers l'accord sur le nucléaire. Si bien qu'au Liban, le 8 Mars estime qu'il faut tirer profit de cette nouvelle « victoire » en plaçant à Baabda un président de la République qui soit dans la ligne la plus pure de l'axe de la résistance et de ses orientations, et qui en devienne même le gardien institutionnel.

Mais ce triomphalisme du 8 Mars reste davantage du ressort de la guerre psychologique visant à déstabiliser l'adversaire qu'autre chose. Il n'a ainsi aucune valeur politique, selon des sources bien informées, puisque le dossier de la présidentielle est loin d'être tranché en faveur d'un camp, mais entre au contraire dans le cadre des négociations en cours pour un règlement global. Le Hezbollah a pris le parti, dans ce contexte, de continuer à n'être qu'une carte de blocage et de pression entre les mains de Téhéran, sinon il aurait donné à ses députés et à ceux de son allié aouniste le signal pour se rendre à la Chambre et élire un nouveau chef de l'État.

 

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Il faudra attendre encore pour voir les retombées positives de l'après-signature de l'accord sur le nucléaire iranien sur la région. À défaut d'éclaircie, c'est en effet vers un bras de fer âpre que le Proche-Orient s'achemine lentement, en raison de l'échec des tentatives de rapprochement entre l'Arabie saoudite et l'Iran, condition sine qua non pour rétablir la stabilité régionale.C'est du moins ce qui ressort de la position russo-iranienne après la réunion entre le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, à Moscou. Les deux hommes se seraient mis d'accord sur le maintien de Bachar el-Assad, en réponse à la feuille de route commune saoudo-turque sur le règlement de la crise syrienne, qui exigeait une transition sans Assad et rejetait toute participation de...
commentaires (4)

NIAIS QUI CROIT QUE DES RETOMBÉES POSITIVES SUR LES DOSSIERS PARALLÈLES... APRÈS L'ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE... SONT IMMINENTES ! IL Y AURAIT DES RETOMBÉES... BIEN SÛR... POSITIVES OU NÉGATIVES... IL RESTE À LE VOIR ET NON À COURTE ÉCHÉANCE.

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

14 h 07, le 20 août 2015

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Commentaires (4)

  • NIAIS QUI CROIT QUE DES RETOMBÉES POSITIVES SUR LES DOSSIERS PARALLÈLES... APRÈS L'ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE... SONT IMMINENTES ! IL Y AURAIT DES RETOMBÉES... BIEN SÛR... POSITIVES OU NÉGATIVES... IL RESTE À LE VOIR ET NON À COURTE ÉCHÉANCE.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 07, le 20 août 2015

  • "Les espoirs d’éclaircie reportés." ! Comme c'est comique ! Äâââl espoir, äâââl !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    12 h 25, le 20 août 2015

  • Enfin une analyse qui est proche des faits et ne se cache pas derrière des "Wishful thinkings". Aujourd'hui, même les Russes savent très bien qu'a terme, les Iraniens devront lâcher du lest. Pour l'instant ils font des sous et plus les gué-guerres s’éternisent plus ils en font. Alors pas pressé les Russes, d'autant plus que la Syrie reste aussi une carte pour les conneries de Poutine en Ukraine. A partir de Janvier il y aura encore plus de violences et la guerre sucera tous les avoirs des arabes et des perses. Ils seront tous très bientôt a genoux! Nous parlerons après des solutions! L'important est que seul le Liban en profitera malgré les difficultés qu'il rencontrera.

    Pierre Hadjigeorgiou

    10 h 11, le 20 août 2015

  • Allez, les mollahs d'Iran avec vos pasdaran et les wahhabites de l'Arabie saoudite, continuez vos stupides disputes sur "le rôle régional" qui revient aux uns et aux autres, jusqu'à ce que Daech ait vos turbans à la portée de ses mains.

    Halim Abou Chacra

    05 h 06, le 20 août 2015

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