Liban

L’Association libanaise pour la transparence prône une « culture du recyclage »

Crise des déchets

La crise aiguë des ordures ménagères dans laquelle se débat le pays depuis plusieurs jours, et qui risque de provoquer une catastrophe nationale sur le plan sanitaire, mobilise, comme il fallait s'y attendre, nombre d'associations de la société civile. Des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent pour presser les responsables à trouver une solution rapide et radicale à cette crise. « L'Orient-Le Jour » a reçu dans ce cadre de l'Association libanaise pour la transparence un communiqué de presse dans lequel l'ONG présente une série de propositions, à plusieurs niveaux, afin de clore un dossier qui hante quotidiennement le citoyen lambda. Nous reproduisons ci-dessous la teneur de ce communiqué :

OLJ
01/08/2015

« L'Association libanaise pour la transparence, qui milite depuis 16 ans contre la corruption et pour la transparence, la bonne gouvernance et l'État de droit, voit dans la crise des déchets actuelle l'aboutissement désastreux de la mauvaise gestion étatique et administrative, livrée aux mains d'irresponsables, uniquement commandés par leur cupidité, leurs intérêts étroits et leurs allégeances communautaires et partisanes.
« L'Association libanaise pour la transparence appelle le gouvernement libanais, et notamment son chef, à initier une réforme radicale dans la gestion de la chose publique en commençant par mettre le dossier des déchets solides à l'abri des magouilles, du chantage, de l'escroquerie, des conflits d'intérêts, des trafics d'influence, des collusions mafieuses et des chasses gardées seigneuriales et communautaires.
« En tant que représentants de la société civile, en tant que contribuables, en tant qu'électeurs et en tant que victimes des politiques et pratiques déloyales, il est de notre rôle et de notre plein droit d'exiger ce qui suit :
« 1) L'identification des personnes, physiques et morales, bénéficiaires de la gestion des déchets par la compagnie Sukleen.
« 2) L'accès à l'information relativement aux appels d'offres lancés en 2015 pour la gestion des déchets ménagers : leur cahier des charges, les procédures et conditions de mise en concurrence, les critères d'évaluation et de prise de décision.
« 3) Le recours aux experts en la matière pour une solution radicale à la crise des déchets, selon la bonne pratique et en conformité avec les standards internationaux de collecte et de traitement des déchets, dans le but de préserver l'environnement et la santé publique, de promouvoir la culture du recyclage et d'assurer le développement socio-économique.
« 4) La création d'une "cellule de crise" comprenant des experts et consultants pour la mise sur pied d'un plan efficace de sortie de crise en attendant les solutions drastiques et la tenue de points de presse journaliers informant l'opinion publique, en toute transparence, de la teneur exacte dudit plan, de son exécution et des résultats des négociations avec la compagnie de gestion des déchets et autres parties prenantes, ainsi que des lieux provisoires d'enfouissement des déchets et des moyens de traitement selon les normes sanitaires et environnementales.
« 5) Une enquête des instances juridiques compétentes (et neutres) afin de déterminer les raisons de cette crise, tout aussi scandaleuse que pernicieuse, de délimiter les responsabilités et d'identifier les responsables en vue de les tenir comptables de leur négligence ou de leur abus des deniers publics.
« 6) Une enquête des mêmes instances afin d'évaluer les conditions de mise en concurrence dans les marchés publics depuis le premier appel d'offres lancé en 1994, et les critères d'octroi du marché de gestion des déchets à la société Sukleen ; et afin de déterminer les circonstances de renouvellement des contrats de Sukleen sans recours aux appels d'offres. »

La Lebanese Transparency Association, affiliée à l'organisation internationale Transparency International, restera le garde-fou et la vigie contre les abus de pouvoir et de confiance, contre l'impunité, l'injustice, la violation des lois et des droits, la mauvaise gouvernance, qui se retrouvent réunis dans cette crise des déchets, laquelle provoquera, on l'espère, un choc national positif, susceptible d'opérer un changement fondamental – à commencer par celui des mentalités – afin de pouvoir se traduire dans les bonnes pratiques.

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