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Jad Melki, pilier de la formation aux médias à l’AUB, récompensé par l’Unesco

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13/07/2015

Jad Melki, véritable force motrice derrière le développement de la formation aux médias à l'AUB (American University of Beirut), a vu ses efforts et sa vision récompensés par un prestigieux prix international.
Le 26 juin dernier, ce Libanais, directeur du programme d'études médiatiques à l'université depuis 2009, a reçu à Philadelphie (Pennsylvanie) le 2015 Unesco Global Media and Information Literacy award (prix 2015 pour les médias globaux et la connaissance de l'information, parrainé par l'Unesco). Une distinction partagée avec Tessa Jolls, présidente et PDG du Media Literacy Center, basé aux États-Unis. « Ce prix récompense des enseignants qui ont un impact international positif sur la formation des étudiants », explique à L'Orient-Le Jour cet ancien journaliste spécialisé en télévision et numérique.

Jad Melki, chercheur affilié à l'Université du Maryland et professeur invité à l'Académie pour les médias et la mondialisation de Salzbourg, en Autriche, est également passé par la prestigieuse Johns Hopkins University aux États-Unis en tant que membre de sa faculté de communication. En 2014, il a été récompensé par le REP (Regional External Programs) Service Excellence Award, un prix décerné en reconnaissance aux personnalités qui contribuent à la mission de l'AUB.

Son parcours international ne l'a pourtant pas empêché, depuis 2009, de mettre son savoir et son expertise au service de l'AUB. «Durant les six dernières années, j'ai déployé une immense énergie en vue de développer notre programme médias qui en était à ses balbutiements», explique le fondateur et président du Media and Digital Literacy Academy of Beirut (MDLAB), une académie d'été qui «vise à promouvoir l'éducation à la maîtrise du numérique et des médias dans le monde arabe». Avec la MDLAB, fondée en 2013, c'est toute une «génération d'enseignants, de chercheurs et d'étudiants qui sera formée via des cursus enracinés localement ». Plus d'une vingtaine d'universités arabes, selon M. Melki, ont pu bénéficier de ce programme. C'est donc sous l'impulsion de Jad Melki que l'AUB bénéficie désormais d'un diplôme, d'une licence et d'un master de spécialisation en médias.

« Une agréable surprise »
Pour cet académicien, le prix a été «une agréable surprise. Je savais que nous faisions un important travail aux niveaux local et régional. Cette distinction récompense donc nos efforts au service d'un domaine qui n'existait pas auparavant», estime-t-il. Il souligne dans ce cadre l'importance du rôle qu'ont joué ses étudiants et ses collègues.
Jad Melki se félicite qu'aujourd'hui son travail ait été «reconnu internationalement » et espère qu'à travers cette récompense, ses projets seront plus largement reconnus et bénéficieront d'un plus grand financement.

Une reconnaissance qui ne lui était pas facilement acquise. Ce gourou des médias se rappelle que ses efforts étaient « considérés par certains à l'AUB comme insignifiants, manquant de rigueur et sans importance ». Le prix qui lui a été décerné est venu prouver le contraire.
Au-delà de l'appréciation des efforts, la distinction est perçue par l'enseignant comme une sorte de «fardeau » qu'il est prêt à porter. «Nous sommes à présent scrutés à la loupe par des organisations internationales, explique M. Melki. Cela implique que nous devons passer au niveau supérieur et renforcer les bases de l'éducation à la maîtrise de l'information et du numérique dans le monde arabe.»

« Contrer la culture de la haine »
Des projets, Jad Melki en a plusieurs: «Je voudrais d'abord réunir des enseignants et des chercheurs qui souhaiteraient développer une structure basée sur la recherche, mais aussi sur des programmes pratiques dans le domaine des médias arabes. Nous devons dépasser les modèles centrés sur l'Europe et les États-Unis pour aboutir à un modèle arabe.»
Jad Melki souhaite également «démocratiser l'enseignement» des médias à travers «des cours en ligne, une formation assurée dans les écoles et pas seulement les universités, et enfin le traitement de sujets souvent tabous tels que le terrorisme, le sectarisme, l'extrémisme et la guerre».
Son ultime objectif est «que tous les pays arabes aient, d'ici à la fin de cette décennie, au moins une école et une université qui dispensent l'enseignement à la maîtrise des médias en tant que cursus principal».
Il espère finalement que son parcours pourra contribuer à « contrer la culture de la haine, de l'ignorance et de la mort qui nous entoure ».

 

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