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Lifestyle - La bonne nouvelle du lundi

Un chercheur libanais de Cambridge primé par la Royal Historical Society

Coupures d'électricité, crise économique, malaise social, clivages politiques accrus, tensions communautaires... Face à l'ambiance générale quelque peu délétère, « L'Orient-Le Jour » se lance un défi : trouver une bonne nouvelle chaque lundi.

Andrew Arsan, jeune maître de conférences en histoire moderne du Moyen-Orient au St John’s College, au Royaume-Uni. Photo tirée de son compte Twitter

Le chercheur libanais Andrew Arsan, jeune maître de conférences en histoire moderne du Moyen-Orient au St John's College, rattaché à la prestigieuse université de Cambridge, au Royaume-Uni, a remporté le prix Gladstone 2015 décerné par la Royal Historical Society pour son ouvrage Interlopers of Empire : The Lebanese Diaspora in Colonial French West Africa (Les intrus de l'Empire : la diaspora libanaise dans les colonies françaises de l'Afrique de l'Ouest). Ce prix, qu'il partage avec Lucie Ryzova, récompense chaque année un premier ouvrage historique publié par un chercheur résidant en Grande-Bretagne.

Cet ouvrage de référence raconte la grande épopée de la communauté libanaise installée en Afrique de l'Ouest, une histoire qui commence à la fin du XIXe siècle, souligne Andrew Arsan, qui a également été chercheur pendant deux ans à l'université de Princeton, dans le New Jersey, aux États-Unis. « Les premiers Libanais arrivés en Afrique étaient en majorité des paysans maronites du Metn, qui venaient en grande partie de Beit Chabab et des villages avoisinants. Ils furent ensuite rejoints par des chiites venant des villes et villages du Jabal Amel», raconte Andrew Arsan à L'Orient Le-Jour.

Le professeur, né au Liban durant la guerre civile et qui a débuté sa scolarité au Collège Louise Wegmann avant de partir avec sa famille pour l'Europe en 1990, décrit des pionniers qui ont su saisir les opportunités économiques qui s'offraient à eux sur ces nouvelles terres. « Ces hommes et femmes n'étaient pas des plus démunis. Au contraire, ils possédaient les fonds nécessaires pour embarquer sur des cargos et émigrer, explique l'universitaire. Ils s'installèrent tout d'abord en Guinée française, où ils profitèrent d'un boom du prix du caoutchouc, avant de s'installer au Sénégal, au Mali et en Côte d'Ivoire, où ils s'implantèrent en survivant aux avaries de l'économie coloniale. »

Voilà sans doute l'un des intérêts de cet ouvrage. Comme son titre l'indique, l'auteur replace l'implantation des Libanais sur le continent africain dans le contexte chaotique de l'Empire colonial français. «Les historiens, tout comme les acteurs historiques eux-mêmes, ont tendance à considérer le fait colonial sous l'angle de la relation entre colonisateurs et colonisés, noirs et blancs. Les Libanais, comme les Indiens d'Afrique de l'Est, remettent en question cette vision assez simpliste de la société coloniale dans laquelle existaient de nombreuses communautés marginales, que les autorités coloniales ne savaient guère définir et administrer, sinon comme "intrus'' n'ayant aucune légitimité à vivre en Afrique », explique Andrew Arsan.

La diaspora libanaise installée en Afrique est-elle différente aujourd'hui ? « Elle conserve certaines similitudes », répond le professeur. « Ils étaient 50 000 environ à la fin de l'ère coloniale, ils sont aujourd'hui entre 150 000 et 300 000. Sa composition démographique n'a guère changé. Bien que certains soient devenus avocats, médecins ou universitaires, les Libanais d'Afrique évoluent toujours dans les secteurs du commerce, de l'industrie et des affaires. »

Quel lien maintiennent-ils avec leur pays d'origine ? «Ceux qui peuvent se le permettre scolarisent leurs enfants au Liban. Il est courant qu'ils reviennent dans leur pays d'origine pour prendre leur retraite. Pour d'autres, le Liban n'est qu'une destination de vacances, ou même ne présente plus aucun intérêt», indique M. Arsan.

Pour son ouvrage, le maître de conférences s'est surtout appuyé sur les archives de l'État colonial français, conservées à Paris, Dakar et Aix-en-Provence. Il a également consulté des journaux locaux de l'époque publiés à Dakar pour rendre compte des polémiques suscitées par la présence des Libanais en Afrique, ainsi que sur des récits de voyage publiés par des journalistes libanais durant l'entre-deux-guerres, qui donnent de nombreux détails de la vie quotidienne des émigrés.

La question des Libanais d'Afrique est un sujet qu'Andrew Arsan traite depuis plusieurs années puisque son sujet de thèse de doctorat concernait les Libanais d'Afrique de l'Ouest sous l'Empire colonial français.
Andrew Arsan rédige actuellement une étude sur le Liban contemporain et un ouvrage retraçant l'histoire du Liban, de la conquête ottomane en 1516 jusqu'en 2005.


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commentaires (2)

POUR PLUS DE DÉTAIL, IL FAUT CONSULTER LE GRAND EXPERT DANS LA MATIÈRE MONSIEUR ISSAM KHALIFÉ

Gebran Eid

14 h 53, le 27 juillet 2015

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Commentaires (2)

  • POUR PLUS DE DÉTAIL, IL FAUT CONSULTER LE GRAND EXPERT DANS LA MATIÈRE MONSIEUR ISSAM KHALIFÉ

    Gebran Eid

    14 h 53, le 27 juillet 2015

  • HORS DU LIBAN LES LIBANAIS À L'HONNEUR ! AU PAYS... L'ABRUTISSEMENT LES ATTEINT !

    PRET A SOUTENIR L,OLJ QUE JE CONNAISSAIS.

    09 h 14, le 27 juillet 2015

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