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Crise des déchets

Des habitants de Raboué se plaignent d’une « décharge improvisée »

La municipalité de Kornet Chehwan dément catégoriquement toute atteinte au bien-être de la population et à l'environnement.

Les déchets dans les rues de Raboué sur cette photo prise lundi matin par des habitants mécontents.

Des plaintes sont parvenues à L'Orient-Le Jour de la part d'habitants de la région de Raboué (rattachée à la municipalité de Kornet Chehwan, Metn-Nord), concernant ce qu'ils ont qualifié de « décharge improvisée » près de leurs habitations, dans une forêt de la localité. « Nous souffrons d'odeurs insupportables, d'une prolifération de mouches et d'autres insectes, raconte une habitante qui a préféré garder l'anonymat. La décharge est à 50 mètres à vol d'oiseau de l'habitation la plus proche, d'où les désagréments. »
« Le pire, poursuit-elle, c'est que ce terrain accueille les déchets des quartiers principaux de Kornet Chehwan, qui sont effectivement d'une propreté exemplaire. Alors qu'à Raboué, les ordures ne sont même pas ramassées. Elles s'amoncellent toujours dans les rues, même si certaines bennes viennent d'être vidées depuis que nous avons fait appel aux médias. De plus, pourquoi a-t-on choisi un espace vert pour les y placer ? » Des habitants affirment, photos à l'appui, que les ordures n'avaient jamais encore été collectées depuis le début de la crise.

 

(Reportage : À Zouk Mosbeh, une installation de tri éphémère pour donner l'exemple)


Contacté par L'Orient-Le Jour, le président du conseil municipal de Kornet Chehwan, Jean-Pierre Gebara, a catégoriquement démenti les informations relayées par les habitants de Raboué. « D'une part, il est faux de dire que nous ne ramassons pas les ordures de Raboué, dit-il. D'autre part, le terrain que nous avons choisi pour entreposer temporairement les déchets en vue de les trier, de stocker les recyclables puis de renvoyer les autres à l'endroit que le gouvernement aura désigné est situé très loin, aux confins du village, à un kilomètre au moins de la moindre maison. Nous l'avons asphalté afin de ne pas placer les déchets sur le sable. Ce n'est pas comme si nous les jetions dans la vallée ! »
M. Gebara rappelle que sa municipalité a mis au point il y a deux ans déjà un programme de tri et de recyclage, au terme duquel plus de 7 000 foyers opèrent déjà un tri à la maison. Des foyers dont les déchets triés sont récoltés séparément par des associations comme arcenciel et l'Ecoute. « Et nous ne nous arrêtons pas en si bon chemin, poursuit-il. Nous poursuivons notre programme en y incluant également des supermarchés et des commerces, qui produisent beaucoup de déchets en carton. Nous allons bientôt nous associer avec une grande industrie de cartons pour qu'elle récolte directement les déchets recyclables. » « Malheureusement, déplore-t-il, le Libanais voit tout de suite d'un mauvais œil toute tentative de régler cette crise. Nous faisons au mieux pour répondre à l'urgence de la situation dans laquelle toutes les municipalités ont été mises. »

 

(Infos pratiques : Qui contacter pour recycler les déchets triés)


Les habitants du quartier proche du terrain utilisé pour le stockage des déchets, eux, s'impatientent et exigent une solution immédiate.
Plus de trois semaines après le début de la crise, les controverses ne font que s'exacerber, sans surprise, entre des municipalités au pied du mur et des habitants excédés. Le gouvernement, lui, est toujours dans un coma profond...

 

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