Le blocage qui s'étend à toutes les institutions de l'État ne serait pas innocent, selon un ambassadeur accrédité au Liban qui craint que cette entreprise de sape ne débouche sur un nouveau Taëf.
Le diplomate en question a ainsi averti un député appartenant à un important bloc parlementaire que la détérioration de la situation au Liban, au point où elle est, donne un message sans équivoque selon lequel l'accord de Taëf ne va pas tarder à être enterré. Au parlementaire qui lui demandait d'être plus explicite, il a répondu : « Certaines forces politiques n'acceptent plus ce document qui ne correspond plus, à leurs yeux, à l'importance du poids qu'elles ont acquis au cours des dernières années, au niveau populaire, parlementaire et gouvernemental ». Il faisait évidemment allusion au Hezbollah et à son allié chrétien, le Courant patriotique libre.
Ce même diplomate a conseillé à son interlocuteur d'alerter son bloc sur la gravité de ce qui se prépare et a insisté sur le fait qu'il est nécessaire qu'au moins l'une des trois institutions libanaises continue de fonctionner au minimum, afin de contrer ce projet. Il a dans le même temps mis en garde contre toute atteinte aux services de sécurité et plus particulièrement à l'armée et aux services des renseignements des Forces de sécurité intérieure et de la Sûreté générale.
L'ambassadeur, soit dit en passant, représente un État qui suit de près l'évolution de la situation politique au Liban et qui a participé discrètement aux contacts locaux menés auprès de dirigeants libanais pour les pousser à élire un président de la République, et internationaux, avec la France notamment, afin de débloquer la présidentielle.
Le blocage reste cependant total, en dépit des contacts et des efforts menés en vue d'une reprise des réunions du Conseil des ministres. Le président de la Chambre, Nabih Berry, assure devant ses visiteurs que ces contacts n'ont toujours pas débouché. Le diplomate qui redoute un renversement de Taëf est persuadé de l'existence d'un plan exécuté pour pousser les forces politiques libanaises, devant la menace d'effondrement des institutions libanaises, à accepter une Constituante. Celle-ci serait inévitable, selon lui, d'autant qu'au niveau international, les démarches entreprises pour essayer de débloquer la présidentielle restent timides. Selon un rapport diplomatique parvenu à Beyrouth, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a discuté à Moscou de l'impasse libanaise avec son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, au cours de leur entretien en début de semaine. Selon ce document, le ministre iranien aurait réaffirmé que la présidentielle « reste une affaire intérieure libanaise » et qu'« aucun État arabe ou occidental ne devrait s'en mêler ». En d'autres termes, cela signifie que l'Iran n'est toujours pas disposé à aider au déblocage du dossier, à travers son allié local, le Hezbollah.
La présidentielle et son impact négatif sur le Liban ont été également au menu d'assises diplomatiques qui s'étaient tenues à la résidence de l'ambassadeur américain David Hale, en présence du nonce apostolique, Gabriele Caccia.
Liban - Dans Les Coulisses De La Diplomatie
Craintes diplomatiques d’un renversement de Taëf
OLJ / Par Khalil FLEYHANE, le 20 août 2015 à 00h00


ON SE CACHE DERRIÈRE SON PETIT DOIGT SI ON NE L'A PAS ENCORE COMPRIS... ET çA VA VENIR...
14 h 04, le 20 août 2015